Afrique du Sud

Afrique du Sud: pour la justice, «Kill the boer» n'est pas un chant raciste

La Cour constitutionnelle a considéré que la chanson «Hit the boer» n'avait pas de connotation raciste.
La Cour constitutionnelle a considéré que la chanson «Hit the boer» n'avait pas de connotation raciste. CC-BY-SA-2.0.

Le licenciement de huit employés noirs a été annulé par un jugement de la Cour constitutionnelle sud-africaine, le 13 septembre. Leur entreprise les avait remerciés en 2013 sous prétexte qu'ils avaient entonné un chant de lutte contre l'apartheid à connotation raciste. Selon la plus haute juridiction du pays, le chant, nommé « Kill the Boer » (« Tuer les fermiers blancs »), n'a donc pas de connotation raciste. Une décision qui vient s'ajouter aux tensions raciales déjà très fortes dans le pays.

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Lors d'une grève en 2013, huit employés d'une entreprise de collecte de déchets de Johannesburg chantaient « Hit the boer », un chant de libération dont les paroles se traduisent par « Monte sur le toit et crie que ma mère se réjouit qu'on frappe les Boers ».

Le terme « boer » est controversé en Afrique du Sud : il désigne une partie de la minorité blanche, plus précisément les fermiers descendant des colons hollandais. Un terme utilisé du temps de l'apartheid et qui, pour le président du parti FF+ Pieter Groenewald, appelle à la haine raciale. Fréquemment monté au créneau contre les différents chants de libération de la majorité noire, Groenewald regrette que la justice permette de « victimiser » légalement les Blancs sud-africains.

La majorité noire du pays, elle, chante encore souvent ces refrains de lutte contre l'apartheid, notamment dans les meetings politiques ou les manifestations. Pour le syndicat minier NUMSA, aucune connotation raciste dans le chant « Hit the boer », mais plutôt un hommage au combat de libération et un devoir de mémoire.

Cette décision intervient au moment où les députés débattent de la réforme de la terre, et où le président Cyril Ramaphosa tente de concilier les peurs des fermiers blancs tout en redistribuant un maximum de terres aux noirs sud-africains.

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