Accéder au contenu principal
RDC

RDC: JED fait le point sur les atteintes à la liberté de la presse

Un journal congolais titre «Le prochain président de la RDC, c'est lui» sur une devanture, le 9 janvier 2019.
Un journal congolais titre «Le prochain président de la RDC, c'est lui» sur une devanture, le 9 janvier 2019. REUTERS/Baz Ratner
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Dix mois après la prise de fonction de Félix Tshisekedi, en République démocratique du Congo (RDC), tout reste à faire, dit Journaliste en danger (JED). L’ONG congolaise a publié un rapport, vendredi, sur l’état de la liberté de la presse dans le pays, en cette veille du 2 novembre, Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes.

Publicité

« En finir avec les années de prédation... », c’est le titre de ce rapport. « Accalmie précaire après la tempête des élections », c’est le sous-titre de ce même rapport qui porte sur la période allant du 2 novembre 2018 au 2 novembre 2019. Cela englobe la période électorale et les dix premiers mois de Félix Tshisekedi au pouvoir.

JED note une baisse du nombre d’attaques contre la presse, faisant état de 85 attaques en un an, contre 121 recensées dans le précédent rapport. Le chiffre est comparable à celui de 2010 ou de 2016.

Dans le détail, il y a eu 41 entraves à la liberté de l’information, des cas de censure, comme la fermeture de médias ou encore des confiscations de matériel de journalistes.

Ont également été enregistrés 28 cas d’agressions physiques ou de menaces, contre 30 l’année d’avant. 16 journalistes ont été arrêtés ou détenus pour des périodes plus ou moins longues. 65 de ces atteintes concernent l’ère Tshisekedi soit 76 % des cas documentés sur la période par JED.

Les journalistes travaillant pour les radios et télévisions sont les plus ciblés,  particulièrement à Kinshasa et au Kasaï-Central qui sont les deux provinces qui détiennent le record cette année, en termes de nombre d’atteintes à la liberté de la presse.

A noter enfin que selon l’ONG, quatre femmes journalistes ont été détenues, menacées ou ont été victimes de mauvais traitements dans le cadre de leur travail.

Beaucoup reste à faire

Joint par RFI, Tshivis Tshivuada,  secrétaire général de JED, explique que c’est mieux que l’année précédente mais beaucoup reste à faire.

« Pour nous, cette transition politique ne sera historique qu’à partir du moment où elle nous permettra de tourner effectivement la page de toutes ces années de prédation de la liberté de la presse que nous avons connues pendant l’ancien régime. Pour nous, une nouvelle ère de la liberté de la presse signifie qu’aucun journaliste ne peut plus être envoyé en prison à cause de son travail, que nous ne voulons plus continuer à faire le deuil pour des journalistes qui sont assassinés, qu’aucun média ne doit plus être réduit au silence. Cela signifie aussi en finir avec les coupures d’Internet que nous avons connues. Donc, nous disons: merci beaucoup. Nous avons entendu les nouvelles déclarations, les belles déclarations d’intention politiques des nouvelles autorités. Nous disons: c’est bien. Maintenant, il faut aller au-delà », précise-t-il avant d’ajouter que « cela passe par un certain nombre de réformes et parmi les plus importantes, celle concernant la loi actuelle sur l’exercice de la liberté de la presse. Cette loi existe toujours, alors qu’elle comprend des dispositions trop répressives sur les journalistes et qu’elle ne prend pas en compte les évolutions technologiques que nous avons connues, y compris sur le plan des médias ».

Passer des paroles aux actes

De son côté, Tito Ndombi, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la Communication (CSAC) estime qu’il y a quand même « plus de marge qu’auparavant parce qu’en suivant le rapport du JED, on sent qu’il y a une brise qui souffle. Et nous, le plaidoyer que nous faisons, c’est qu’il y a un défi, je dirais politique, des crédibilités des médias, en commençant par les médias publics, pour lesquels nous insistons qu’il faut plus d’ouverture, plus de pluralisme », plaide-t-il avant d’ajouter qu’il faut « permettre à tous les partis politiques, à tous les courants d’opinion, à tous les citoyens, de pouvoir s’exprimer, parce que nous estimons qu’il faut créer un environnement sûr pour les médias et pour les journalistes et parce qu’un environnement plus ouvert est propice à la liberté de la presse qui constitue le fondement de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’État de droit. Je crois que les choses vont aller en s’améliorant », estime le président du CSAC.

Le ministre de la Communication David Jolino Makelele s’est engagé samedi non seulement à protéger les journalistes, mais aussi à réformer la loi sur la presse.

Notre gouvernement fera en sorte que leurs vies ne soient pas menacées, d’abord en faisant en sorte qu’il y ait un cadre juridique approprié permettant l’expression des libertés et donc de la pensée des journalistes et donc du travail des journalistes. (…) Notre pouvoir n’a pas peur des libertés mais c’est vrai que liberté ira toujours avec responsabilité.

David Jolino Makelele

Lire le rapport de JED « En finir avec les années de la prédation...»: ici

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.