Madagascar/France

Îles Éparses: un sujet qui suscite beaucoup d’attente chez les Malgaches

Photo de la NASA qui montre les détails du relief autour des Iles Glorieuses, qui font partie des Iles Eparses, dans l'océan Indien. Photo prise le 3 août 2003.
Photo de la NASA qui montre les détails du relief autour des Iles Glorieuses, qui font partie des Iles Eparses, dans l'océan Indien. Photo prise le 3 août 2003. NASA
Texte par : RFI Suivre
3 mn

À Madagascar la demande « de restitution ou de gestion » des îles Éparses du président Andry Rajoelina à la France continue de faire réagir. Ces quatre îlots situés dans le canal du Mozambique appartiennent aujourd’hui à la France, mais sont revendiqués par Madagascar depuis les années 1970. Un sujet sensible qui suscite beaucoup d’attente chez les Malgaches.

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Depuis cinq jours, le dossier épineux des îles Éparses fait la Une des médias et des réseaux sociaux.

Pour Éliane, bouquiniste, l’ancienne puissance coloniale n’a aucun droit sur ces terres. « Ce sont nos îles et bien sûr qu’il faut nous les restituer, dit-elle. C’est très important, car les terres sont sacrées pour nous les Malgaches. »

Une restitution qui aurait dû se faire dès l’indépendance s’émeut Jean de Dieu, chauffeur de taxi : « Madagascar est un pays indépendant maintenant donc on devrait avoir cette indépendance sur toutes nos terres. Si on ne parvient pas à les récupérer, j’espère au moins qu’on pourra gérer une partie. »

Ces îles ont aussi un aspect économique important, notamment en ce qui concerne la pêche. Pour Hery, agent immobilier, ces quatre petites îles allant de 5 à 30 km2 pourraient permettre à Madagascar de s’enrichir.

« Les îles Éparses appartiennent légitimement à Madagascar, analyse-t-il, mais à cause des derniers dirigeants que l’on a eus, ce sont les Français qui les gèrent alors qu’elles regorgent de richesses. S’il n’y avait rien d’intéressant là-bas, ils nous les auraient déjà restituées. »

Devant un stand de journaux, Tantely n’est pas convaincu : «  Sa déclaration, ce sont juste des mots pour plaire aux Malgaches. D’ailleurs, récupérer ces îles, ce n’est pas prioritaire parce qu’on n’a pas les compétences pour les gérer. Vous voyez déjà que même notre unique île on n’arrive pas à le gérer. Regardez comment les gens sont pauvres. Il n’y a pas d’intérêt direct pour le peuple malgache. »

Restitution directe ou cogestion, les deux pays se sont donnés un an, date du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar, pour parvenir à une solution.

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