Niger

Niger: les populations d’Agadez privées de leur groupe électrogène

Vue aérienne de la ville d'Agadez
Vue aérienne de la ville d'Agadez AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Niger, le groupe électrogène d'Agadez est en route vers Niamey. Malgré les protestations des habitants dimanche, le groupe a quitté lundi matin, à l'aube, la plus importante ville du nord du pays, escorté par les forces de sécurité. Il a été réquisitionné afin d'augmenter les capacités électriques de la capitale durant l'organisation de la CAN junior. Une décision difficile à digérer pour la population d'Agadez.

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C'est sans le moindre avertissement qu'une équipe de la société nationale d'électricité (Nigelec) est venue dimanche réquisitionner le groupe électrogène d'Agadez.

Spontanément, plusieurs jeunes ont alors organisé un sit-in pour empêcher le déplacement de ce générateur essentiel à la ville, comme l’explique Nana Hekoye, coordinatrice régionale d'Alternative espace citoyen à Agadez : « Ce groupe est utilisé pour les hôpitaux, est utilisé pour les maternités. Il y a des maternités à Agadez ville où vraiment les femmes accouchent avec des lumières, des cellulaires. Ce n’est pas normal. S’il y a une panne, ils doivent avoir une ligne budgétaire pour cela. Pour nous, c’est qu’il n’y a pas de justice sociale. Au niveau d’Agadez bien qu’il y a toutes les compagnies minières comme la Cominak [Compagnie minière d'Akouta], la Somaïr [la Société des mines de l'Aïr], la Sonichar [Société nigérienne du charbon], il y a toujours des coupures d’électricité. Ce n’est pas normal. »

Les autorités se sont engagées à rendre le générateur le 25 février au plus tard. Un délai raisonnable, selon Mohamed Anako, président du Conseil régional d'Agadez : « On n’a pas dépouillé l’hôpital. Quand il y a des coupures, il y a un groupe qui doit alimenter tout l’hôpital. La population a été choquée, car elle a appris qu’il y a un groupe électrogène qui doit quitter sans qu’elle soit informée, bien entendu. Mais après, on a parlé avec les autorités centrales et nous avons compris qu’il s’agissait tout simplement d’un prêt, et qu’il va revenir. »

Dix-huit manifestants ont été arrêtés dans la nuit de dimanche à lundi. Tous libérés depuis par le procureur d'Agadez.

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