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Afrique du Sud

Afrique du Sud: l'Alliance démocratique chasse sur les terres de l’ANC

Mmusi Maimane, acclamé par ses partisans, lors du meeting de l'Alliance démocratique à Dobsonville, un quartier reculé du township de Soweto.
Mmusi Maimane, acclamé par ses partisans, lors du meeting de l'Alliance démocratique à Dobsonville, un quartier reculé du township de Soweto. REUTERS/Philimon Bulawayo
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Dernier week-end de campagne avant l’élection générale de mercredi. L’Alliance démocratique, principal parti d’opposition, crédité de 15 à 25% des intentions de vote, a tenu son rassemblement à Dobsonville, un quartier reculé du township de Soweto. Mais de nombreux jeunes sud-africains se désintéressent du scrutin.

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[REPORTAGE]

L’Alliance démocratique a tenu son dernier grand meeting à Soweto, berceau de la lutte anti-apartheid et fief de l’ANC. Ils étaient plus de 10 000 - sous une chaleur écrasante - à être venu écouter le leader de l’Alliance démocratique. « Soyez courageux et donnez une chance au changement » a appelé Mmusi Maimane.

Le trentenaire, originaire de Soweto, a pendant près de deux heures dénoncé - comme tout au long de sa campagne - la corruption, le chômage et la pauvreté qui gangrènent le pays. « Ils veulent encore 5 ans ? Pourquoi ? Pour voler les plus pauvres. » Et d’ajouter à l'adresse d'une marée bleue et blanche, les couleurs de son parti : « Nous ne sommes pas parfaits, mais nous sommes honnêtes. »

« L’ANC nous a menés dans notre lutte pour la liberté, mais aujourd’hui ce sont eux qui empêchent des millions de Sud-Africains d’être libres. Ils furent nos libérateurs, mais aujourd'hui nous devons nous libérer d'eux. »

« Donner une chance » à l'AD

Un discours qui fait mouche dans ces quartiers pauvres. « Cela fait des années que nous votons pour l’ANC et rien ne change, déplore cette mère de famille. Ils ne font que des promesses. Maintenant nous voulons donner une chance à l’Alliance démocratique, voir s’ils peuvent faire mieux. »

Même déception pour ce commerçant de la banlieue de Johannesburg - qui après avoir été fidèle à l’ANC pendant des années, va voter pour l’opposition. « C’était LE parti de référence, encore maintenant, dans toute les familles ça reste un grand parti. Mais cela fait 25 ans qu’ils parlent, qu’ils disent toujours la même chose, tout le temps. Je ne veux même plus en entendre parler. »

Pour ses critiques, l’Alliance démocratique est un parti de blancs. Pourtant dans la foule, l’écrasante majorité est noire. Il faut casser les clichés, s’insurge cet étudiant qui vote pour la première fois. « Nous avons besoin de changement mais les gens sont coincés dans une mentalité d’apartheid, il faut changer cette mentalité. C’est une nouvelle Afrique du Sud. Il faut voter pour le parti qui va faire profiter les gens et non pas les voler. »

Aux dernières élections, l’Alliance démocratique avait obtenu plus de 22% des voix, grâce notamment à la classe moyenne noire déçu par l’ANC. Reste à voir si la tendance se confirme.


► Les jeunes, blasés de la politique

Les meetings s’enchaînent lors de ces derniers jours de campagne, mais une partie de la population reste indifférente. Les jeunes sont 6 millions à avoir entre 18 et 30 ans et ne pas s’être inscrits sur les listes électorales. Découragés par le chômage ou la corruption généralisée, ils sont nombreux à rester dubitatifs face au choix proposé. Reportage sur le campus de l’université de Johannesburg.

Bleu vif, rouge, ou vert et or. Les affichettes des différents partis accrochent le regard à la sortie du campus. Mais Nongi, 21 ans, marche sans lever les yeux. Elle a préféré passer son tour plutôt que de voter pour la première fois : « J’ai l’impression que nous, les jeunes, nous ne sommes pas entendus. Ils nous parlent d’un avenir meilleur, mais moi je ne vois rien venir. Je ne vois aucune opportunité pour les jeunes. Les gens continuent à voter, mais on ne voit rien changer. »

Luzuko, 24 ans, est lui-même perplexe face aux principaux partis, alors qu’il étudie les sciences politiques : « Les partis sont plutôt confus. Il y a l’ANC, qui a un bon leader, mais le parti est corrompu, ce sont de nouveaux scandales chaque semaine. L'Alliance démocratique, il y a beaucoup de luttes internes là-dedans. Le parti EFF, ils sont un peu trop radicaux. Donc tout ça ce n'est pas évident. »

Et pour Fanie, étudiant de 27 ans, la jeune génération ne peut plus se contenter de promesses sans lendemain des partis traditionnels : « Ils ne sont pas très innovateurs. Ils continuent à nous promettre les mêmes choses qu’il y a des années. Les personnes plus âgées, elles ont connu l’apartheid, alors elles sont toujours très attachées à l’ANC. Mais nous on voit les choses différemment, on a d’autres attentes. Il y a une différence entre les plus vieux et nous. »

Des jeunes aussi découragés par les perspectives d’avenir puisqu’ils sont davantage touchés par le chômage, qui concerne 27% de la population. 

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