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Gambie

Gambie: la «chasse aux sorcières» devant la Commission vérité et réconciliation

Lancement de la Commission vérité et réconciliation sur la dictature de Yahya Jammeh, le 15 octobre 2018 à Banjul, en Gambie.
Lancement de la Commission vérité et réconciliation sur la dictature de Yahya Jammeh, le 15 octobre 2018 à Banjul, en Gambie. RFI/Claire Bargelès
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La Commission vérité et réconciliation a entamé une session d'un mois sur les chasses aux sorcières. Sous Yahya Jammeh, des rafles ont été menées dans des villages contre des personnes accusées de sorcellerie. Près de 1 000 personnes auraient ainsi été arrêtées et torturées, selon Amnesty International.

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Les victimes se souviennent des bus venus les chercher. Elles racontent aussi ces marabouts étrangers, équipés de tambours et de miroirs censés repérer les sorcières et sorciers. Avec la complicité des forces de l'ordre, les victimes étaient désignées puis jetées dans un bus en direction d'un endroit gardé secret.

Yadicon Njie Eribo a recueilli des témoignages de femmes pour la Commission vérité : « Ils les battaient et ils leur faisaient boire une décoction. La plupart d'entre elles se mettaient à avoir des hallucinations après avoir bu la boisson. Pour eux, ces hallucinations c'était la preuve que vous étiez une sorcière ». Certaines personnes sont mortes après avoir bu cette décoction. Celles qui sont en vie souffrent encore de séquelles, selon Yadicon Njie Eribo. « Elles ont de nombreux problèmes de santé. Certaines qui étaient commerçantes ont perdu leur gagne-pain, elles sont toujours désignées comme des sorcières et les gens les évitent. Elles sont très stigmatisées. »

Selon Amnesty International, la chasse aux sorcières lancée par ces marabouts avait été initiée par l'ancien président Yahya Jammeh. Le dictateur, pétri de superstitions, était en effet persuadé que sa tante était morte à cause de la sorcellerie. L’ONG affirme que les marabouts, originaires de la Guinée voisine, étaient accompagnés « de policiers, de militaires et d’agents des services de renseignements », ainsi que par des « membres de la garde personnelle du président gambien ».

►À lire aussi : Gambie: la société civile demande les résultats d’une enquête sur l’ère Jammeh

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