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RCA

RCA: trois importants chefs rebelles nommés «conseillers spéciaux militaires»

Ali Darassa, ici au milieu de ses hommes le 16 mars 2019, est l'un des trois chefs rebelles à s'être vu nommer chef militaire spécial ce mardi 26 mars 2019.
Ali Darassa, ici au milieu de ses hommes le 16 mars 2019, est l'un des trois chefs rebelles à s'être vu nommer chef militaire spécial ce mardi 26 mars 2019. FLORENT VERGNES / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Trois importants chefs rebelles de Centrafrique ont été nommés « conseillers spéciaux militaires » à la primature, selon un décret présidentiel en date du 24 mars rendu public lundi. Ces nouveaux conseillers sont Ali Darassa, chef de l'UPC, Mahamat Alkatim, chef du MPC et Bi Sidi Souleymane alias Sidiki, chef du groupe armé 3R. Ces nominations sont la suite logique de l'accord intervenu à Addis Abeba entre les autorités et les 14 groupes armés, sous l'égide de l'Union africaine pour tenter de sauver l'accord de Khartoum.

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Les signataires de l'accord de paix se sont entendus sur un nouveau gouvernement inclusif. Les trois chefs rebelles seront chargés de la mise en place des unités spéciales mixtes prévues par l'accord de paix de Khartoum. Ali Darass sera chargé des unités spéciales mixtes du Nord-Est, Sidiki de celles du Nord-Ouest  et Mahamat Alkatim de celles du Centre-Nord.

Ces unités seront composées selon l'accord de Khartoum de militaires des Faca et d'ex-combattants des groupes armés afin d'assurer la sécurité des couloirs de transhumance et des zones minières.  « Les trois chefs rebelles n'ont pas obtenu de postes régaliens », fait simplement remarquer un proche du chef de l'Etat.

Des conseillers au rang de ministres délégués

Le décret précise que « les conseillers spéciaux ont rang de ministres délégués » mais ces nouvelles fonctions ne leur confèrent aucune immunité car il n'y a pas d'immunité pour les crimes de masse et les graves violations dont ils sont soupçonnés et l'accord de Khartoum ne prévoit aucune amnistie.

« Nous sommes dans le cadre d'un accord politique. On fait une sorte de pari sur l'avenir », analyse Florent Geel, directeur Afrique de la FIDH. « Si les exactions cessent, s'ils désarment, bref s'ils jouent le jeu de la paix, cela éloignera, c'est sûr, la perspective de jugement sur les crimes passés », reconnaît le défenseur des droits de l'homme. Pour lui, « l'urgence aujourd'hui c'est avant tout de faire baisser le niveau de violences contre les civils, ce qui ne nous empêche pas, précise Florent Geel, de poursuivre de nos enquêtes ».

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