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Gabon

Gabon: l'ex-directeur de cabinet d'Ali Bongo placé en détention provisoire

La Cour constitutionnelle à Libreville au Gabon. (photo d'illustration)
La Cour constitutionnelle à Libreville au Gabon. (photo d'illustration) STEVE JORDAN / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Gabon, Brice Laccruche Alihanga, l'ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 13 décembre. Avec lui, trois anciens ministres qui lui sont très proches.

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Noël Mboumba, ex-ministre du pétrole, Roger Owono Mba, ex-ministre de l’Économie ainsi que Tony Ondo ancien ministre de l’Énergie sont tous poursuivis pour malversations financières, détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, concussion et faux et usage de faux.

Détournements massifs de fonds publics

Attendus au tribunal à 9h, les quatre anciens ministres ont été déférés devant la Cour judiciaire spéciale à 13h. Le juge d'instruction a décerné à chacun son mandat de dépôt.

Brice Laccruche Alihanga était le premier à affronter les juges. Son cas est assez spécial. Il est soupçonné être le chef d’orchestre des détournements massifs de fonds publics et de blanchiment des capitaux à l’origine de l’opération mains propres qui a déjà expédié plusieurs de ses proches en prison.

Laccruche n’est pas n’importe qui. Nommé directeur de cabinet du président de la République en août 2017, il est devenu l’homme le plus puissant du Gabon durant la convalescence du président Ali Bongo, victime d’un AVC en octobre 2018.

« Messager intime »

Brice Laccruche Alihanga a placé ses hommes partout. Il donnait des ordres. Au sommet de la gloire en octobre dernier, il avait entrepris une tournée républicaine en se présentant à la population comme le « messager intime » d’Ali Bongo. Contre toute attente, il a été brusquement congédié du cabinet présidentiel le jeudi 7 novembre dernier, le début de sa descente aux enfers.

Les avocats montent au créneau

Tous les avocats ont affirmé n’avoir vu aucune preuve documentée sur les chefs d’inculpations qui valent la détention préventive à leurs clients. « On met quelqu'un en détention ou sous mandat de dépôt trois fois, sans pouvoir établir : 1. Le compte sur lequel cet argent a été pris ; 2. Le mécanisme par lequel, sans pouvoir, il a pu faire sortir cet argent ; 3. on ne nous dit pas par qui cet argent est sorti », constate Ange-Kevin Nzinghou qui défend Brice Laccruche Alihanga.

Me Rufin Nkoulou est l’avocat de l’ex-ministre de l’Énergie Tony Ondo Mba. Pour lui l’immunité parlementaire de son client a été violée : « M. Tony Ondo Mba est député. Pour cette raison, il n'aurait pas dû être interpellé et placé sous mandat de dépôt. »

Avocat de l’ex-ministre de l’Économie et des Finances, Roger Owono Mba, Maître Farafina Boussougou regrette quant à lui le déroulement des auditions vendredi devant la Cour judiciaire spéciale. « Nos clients attendaient que preuves fussent administrées de ce qu'il existe un élément matériel de ces détournements-là. Et immédiatement le juge les a placés sous mandat de dépôt. Ce n'est qu'après qu'il a demandé aux avocats de faire leurs observations. la fin du match est terminée et on demande aux joueurs de venir jouer. »

Le procureur de la République, André Patrick Roponat a rappelé que tous les prévenus bénéficient de la présomption d'innocence.

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