Algérie

Algérie: le chef d'état-major pointe les manipulations de «parties étrangères»

Le chef d'état-major de l'armée algérienne Ahmed Gaid Salah (ici en février 2019), s'est exprimé ce mercredi 10 avril.
Le chef d'état-major de l'armée algérienne Ahmed Gaid Salah (ici en février 2019), s'est exprimé ce mercredi 10 avril. RYAD KRAMDI / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah s’est exprimé ce mercredi 10 avril. Lui qui promettait de répondre favorablement aux revendications du peuple semble nuancer ses propos. Gaïd Salah demande notamment aux Algériens de faire preuve de patience et surtout de faire attention aux manipulations étrangères. Le président algérien par intérim Abdelkader Bensalah a signé un décret fixant au 4 juillet l'élection présidentielle, a indiqué la présidence dans un communiqué.

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En Algérie, ce mercredi soir, certains regards se tournent vers Paris. Pourtant, à aucun moment durant son discours Gaïd Salah ne cite la France, mais son message était plein de sous-entendus. Il accuse des parties étrangères avec lesquelles l’Algérie a une histoire commune d’essayer de tirer profit de la situation actuelle.

« Durant cette nouvelle phase que traverse le pays, certaines parties étrangères avec lesquelles l’Algérie a un passif ont essayé de placer leurs propres hommes et d’en faire les représentants du peuple dans l’espoir de devenir les leaders de cette période de transition, a avancé Ahmed Gaïd Salah. Leur plan vise à déstabiliser le pays et diviser la population », a déclaré le chef d'état-major.

Mais selon un politologue interrogé à Alger : cet avertissement est vide de sens, ce n’est ni plus ni moins qu’une vaine tentative d’effrayer la rue dans l’espoir d’un retour au calme.

Il y a également deux autres points essentiels à retenir du discours du chef d’état-major de l’armée. Les Algériens souhaitent chasser toutes les figures du « système ». Ils devront prendre leur mal en patience.

La volonté de la rue se heurte à la Constitution algérienne et le militaire de 79 ans ne souhaite pas sortir du cadre légal. Ce sont les fidèles d’Abdelaziz Bouteflika qui géreront la transition. Mais l’armée se porte garante. Il y a aura bel et bien un renouvellement des dirigeants, mais cela se fera par les urnes.

On ne voit pas encore le bout du tunnel. Après sept semaines, on pensait avoir vu un peu une lueur, le bout du tunnel, et finalement il est encore loin.

Les annonces de Ahmed Gaïd Salah attisent la volonté de la rue

Ahmed Gaïd Salah promet également de rouvrir des enquêtes concernant les grosses affaires de malversations qui ont secoué le pays ces dernières années.

« La justice a retrouvé ses pleins pouvoirs et elle va désormais travailler sans entraves, sans aucune pression et sans directives. Le gang qui est incriminé dans des affaires de détournements de biens publics va être poursuivi en justice, a-t-il assuré. Et afin que l’opinion publique soit rassurée, sachez que même les anciennes affaires criminelles et de malversations sont concernées. L’affaire Khalifa, la Sonatrach, la fameuse affaire d’importation de cocaïne, et bien d’autres affaires criminelles. Et j’aimerais rappeler que je m’engage personnellement à appuyer les revendications populaires durant cette période importante. L’histoire me jugera et vous verrez que je n’ai aucune ambition personnelle. Ma seule volonté c’est d’être au service de mon pays afin de garantir sa sécurité et sa stabilité. »

 

 

 

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