Comores

Comores: rupture du dialogue entre gouvernement et union de l’opposition

Le président des Comores, Azali Assoumani, lors de la journée de vote pour le référendum constitutionnel à Moroni, le 30 juillet 2018 (photo d'illustration) .
Le président des Comores, Azali Assoumani, lors de la journée de vote pour le référendum constitutionnel à Moroni, le 30 juillet 2018 (photo d'illustration) . TONY KARUMBA / AFP

Initiée par l’Union africaine à la demande des deux parties pour tenter de mettre fin à la crise politique que connaît le pays depuis des mois, la démarche n’a pu aboutir en raison de désaccords trop nombreux. L’union de l’opposition s’est retirée des débats mardi 2 octobre. Elle affirme ne pas être entendue, tandis que la mouvance présidentielle clame sa bonne volonté.

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Pour la mouvance présidentielle, pas question que la nécessité de la présence de l’union africaine tout au long du processus soit mentionnée dans le décret présidentiel encadrant le dialogue. « Un décret du président qui institue une commission dans laquelle on met l’Union africaine, c’est renoncer à la souveraineté du pays donc c’est du jamais vu », explique Houmed M’Saïdié, porte-parole de la mouvance présidentielle.

« Ce sur quoi on s’est entendus, c’est de discuter de points précis. Mais chaque jour naissant, nos amis viennent avec des revendications qui n’ont rien à voir avec ce qui a été décidé alors que les mesures d’apaisement connaissent un début d’exécution », déclare-t-il.

Des mesures d’apaisement qui ne sont que des postures pour habiller la mascarade du président Azali Assoumani, selon Moustoifa Saïd Cheikh, pour qui il n’y avait d’autre possibilité que de quitter la table des discussions. « Aujourd’hui Azali vient faire un coup d’Etat. Il fait semblant de vouloir un dialogue », assène-t-il.

Pour ce membre de l’opposition, « Azali ne veut pas de la présence de l’Union africaine. C’est ça la question clé. Il était bien acquis que les mesures d’apaisement entreraient en application pour qu’on puisse voir une réelle bonne volonté ». Or, il considère que les mesures prises sont « des mesures de bas étage », qui n’ont « rien à voir la gravité de la situation ».

Les conditions de détention, l’autonomie des îles ainsi que la volonté gouvernementale d’écarter la société civile de ce dialogue inquiètent également l’opposition.

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