Tunisie

Le président tunisien Beji Caïd Essebsi est décédé

Le président tunisien Beji Caid Essebsi salue ses supporters à l'ouverture du congrès de son parti Nidaa Tounes, le 6 avril, à Monastir.
Le président tunisien Beji Caid Essebsi salue ses supporters à l'ouverture du congrès de son parti Nidaa Tounes, le 6 avril, à Monastir. FETHI BELAID / AFP

Beji Caïd Essebsi s'est éteint ce jeudi à l'hôpital militaire de Tunis, a annoncé la présidence tunisienne dans un communiqué. Il avait 92 ans. Le président du Parlement Mohamed Ennaceur reprend l'intérim, après une prestation de serment.

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Premier président démocratiquement élu en 2014, trois ans après la chute de Zine el Abidine ben Ali, Beji Caïd Essebsi est mort ce jeudi 25 juillet au matin à l'hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille en soins intensifs en raison de très grandes difficultés respiratoires.

Son décès intervient quelques mois de la fin de son mandat présidentiel. Le chef de l'État disparait le jour anniversaire de la proclamation de la République en 1957 au cours duquel il devait prononcer un discours, comme chaque année.

Beji Caïd Essebsi avait été hospitalisé en urgence par deux fois le mois dernier dont le 27 juin, officiellement pour intoxication alimentaire. Il était ressorti très affaibli, pouvant à peine parler, ne pouvant plus marcher, d’une hospitalisation de quatre jours. Les deux apparitions médiatiques qu’il avait faites depuis n’avaient pas rassuré les Tunisiennes et les Tunisiens. Elles avaient fait prendre conscience de la fragilité de l’homme qui occupe le palais de Carthage depuis bientôt cinq ans.

C'était un grand homme d'État, il a aidé beaucoup les femmes à garder leur place et pour leur liberté. Il a suivi le chemin de Bourguiba pour les femmes tunisiennes

«C'était le papa des Tunisiennes»

Caïd Essebsi allait fêter ses 93 ans en novembre... également mois de la prochaine présidentielle. La date devrait maintenant changer. En effet, une vacance ne doit pas excéder trois mois. Or ce délai serait dépassé.

Pour l’heure c’est Mohammed Ennaceur, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) qui prend provisoirement la place de chef de l’État. Ce vétéran de la politique, âgé de 85 ans, ancien ministre sous Bourguiba et proche du président défunt, est respecté par les différentes franges politiques tunisiennes.

Une cérémonie d'intronisation s'est déroulée sans accroc ce jeudi en début d'après-midi. Le mois dernier, le grave accident de santé du président Essebsi avait laissé planer la crainte d’une instabilité à la tête de l’État en cas de vacance du pouvoir, il n’en est rien.

Dans sa courte allocution, il a appelé le peuple tunisien à « unir les rangs », puis il a tenu à affirmer « la continuité des institutions de l’État. » Il devrait présider samedi des funérailles nationales auxquelles sont attendus nombre de chefs d’État. Le deuil national est de sept jours.

Message posté sur la page Facebook de la présidence tunisienne

Que prévoit la Constitution en cas de vacance du pouvoir ?

La Constitution tunisienne prévoit deux cas de figure. Le premier, c'est une vacance provisoire. Le pouvoir exécutif est alors confié au Premier ministre, pour une période ne pouvant excéder 60 jours. Le second, c'est une vacance définitive, comme la démission ou le décès du chef de l'État. C'est alors le président de l'Assemblée des représentants du peuple - le Parlement tunisien - qui assure l'intérim pendant une période comprise entre 45 jours minimum et 90 jours maximum.

Cela dit, cet intérim ne donne que des pouvoirs limités au nouveau président. Il ne lui est pas possible de modifier la Constitution, de convoquer un référendum, de dissoudre le Parlement ou de censurer le gouvernement.

Mais avant toute chose, la Cour constitutionnelle doit constater la vacance du pouvoir. Or celle-ci n'a jamais pu être mise en place, en raison de divergences entre partis politiques. Toutefois, en 2014, une « Instance provisoire chargée du contrôle de la constitutionnalité des projets de loi », composée de trois magistrats et trois universitaires, a été formée pour pallier son absence. Selon un constitutionnaliste que RFI a interrogé, c'est elle qui doit constater l'indisponibilité du président et ouvrir la voie à l'investiture du chef de l'État par intérim.

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