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Djibouti

Djibouti perd une manche dans son bras de fer avec DP World

Vue du port de Doraleh, à Djibouti, le 4 juillet 2018.
Vue du port de Doraleh, à Djibouti, le 4 juillet 2018. Yasuyoshi CHIBA / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Djibouti refuse la décision de justice dans son conflit portuaire avec Dubaï. Le 22 février, Djibouti avait cassé son contrat avec DP World qui gérait une partie du port de Doraleh, une infrastructure cruciale dans la région. L'affaire était allée en justice. Or mardi 31 juillet, la Cour internationale d'arbitrage de Londres a donné raison au géant émirati. La LCIA a déclaré que le contrat restait valide et contraignant. Un coup dur pour Djibouti qui n'a pas l'intention de se laisser faire.

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La présidence djiboutienne campe sur ses positions. Elle déclare « ne pas accepter » ce verdict. Selon le pouvoir, le pays « n'a pas participé à la procédure » et la Cour a estimé que « le contrat était supérieur aux lois djiboutiennes ». Pour la présidence, ni sa souveraineté ni les règles de droit international ne sont prises en compte. Pas question donc de laisser DP World revenir à Doraleh.

L'entreprise émiratie déclare de son côté que ce verdict n'est pas une surprise, puisque la décision djiboutienne de casser le contrat était illégale. La multinationale, qui détient toujours 33% des parts du port de Doraleh, dit qu'elle considère maintenant toutes les options.

Compromis financier

« Tenter de s'opposer à la volonté d'un Etat souverain est irréaliste et voué à l'échec », rétorque Djibouti, pour qui la seule solution est un compromis financier équitable. En effet, l'Etat serait prêt à verser environ 500 millions de dollars, équivalent selon lui aux dividendes que DP World aurait touchés durant les 20 ans de sa concession.

Le port de Doraleh, premier employeur de Djibouti, a une capacité de 1,5 million de containers par an. Or le pays reprochait à DP World de ne pas l'exploiter à pleine capacité, au profit du port voisin de Berbera, au Somaliland. Une infrastructure dans laquelle l'entreprise émiratie détient 51% des parts.


Un feuilleton qui empoisonne les relations entre Dubaï et Djibouti depuis 2015

Depuis 2015 le gouvernement djiboutien veut reprendre à son partenaire la concession du terminal de Doraleh, l'un des plus importants de la Corne, accusant la société d'avoir versé des pots-de-vin à un responsable de l'autorité portuaire djiboutienne et surtout d'avoir inclus des clauses dans le contrat empêchant Djibouti de construire d'autres terminaux sans l'accord de Dubaï.

Mais en 2017, la Cour d'arbitrage de Londres a débouté une première fois Djibouti, lavant Dubaï de toutes ces accusations. Les autorités ont donc fait voter une loi autorisant le gouvernement à renégocier unilatéralement les contrats publics. C'est ce qui a permis à Djibouti de chasser DP World en février dernier. Cela n'a pourtant pas suffi, la Cour d'arbitrage refuse une nouvelle fois une action qu'elle juge illégale et confirme la validité du contrat de DP World qui exploite le terminal depuis 2006.

Au-delà du seul terminal de Doraleh, c'est la stratégie régionale qui oppose Djibouti à DP World. L'opérateur dubaïote accroit sa présence dans toute la Corne de l'Afrique, et notamment au Somaliland, alors que Djibouti qui a inauguré trois nouveaux ports l'an dernier, ambitionne de devenir la principale plateforme portuaire régionale.

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