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France / Sahel

À Abidjan, Emmanuel Macron redemande de la «clarté politique» au G5 Sahel

Bain de foule pour Emmanuel Macron à son arrivée à la mairie d'Abidjan, le 21 décembre 2019.
Bain de foule pour Emmanuel Macron à son arrivée à la mairie d'Abidjan, le 21 décembre 2019. REUTERS/Thierry Gouegnon
Texte par : RFI Suivre
4 min

Au risque de les froisser encore, le président français Emmanuel Macron, en tournée en Afrique de l'Ouest, a une nouvelle fois réclamé de la « clarté » aux gouvernements sahéliens sur la présence militaire française dans la zone à l'occasion du sommet qu'il organise avec eux le 13 janvier à Pau. Son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta s'exprimait également sur le sujet.

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Emmanuel Macron persiste et signe. Pas question pour lui de rester sans réagir face à la montée du sentiment anti-Barkhane dans plusieurs pays du Sahel. Le chef de l’État salue les récents propos du président nigérien Mahamadou Issoufou en faveur de « plus de Barkhane » et dit attendre la même clarté « de la part de tous les dirigeants » de la région.

« La même clarté et le même engagement. Je ne peux pas demander à nos soldats de prendre des risques pour lutter contre le terrorisme et la sécurité de pays et de l'autre côté d'avoir des opinions publiques de ces mêmes pays qui croient à des contre-vérités auxquelles on leur laisse croire. »

Un message adressé en particulier aux dirigeants politiques du Mali et du Burkina Faso, accusés d’alimenter parfois le sentiment anti-français. Un message en forme d’avertissement. Car pour Paris, il ne peut y avoir d’efficacité militaire pour Barkhane sans une clarification politique en amont. « D'un point de vue stratégique, l'opération Barkhane est pleinement justifiée. Mais je considère qu'aujourd'hui, les conditions politiques ne sont plus partout pleinement remplies. Moi je suis clair sur les intentions de la France et de notre présence mais je vous le dis aussi avec autant de franchise. Si cette clarté politique n'est pas établie, la France dans certains pays y tirera toutes les conséquences. »

Au cours de la même conférence de presse, le président ivoirien Alassane Ouattara, a tenu à rappeler avoir lui-même appelé le président Hollande en 2013 pour solliciter l’intervention de la France au Mali, au titre à  l’époque, de ses fonctions de président en exercice de la Cédéao.

Évoquant le ressentiment anti-français, Emmanuel Macron a tenté d'expliquer comment il prospérait sous les « oripeaux du néo-colonialisme » et il a réitéré ses critiques à l'encontre du colonialisme.

Aucun des autres pays que vous avez cités ne partage la langue, la culture, les rêves de la Côte d'Ivoire et du continent africain comme la France. Aucun. Mais trop souvent aujourd'hui, la France est perçue avec un regard d'hégémonie ou les oripeaux d'un colonialisme qui a été et qui fut une erreur profonde, une faute de la République

Emmanuel Macron

« Parfois les jeunes reprochent à la France des troubles, des difficultés qu'ils ont pu vivre auxquelles la France ne peut rien. Alors, je sais, on (la France) est parfois la cible toute désignée, c'est plus simple (...) Quand c'est difficile, on dit "c'est la France" », a poursuivi le chef de l'État.

Le G5 à Pau pour faire faire passer un « message »

IBK répond à Macron

En parallèle, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré samedi sur TV5 que les pays unis dans la force militaire G5 Sahel souhaitaient « un partenariat respectable et respectueux ». « Nous sommes dans une situation où la sécurité du monde entier est menacée. Dès lors, il est bon, il serait souhaitable en tout cas, que cela soit envisagé comme tel et avec beaucoup de considération et de respect de part et d'autre. »

Il a précisé que les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) viendraient précisément au sommet du 13 janvier qui se tiendra à Pau (sud-ouest) pour faire passer ce message.

Le 4 décembre, dans le sillage de la mort de 13 soldats français au Mali lors d'une collision entre hélicoptères en zone de combat, Emmanuel Macron avait invité les chefs d'État sahéliens à ce sommet, leur demandant de clarifier leur position sur la présence militaire française. Une annonce mal ressentie par beaucoup dans la région, qui l'avaient perçue plutôt comme une « convocation ».

Le président français fera ce dimanche en fin de journée une étape à Niamey pour rendre hommage aux 71 soldats nigériens ayant récemment péri dans l'attaque d'un camp militaire, mais aussi pour préparer avec le président Mahamadou Issoufou le sommet de Pau.

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