Comores

Comores: l'ancien vice-président toujours aux prises avec la justice

Mohamed Ali Soilihi, l'ancien vice-président des Commores et ex-candidat à la présidentielle, à Moroni, le 7 avril 2016.
Mohamed Ali Soilihi, l'ancien vice-président des Commores et ex-candidat à la présidentielle, à Moroni, le 7 avril 2016. Youssouf IBRAHIM / AFP

L’un des plus sérieux concurrents du président Azali Assoumani à l’élection présidentielle anticipée du mois prochain, Mohamed Ali Soilihi, ancien vice-président, vient d'être entendu par un juge d'instruction dans le cadre de l'affaire dite de la « citoyenneté économique » : plus de 900 millions de dollars jamais arrivés dans les caisses de l'État comorien alors que 48 000 passeports ont bien été vendus à des pays du Golfe entre autres. L'ancien vice-président et ministre des Finances est déjà assigné à résidence dans le cadre de cette enquête.

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L'audition a duré 2h, la première sur le fond, selon son avocat, pour qui l'heure n'est pas à l'inquiétude même si cette convocation intervient quelques jours après que la Cour suprême a validé sa candidature malgré son statut.

Mohamed  Ali Soilihi, enlisé dans cette affaire, était ministre des Finances tout au long de la vente de passeports. Il a produit les preuves de comptes de l’Etat crédités des recettes de cette vente, mais reste sous contrôle judiciaire.

L'ancien vice-président n’entend pas se priver d’une campagne électorale, a confirmé son conseil Me Abdillah M’madi Saïd : « Comme d’habitude il vient pointer devant le juge trois fois par semaine. Et il n’est pas étrange aujourd’hui qu’il soit auditionné sur le fond. Après notre audition d’aujourd’hui, on a transmis un courrier au juge d’instruction pour demander qu’il puisse passer ces campagnes librement. Nous avons cinq jours pour obtenir une réponse ».

Une foule importante était venue témoigner son soutien à l'ancien vice-président, qui est sorti de l'enceinte du tribunal sous les acclamations du public.

« La population qui vient ici soutenir Mohamed Ali Soilihi, c’est son droit. Mais venir au tribunal ne donne aucun impact sur le dossier de la citoyenneté économique. Le juge d’instruction, s’il a été suffisamment éclairé, n’a plus qu’à lui donner l’autorisation de partir », estime Me Abdillah M’madi Saïd.

Lors de l’élection présidentielle de 2016, le président Azali l’avait emporté de seulement 4 000 voix sur Mohamed Soilihi ce qui en fait un sérieux concurrent pour l’élection anticipée du 24 mars prochain.

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