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Burundi / Justice

Burundi: l’enjeu du procès Ndadaye contre l'ancienne oligarchie d'origine tutsi

Vue de Gitega, la nouvelle capitale du Burundi, où se tient le procès Melchior Ndadaye.
Vue de Gitega, la nouvelle capitale du Burundi, où se tient le procès Melchior Ndadaye. Wikimedia Commons / Public Domain
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Dans le box des accusés mardi à l’ouverture du procès historique des « auteurs » présumés de l'assassinat, en 1993, de l’ex-président Melchior Ndadaye, quatre hauts gradés à la retraite. Ils font partie d'un groupe de 20 caciques de l'ancienne oligarchie issue de la minorité tutsi, qui a longtemps dirigé le pays. Quels sont les enjeux de ce procès, à quelques mois d'une présidentielle dans ce pays qui rend fébrile le régime actuel même s'il semble contrôler le pays d'une main de fer ?

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Pour de nombreux spécialistes, le procès contre l'ancien président Pierre Buyoya et ses proches, tous issus de la minorité tutsi qui a dominé le Burundi pendant plus de trois décennies, est un signal fort lancé par l'ex-rébellion hutu du CNDD-FDD du président Pierre Nkurunziza, pour montrer qu'il a désormais tous les leviers du pouvoir entre ses mains.

Arrivé à la tête de l'État à la faveur des élections de 2005, ce parti a dû partager le pouvoir avec ses anciens ennemis conformément à l'accord de paix d'Arusha.

Mais la crise de 2015 a tout changé. Quatre ans de répression sanglante ont permis au régime du président Nkurunziza d'être désormais seul maître à bord. « Il prend aujourd'hui sa revanche sur Buyoya qu'il accuse d'être derrière ceux qui le combattent », explique l'un de ces spécialistes.

À lire aussi : Procès des assassins présumés de Melchior Ndadaye, premier président du Burundi

Enfin, la date de ce procès n'est pas due au hasard. Le Burundi est à huit mois d'une présidentielle pour laquelle Pierre Nkurunziza a déjà annoncé qu'il ne se représentera pas.

Après 14 ans de pouvoir, son parti est touché par l'usure du temps, et le pays traverse une crise aiguë. Par exemple, 70% de la population vit aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté comme à son arrivée au pouvoir, à la fin de la guerre civile.

Son candidat devra donc faire face à Agathon Rwasa, le leader historique de la plus ancienne rébellion hutu du pays, qui semble avoir le vent en poupe.

Le CNDD-FDD espère que ce procès va asseoir son leadership sur la communauté hutu « faiseuse de roi » au Burundi, selon les mêmes spécialistes.

À lire aussi : Burundi: l'opposition dénonce la dérive sectaire du Cndd-FDD

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