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France / Défense

Sahel: les drones de l'opération Barkhane seront désormais armés

Un drone Reaper de l'armée de l'air française armé de deux bombes GBU-12 à la base militaire de Barkhane à Niamey le 15 décembre 2019.
Un drone Reaper de l'armée de l'air française armé de deux bombes GBU-12 à la base militaire de Barkhane à Niamey le 15 décembre 2019. Daphné BENOIT / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Dans le cadre de l'opération Barkhane, les armées françaises ont réalisées avec succès les tirs d'expérimentation de drones armés depuis la base aérienne de Niamey au Niger. Les drones seront donc désormais utilisés de manière offensive au Sahel.

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Désormais, chaque drone aura la capacité d'emporter sous ses ailes quatre bombes guidées laser de 250 kilos, les GBU 12. La France disposant du drone Reaper acquis « sur étagère » aux États-Unis, c'est-à-dire que ce système d’armement avait été acheté dans son ensemble, sans avoir à le développer. Il était déployé en permanence au Sahel depuis 2016, mais son rôle se limitait à l'observation. Trois drones de longue endurance sont déployés dans la région sur les six que compte l’armée française.

Pour l'armée de l'air, qui a longtemps privilégié l'avion de chasse, armer les drones est une révolution. Il y a deux ans, la ministre des Armées Florence Parly prenait l'engagement de le faire. Face à l'immensité du théâtre d'opération qu'est la bande sahélo-saharienne, l'avion sans pilote est devenu incontournable.

C'est indéniablement l'entrée dans une nouvelle ère pour l'armée française, même si le colonel Hugues Pointfer, commandant de la base de Barkhane à Niamey, se veut plus modéré. « L’armement du drone n’a pas vocation à être une révolution dans l’emploi du drone. C’est vraiment une capacité supplémentaire apportée au drone pour pouvoir intervenir dans une situation volatile ou fugace. »

Autonomie de 24 heures

Le Reaper, la faucheuse en français, est un avion de quatre tonnes et de 20 mètres d'envergure. Son autonomie peut atteindre 24 heures, une persistance totalement nouvelle pour un vecteur aérien capable de transmettre en temps réel des images vidéo de qualité. Désormais, les drones Reaper pourront aussi emporter des bombes guidée laser sous leurs ailes.

Le sujet de l’armement des drones est sensible et leur utilisation a été souvent critiquée. Mais le colonel Hugues Pointfer se veut rassurant. « Un drone n’est pas du tout un robot tueur. C’est un avion avec cette différence qui est que le pilote de l’avion n’est pas dans l’avion mais dans une cabine au sol. »

L'humain reste central

Mais ce n'est pas qu'une machine. L'homme est au centre et il le restera, précise le ministère des armées. Opérateur image, pilote, officier de  renseignements, au sol, chaque drone exige un équipage de quatre hommes.

« Un drone ne prend pas de décision tout seul, ne tire pas tout seul, ne fait rien de manière autonome. C’est toujours les êtres humains qui sont derrière, qui prennent des décisions et guident l’armement. Le choix français est d’avoir déployé les équipages de drone sur le théâtre d’opération avec les drones. »

Sur le plan psychologique, c'est aussi une manière de préserver les équipages désormais chargés de larguer les bombes.

Le drone va rester un moyen de surveillance et de reconnaissance, en revanche, le fait que le drone puisse maintenant être armé c’est vraiment une capacité supplémentaire apportée au drone pour pouvoir intervenir dans une situation volatile ou fugace. Les règles d’engagement dans tous les cas restent les mêmes. Un drone n’est pas du tout un robot tueur.

colonel Pointfer

À écouter : Drones en Afrique de l'Ouest: acheter, construire ou louer

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