Guinée

Guinée: une journée de contestation particulièrement violente

Manifestation dans le quartier de Bambeto, en banlieue de Conakry, ce lundi 14 octobre 2019.
Manifestation dans le quartier de Bambeto, en banlieue de Conakry, ce lundi 14 octobre 2019. Carol Valade / RFI
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Au moins cinq morts et des dizaines de blessés, selon nos informations, deux décès selon le gouvernement. C’est le bilan provisoire de la première journée de manifestations contre un potentiel 3e mandat du président Alpha Condé en Guinée ce lundi 14 octobre.

Publicité

À l’appel du FNDC, qui regroupe les principales organisations de la société civile et de l’opposition, des dizaines de personnes ont tenté de manifester leur opposition à une nouvelle Constitution qui pourrait permettre au président Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

Les tentatives de rassemblement ont été rapidement avortées par les forces de défense et de sécurité déployées en nombre dans la capitale.

À16h00, les affrontements se poursuivaient encore en banlieue de Conakry, notamment au carrefour de Bambeto. Jets de pierres contre tirs de gaz lacrymogènes. Dispersés par la police, les jeunes manifestants revenaient toujours, par petits groupes, pour harceler les forces de l’ordre.

Jamais une manifestation n'avait paralysé autant la ville de Conakry

La contestation continue à Conakry

Une épaisse fumée noire se dégageait encore de la route Le Prince, l’un des deux axes principaux de Conakry.

Un gendarme a été froidement abattu.

Général Boureima Condé, ministre guinéen de l'Administration du territoire

Dans un communiqué, le gouvernement évoque un bilan de deux morts, un jeune et un gendarme, mais les chiffres qui nous parviennent sont plus importants et font état de 4 morts, selon le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), des sources médicales, des observateurs et les proches des victimes.

Il y a eu également des dizaines de blessés et un très grand nombre d’arrestations, dont le chanteur Elie Kamano.

Un policier a aussi été passé à tabac et au moins « trois » postes avancés qui regroupent militaires, gendarmes et policiers ont été saccagés.

Une journée donc particulièrement violente pour ce tout premier appel à manifester contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

À lire aussi : À la Une de la presse africaine: Journée de violences hier en Guinée

Manifestation à Conakry, le 14 octobre 2019, à l’appel du FNDC, rapidement dispersée par les forces de l’ordre.
Manifestation à Conakry, le 14 octobre 2019, à l’appel du FNDC, rapidement dispersée par les forces de l’ordre. CELLOU BINANI / AFP

La population est résolue à mener ce combat jusqu'à la victoire

Oumar Sylla alias Foniké Menguê, coordonnateur par intérim du FNDC

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail