Accéder au contenu principal

Madagascar: inquiétude autour d'un projet émirien de cultiver 60 000 hectares

La société émiratie Elite Agro LLC projette de cultiver 60 000 hectares de terres, notamment du riz, du maïs et du soja (image d'illustration).
La société émiratie Elite Agro LLC projette de cultiver 60 000 hectares de terres, notamment du riz, du maïs et du soja (image d'illustration). Christian Science Monitor / Getty
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Lundi 3 février, le collectif TANY et le CRAAD OI, deux plateformes engagées dans la défense des terres, dénoncent le manque de transparence des autorités concernant un partenariat entre l’État et une société des Emirats arabes unis pour la culture de 60 000 hectares de terres dans le sud du pays.

Publicité

« Des informations dévoilées par l’État au compte-gouttes avec des contradictions et des hésitations ne peuvent que susciter les soupçons », indiquent le collectif TANY et le CRAAD OI. Les deux organisations réclament « la divulgation en urgence » du memorandum signé avec Elite Agro LLC, la société émiratie qui cultivera notamment du riz, du maïs et du soja sur 60 000 hectares de terres dans le Bas Mangoky, une zone enclavée du sud-ouest.

Parmi les inquiétudes : l’accaparement de terres aux populations locales, l’impact sur l’environnement ou encore la réduction de l’accès à la terre pour les Malgaches. « Les patriotes des temps passés ont lutté contre la colonisation pour que les générations futures exploitent les terres de manière indépendante mais non pas pour tous devenir des ouvriers agricoles de groupes financiers étrangers ».

C’est aussi la stratégie des autorités qui est contestée, qui misent, selon elles, principalement sur les investisseurs étrangers au lieu de développer l’agriculture et l’entrepreneuriat local. « Un raccourci » rétorque le ministre de l’Agriculture, Lucien Ranarivelo qui indique que « L’Etat est en train d’aménager 7 000 hectares de terres destinées à la population autour du fleuve Mangoky. » Le ministre qui se trouve en ce moment dans cette région insiste : « Il n’y aura pas d’accaparement de terres. Nous allons délimiter les parcelles avec le consentement de la population locale. »

Dans tous les cas, cet accord « ne permettra pas d’atteindre l’autosuffisance alimentaire », déclarent le collectif TANY et le CRAAD OI, « puisqu’elle se définit par la ’capacité d’un territoire à répondre aux besoins alimentaires de sa population par sa propre production et ses propres ressources'. Or les intrants, le savoir-faire et les moyens matériels et financiers dans ce projet seraient apportés par ce groupe étranger », précisent ces deux organisations.

Il y a trois semaines le ministère de l’Agriculture avait fait l’annonce de cet accord, indiquant qu’il permettrait à la Grande Ile de parvenir à l’autosuffisance alimentaire.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.