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RCA

RCA: l’hôpital de Batangafo encore marqué par l’attaque du 31 octobre 2018

Lors des évènements du 31 octobre 2018, environ 90% des huttes des sites de déplacés ont été brûlées ainsi que le presbytère de Batangafo, RCA. 14 février 2019.
Lors des évènements du 31 octobre 2018, environ 90% des huttes des sites de déplacés ont été brûlées ainsi que le presbytère de Batangafo, RCA. 14 février 2019. RFI/Charlotte Cosset
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Centrafrique, un rapport de Médecins sans frontières revient sur les derniers évènements graves qui ont eu lieu à Batangafo. Des affrontements qui ont débuté le 31 octobre 2018 ont duré près d’une semaine. Ce jour-là, une escalade des violences amène les ex-Seleka à s’attaquer aux camps de déplacés : brûlant, pillant, blessant les populations civiles.  Bilan : 15 morts, une trentaine de blessés, et 90% des sites de déplacés brûlés. Dans son rapport d'une trentaine de pages, l’organisation dénonce ces attaques ciblées contre les civils et souligne l’incapacité de la mission de l’ONU en RCA (Minusca), présente sur place, à exécuter son mandat, c’est-à-dire protéger les populations civiles.

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A Batangafo, c’est sur le site de l'hôpital qu’ont été accueillies les victimes, et les populations fuyant les tirs. En ce mois de février, l’hôpital a désormais retrouvé le calme. Une opération chirurgicale est en cours. Des femmes attendent que leurs enfants soient auscultés.

Mais le 31 octobre 2018, l’ambiance était tout autre, raconte Isidore, un personnel de MSF : « Ce jour-là, on était débordés parce que certains entraient par la porte, d’autres sautaient sur la clôture pour se réfugier dans l’hôpital. C’était le chaos, car certaines mamans avaient perdu leurs enfants. Il fallait les retrouver. Il y a certains vieux qui sont restés chez eux à la maison, donc les parents devaient retourner les chercher. Donc ce n’était pas facile pour nous de gérer cette situation. »

Impossible de contenir l’ensemble des personnes à l’extérieur du bâtiment. Les déplacés s’entassent alors partout, même dans la salle d’accouchement, raconte Alphonsine, assistante sage-femme : « Il y avait beaucoup de personnes. On a commencé à entendre les tirs. Les gens étaient assis dans la cour et on ne pouvait pas marcher entre eux tellement ils étaient serrés. Des femmes ont même commencé à accoucher devant les enfants et des personnes qui étaient autour de la table d’accouchement. C’était vraiment difficile de contenir tous ces gens. »

Une situation d’urgence difficile à gérer, d’autant que le personnel de santé locale était pour la plupart sans nouvelle de leur famille. Ils restent tous très marqués par ces évènements.

Les manquements de la Minusca pointés du doigt

« Quand cela a commencé à tirer nous avons voulu nous réfugier dans la base de la Minusca mais ils nous ont refoulé. Donc on est resté juste à côté dehors. Ce que j’ai vu ce n’est pas bien. Il y a eu des blessés et des morts parce qu’on n’a pas pu rentrer dans la base de la Minusca », racontent un jeune homme.

Les populations dénoncent le temps de réaction trop long de la Minusca, mais aussi sa passivité voire ses connivences avec l’ex-seleka. Des connivences qui ne sont pas prouvées. Sur place, le maire Jean-Michel Gonda regrette vivement le manque d’efficacité de la force onusienne.

« Ce n’est pas la Minusca de manière générale mais le contingent pakistanais qui n’a pas rendu service. Ce jour-là il n’y avait aucun tir je vous assure aucun tir de dissuasion. C’est comme si le calme était complice, se désole-t-il. Ce n’est pas la première fois que le site est incendié. Mais par le passé quand il y avait incendie on voyait la Minusca avec le contingent camerounais qui était aller même éteindre le feu voyez. »

Il aura aussi fallu plusieurs heures à la Minusca pour venir sécuriser les alentours de l’hôpital où plus de 10 000 personnes avaient trouvé refuge.

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