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Burkina Faso

[Reportage] Burkina: ceux qui doivent tout quitter à cause du terrorisme (2/2)

Le Burkina Faso compte à l'heure actuelle 300 000 déplacés à cause des attaques jihadistes dans le nord du pays.
Le Burkina Faso compte à l'heure actuelle 300 000 déplacés à cause des attaques jihadistes dans le nord du pays. AFP Photos/ISSOUF SANOGO
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Depuis le début de l'année, 300 000 personnes sont déplacées au sein du Burkina à cause des attaques terroristes qui ne touchent plus seulement les infrastructures militaires mais aussi les civils. Les habitants fuient les zones hostiles du Nord pour trouver refuge dans des endroits plus sûrs.

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Depuis plusieurs semaines, une quarantaine de personnes, hommes femmes et enfants, vivent dans la concession de Zongo Na Bozwendé à Yagma, au nord d’Ouagadougou. La famille de Belem Boureima est arrivée de son village près de Djibo, dans le nord du pays, dans le dénuement le plus complet.

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Zongo est lui originaire de ce village, et il n’a plus de nouvelles du Nord depuis le mois de juillet. Ce modeste retraité se fait un devoir d'accueillir ces déplacés. Cette arrivée ne l’a pas surpris : « J’avais vu des déplacés qui s’installaient ici ou là. Je me doutais bien qu’un jour certains viendraient par ici. Un beau matin un camion est arrivé avec eux, et ils sont venus s’installer ici. Bien sûr que j’ai peur que les jihadistes descendent jusqu’ici. Mais Dieu merci ce n’est pas encore le cas. Ici, on vit paisiblement et on espère que ça va continuer. Que tout ça s’arrêtera avant que ça arrive ici. Mais il m’arrive d’avoir peur. »

Parmi eux, Bintou qui a la soixantaine et fait partie de la douzaine de femmes décrit un climat de peur pour les civils en particulier les hommes souvent abattus par les jihadistes : « Les assaillants menacent les hommes qui sont obligés de passer la nuit cachés en brousse, nous laissant seules à la maison nous les femmes et les enfants. On a été obligé de fuir. Ce n’est pas de gaité de cœur. On est là. On repense à ce qu’on avait là-bas, alors qu’aujourd’hui on vit dans le dénuement. Là-bas, on élevait le bétail, on cultivait, on mangeait à notre faim. Ce n’est pas pareil ici, mais on est obligé de mener cette vie-là ».

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