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Soudan

Soudan: la milice de Hemeti n'encadrera plus les rassemblements d'opposants

Mohamed Hamdan Dagalo dit Hemeti, chef des janjawid, la force d'action rapide soudanaise, Karthoum, le 18 mai 2019.
Mohamed Hamdan Dagalo dit Hemeti, chef des janjawid, la force d'action rapide soudanaise, Karthoum, le 18 mai 2019. REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après plus de 72 heures de suspension, les négociations entre militaires et civils doivent reprendre ce dimanche au Soudan. Le dialogue entre les deux parties avait pourtant débouché, en début de semaine, sur d'importantes décisions, notamment la mise en place, pendant trois ans, d'un gouvernement de transition essentiellement composé de civils. Mais pour faire pression sur les militaires, les manifestants ont érigé des barricades dans la capitale, alors que des forces de sécurité tiraient sur la foule. Un homme est montré du doigt : le commandant Hemeti, numéro deux du Conseil militaire, à la tête de la plus importante milice du pays, qui encadre le sit-in des manifestants. Ce sont ses hommes qui auraient tiré sur la foule. Samedi soir, au cours d'une conférence de presse, Hemeti a annoncé des changements.

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« Nous avons décidé de confier la sécurité à la police. C’est elle qui assurera désormais la sécurité des manifestants. Et nous, on restera en soutien ».

L’homme qui s’adresse ainsi à des dignitaires soudanais s’appelle Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemeti. Il dirige la plus importante milice du pays, Janjawid ou Rapid Support Forces (forces d’intervention rapide) forte de plusieurs milliers d'hommes.

C’est aussi le numéro deux du Conseil militaire qui négocie en ce moment l’avenir politique du Soudan, avec les représentants de la société civile. S’il annonce que ses hommes, qui sécurisaient jusque-là le sit-in des manifestants, se retirent, c’est parce qu’il est montré du doigt depuis le début de la semaine : ses forces se seraient rendues coupables des dernières violences contre les manifestants.

Mais il y a pire : Hemeti serait également responsable de milliers de morts au Darfour dans les années 2000. Pour Issa Salem Adam, avocat darfouri présent sur le sit-in depuis le début, Hemetti doit être jugé. « Ces forces de soutien rapides ont déjà commis des crimes chez moi, au Darfour, et maintenant, elles en commettent ici sous les yeux des manifestants », nous explique t-il.

En mettant sa milice en retrait, ce chef de tribu, devenu l’un des hommes les plus puissants du Soudan, espère bien continuer à peser sur l’échiquier politique.

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