Nigeria

Nigeria: l'armée demande le départ d'Amnesty International après un rapport

Le rapport de l'ONG dénonce l'incapacité du gouvernement et de l'armée à protéger la population.
Le rapport de l'ONG dénonce l'incapacité du gouvernement et de l'armée à protéger la population. STEFAN HEUNIS / AFP

D’après le dernier rapport d’Amnesty International intitulé « Récolter les morts », près de 4 000 personnes sont mortes en trois ans dans des affrontements entre agriculteurs et éleveurs au Nigeria. Un rapport qui fâche car l’ONG pointe l’incapacité du gouvernement et de l’armée à protéger sa population.

Publicité

Amnesty International restera-t-elle au Nigeria ? L’ONG publie régulièrement des rapports sur les violences dont est victime la population et à de nombreuses reprises, l’armée nigériane est pointée du doigt, accusée d'exactions. Cette fois, c’est un rapport rendu public lundi qui dénonce l’incapacité du gouvernement et de l’armée à protéger la population.

Le rapport de trop pour le brigadier général John Agim, directeur de l’information militaire. « Cette année, nous avons eu droit à presque un rapport par mois ! Suivant le principe que plus vous répéter un mensonge, plus il devient une vérité, accuse-t-il. Nous avons là une ONG internationale qui nous décrit comme des gens non civilisés qui ne savent pas prendre soin de leur propre population. Amnesty International n’apporte rien à notre pays, ils n’ont rien à faire ici. »

Osai Ojigho, présidente d’Amnesty International au Nigeria dément vouloir stigmatiser les militaires. « Ces attaques sont utilisées comme une tactique pour inciter les gens à détourner le regard des vrais problèmes que nous exposons, réagit-elle. Je ne pense pas que l’armée ait le pouvoir de fermer les bureaux d’une organisation. Si Amnesty International devait fermer ses portes, cela enverrait un message très négatif à la communauté internationale. »

Le bureau du président Muhammadu Buhari, en lice pour sa réélection, a mis en garde l’ONG, qu’il accuse aussi de saper le moral des troupes, sans pour autant donner d'indications sur une éventuelle fermeture.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail