RWANDA

Rwanda: le génocide dans les archives sonores de RFI

Des réfugiés rwandais, sur la route de Byumba, fuient Kigali, le 11 mai 1994.
Des réfugiés rwandais, sur la route de Byumba, fuient Kigali, le 11 mai 1994. AFP / Gérard Julien

Il y a 25 ans, un génocide débutait au Rwanda. Voici quelques extraits sonores issus des archives de Radio France internationale. Ils ont été diffusés en avril 1994, au début des massacres, et témoignaient déjà de la tragédie en cours.

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Le 7 avril 1994, au lendemain de l'assassinat du chef de l'État Juvénal Habyarimana, la Première ministre du Rwanda Agathe Uwilingiyimana témoigne par téléphone depuis son domicile, où elle est assiégée. Quelques heures plus tard, elle était assassinée.

On est terrorisés. On est à l’intérieur des maisons, on est couchés par terre. On ne peut pas sortir. (...) À mon avis, nous sommes en train de subir les conséquences de la mort du chef de l'État.

Agathe Uwilingiyimana

Dans les jours qui suivent, les massacres s'amplifient. Tous les témoins, sous le choc, tentent d'en raconter l'ampleur. Le 8 avril 1994, un médecin français joint par téléphone décrit une « situation catastrophique », l'« enfer » qui règne sur place.

Ici quand on massacre, il y a très peu de rescapés.

Un médecin français

À ce moment-là, difficile encore d'identifier les auteurs des massacres, mais la dimension ethnique est déjà évoquée.

Jean Hélène, correspondant de RFI dans la région, est alors à Kigali où il travaille aussi pour le journal français Le Monde. Écoutez ce qu'il rapporte le 10 avril 1994, depuis l'hôtel des Mille Collines.

La morgue déborde de cadavres.

Jean Hélène

Le 23 avril 1994, Roland Sidler, délégué du CICR, présent sur place depuis une dizaine de jours, évoque sur RFI « une boucherie », « un abattoir » : « On coupe, on découpe, on mutile les gens. Les cadavres jonchent les sols. Vous pouvez en voir qui ont encore des soubresauts de vie dans la rue parce qu'ils ne sont pas complètement achevés. »

En Europe, on s'imagine des combats au canon, au fusil. Ici il faut oublier ça. C'est un combat en silence, c'est un combat à la machette.

Roland Sidler

Selon l'ONU, en quelque 100 jours ont été tués au moins 800 000 hommes, femmes et enfants, ce qui fait de ce crime de masse le génocide le plus rapide de l'histoire.

► À lire aussi : Rwanda: les mécanismes qui ont conduit au génocide

* La date du 7 avril 2014, dans les fenêtres de lecture du son, correspond à la date de première publication de ces archives sur notre site internet.

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