RCA

RCA: les Centrafricains entendent contrôler leur justice

De nombreux Centrafricains en quête de justice viennent régulièrement assister à la session criminelle de la Cour d'appel de Bangui, comme ce lundi 23 juillet 2018.
De nombreux Centrafricains en quête de justice viennent régulièrement assister à la session criminelle de la Cour d'appel de Bangui, comme ce lundi 23 juillet 2018. Gaël Grilhot/RFI

En République centrafricaine (RCA), l’audience du chef rebelle Abdoulaye Hissène, ce lundi 23 juillet, à Bangui, a été reportée à une date ultérieure, mais le processus judiciaire s’est poursuivi. Un cas de droit commun a été jugé et, comme tous les jours depuis une semaine, des citoyens sont venus assister à l’audience. Ils veulent ainsi vérifier que les criminels ne restent pas impunis et que la justice fait son travail.

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La salle est quasiment pleine. Assis sur les bancs en bois, habillés pour l’occasion, des citoyens sont venus assister à l’audience. Certains sont des victimes directes du conflit et souhaitent voir concrètement la justice faire son travail. C’est le cas de Enselme.

« On a brûlé ma maison. J’ai tout perdu. J’ai écouté à la radio que l’on allait juger un certain monsieur qui était passé brûler notre maison et c’est pourquoi j’ai quitté le quartier pour me rendre au tribunal pour écouter et voir, et comprendre comment la justice de notre pays fonctionne. C’est très important puisque cela fait très longtemps que les gens pensent qu’il n’y a pas de justice en Centrafrique. Maintenant, je sais que les choses se normalisent. C’est cela que je suis venu voir », explique-t-il.

La fin de l’impunité. Un mot qui est dans toutes les bouches mais aussi l’attente que la reprise de la justice participe à la fin du conflit dans le pays. C’est ce qu’espère Jean-Sylvain.

« Je crois que cela peut régler une partie du problème dans la mesure où cela peut faire peur à certains qui continuent de semer la désolation au sein de la population. Effectivement, c’est très important dans la mesure où, si nous réclamons l’impunité, c’est que les gens doivent être traduits en justice et sanctionnés comme tel », estime-t-il.

Ce lundi, c’est une peine de 10 ans de travaux forcés qui a été prononcée. L’accusé était poursuivi pour vol aggravé et consommation de chanvre indien.

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