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Les violations des droits de l'homme ne diminuent que très peu en RDC

Un policier à Kinshasa.
Un policier à Kinshasa. REUTERS/Robert Carrubba
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le nombre de violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo n’a que légèrement baissé depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Une baisse de 4% seulement, dit le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Dans son rapport annuel, le BCNUDH pointe que les agents de l’État restent les principaux responsables de ces violences.

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Sur l’année 2019, les agents de l’État restent responsables de 54% des violations commises à travers tout le pays. En 2018, dernière année de Joseph Kabila, c’était 61%.

Il faut dire que les principaux responsables des services de sécurité n’ont pas changé sous Félix Tshisekedi, notamment pas dans l’armée et la police. Or ce sont, cette année encore, les deux forces de l'ordre qui sont pointées par le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Ils ont fait un nombre plus important encore de victimes d’exécutions extrajudiciaires et arbitraires. Dans les zones de conflits, les FARDC commettent plus de violations que n’importe quel groupe armé.

L’inflexion de 4% s’explique entre autres par des changements opérés au sein de la jadis très redoutée Agence nationale des renseignements. L’ANR dépend de la présidence.

Il y a aussi la baisse du nombre de violations des droits de l’homme à caractère politique.  778 recensés en 2019 contre 1054 en 2018. Mais il reste, selon l’ONU, des « velléités de restriction » chez certaines autorités du pays, de « restrictions injustifiées et disproportionnées des libertés publiques », pointe le rapport. Le bureau conjoint s’inquiète aussi d’une hausse de 62% du nombre de victimes adultes de violences sexuelles liées aux conflits et qui parfois assortis d’autres formes de torture. Les groupes armés continuent de faire des ravages, notamment le NDC Renové du chef de guerre Guidon et les rebelles hutus rwandais des FDLR.

Autre point sombre de ce bilan, les conditions de vie en prison qui ne cessent de se dégrader depuis l’an dernier.

Nous avons enregistré, depuis le début du mois de janvier 2020, plus d'une trentaine de décès, rien qu'à la prison de Makala. C'est dû aux mauvaises conditions de détention, mais surtout aux difficultés d'accès à la nourriture, la santé.

Abdoul Aziz Thioye, directeur du BCNUDH

Dans les chiffres, le changement est donc bien loin d’être aussi spectaculaire qu’annoncé. Le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme souligne parmi les changements positifs la reconnaissance par les nouvelles autorités du pays des défis à relever et l'ouverture de l'espace politique.

 

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