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Madagascar

Madagascar: le coût de la campagne présidentielle 2013, le plus élevé au monde

La campagne présidentielle d'Hery Rajaonarimampianina, en 2013, aurait coûté 43 millions de dollars.
La campagne présidentielle d'Hery Rajaonarimampianina, en 2013, aurait coûté 43 millions de dollars. AFP/Simon Maina
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En 2016, une étude commandée par l’Union européenne sur le financement des partis politiques à Madagascar a été publiée mais est passée quasiment inaperçue. Il y a deux semaines, la Fondation politique allemande Friedrich Ebert publie, sur sa page Facebook, une capture d’écran d’un tableau de l’étude. Ce tableau compare les dépenses de campagne présidentielle du président actuel et celles des autres grands dirigeants du monde. En quelques jours à peine, le post est partagé près de 1 300 fois ! La raison de ce bruit ? On y apprend que Madagascar, l’un des pays les plus pauvres de la planète, est aussi l’un de ceux où les dépenses, par voix obtenue, sont les plus élevées au monde.

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A en croire l’étude financée par l’Union Européenne, Hery Rajaonarimampianina aurait dépensé 43 millions de dollars pour sa campagne, en 2013, soit 21,5 $ par voix obtenue, quasiment le double du montant par électeur de Donald Trump, en 2016.

Capture d'écran du post facebook de la fondation Friedrich-Ebert, à l'origine de la polémique.
Capture d'écran du post facebook de la fondation Friedrich-Ebert, à l'origine de la polémique. RFI/ fondation Friedrich-Ebert

Marcus Schneider, représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert à Madagascar est à l’origine de la publication de l’extrait de l’étude. « Ce que ce tableau a montré, c’est que le candidat victorieux en 2013, à Madagascar, a dépensé plus d’argent par électeur que les grands candidats en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Le grand problème de ce chiffre, c’est qu’il n’y a aucune transparence là-dessus. On ne sait pas d’où vient cet argent. En politique, c’est toujours la grande question car celui qui paie, c’est aussi celui qui commande », explique-t-il.

C’est aussi une question plus que jamais d’actualité, à la veille d’une nouvelle élection présidentielle.

« Le problème qu’on a actuellement, c’est qu’on peut supposer qu’une partie de ces dépenses-là [NDLA: dépenses de campagne] sont financées par de l’argent qui n’est pas légal, par de l’argent sale et bien-sûr, on ne peut pas s’attendre à une politique propre qui est financée par de l’argent pourri », a ajouté le représentant de la Fondation Friedrich Ebert à Madagascar.

Questionné sur l’étude, Freddie Mahazoasy, vice-président de l'Assemblée nationale - pro-pouvoir - s’interroge sur la fiabilité des chiffres présentés, tout en affirmant que « le financement des campagnes est un sujet cher au HVM » avant d’expliquer d’ailleurs que « les lois électorales, votées en avril dernier, ne vont pas assez loin » et de conclure qu’elles « autorisent encore les candidats à avoir recours aux financements étrangers. Des financements qui ne sont évidemment pas sans contrepartie et qui pourraient être contraires aux intérêts des Malgaches », adressant ainsi une pique directement à l’adversaire Andry Rajoelina.

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