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Soudan du Sud: Riek Machar rejette le nouveau découpage territorial

L’ex-rebelle sud-soudanais Riek Machar au siège de l’Union africaine (Addis-Abeba, Éthiopie), le 8 février 2020.
L’ex-rebelle sud-soudanais Riek Machar au siège de l’Union africaine (Addis-Abeba, Éthiopie), le 8 février 2020. Paulina Zidi/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

C’est un nouveau coup de théâtre au Soudan du Sud. Le chef rebelle Riek Machar a rejeté, ce dimanche 16 février, le nouveau découpage territorial proposé par le chef de l'État. Salva Kiir a donné son accord, samedi 15 février, pour un retour au système fédéral à dix États, comme le réclamait la rébellion. Il a également annoncé la création de trois nouvelles zones administratives et c’est précisément ce qui pose problème.

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Pour le chef rebelle Riek Machar, la création de ces trois zones administratives risque de poser de nouveaux problèmes. Quelles sont-elles ? Il y a d'abord le Ruweng, région disputée entre les Dinkas, ethnie du président Salva Kiir et les Nuers, ethnie de Riek Machar. Il s'agit de la zone la plus riche en pétrole du Soudan du Sud et c'est justement du pétrole que le pays tire l'essentiel de ses revenus.

« Conflits pastoraux »

Il y a ensuite la région de Pibor, située à la frontière avec l'Ethiopie. Selon Marc Lavergne, chercheur au CNRS et spécialiste de la Corne de l'Afrique, cette zone est « très sensible pour des raisons ethniques ». Elle est « marquée par des conflits pastoraux entre les différents peuples nomades » situés de part et d'autres de la frontière.

Et puis il y a la région d'Abyei, contrôlée, toujours d'après Marc Lavergne, par le Soudan, pacifiée par les casques bleus éthiopiens et revendiquée par le Soudan du Sud.

Garder le contrôle

La création de ces trois zones administratives serait donc un moyen, pour le pouvoir central de Juba, d'en garder le contrôle. Voilà pourquoi Riek Machar demande au président Salva Kiir d'y renoncer.

Le président (Kiir) a poussé en quelque sorte Riek Machar à la faute qui ne peut pas faire autrement que de refuser cette proposition. Plus fondamentalement, la division du Sud-Soudan en États fédéraux est une aberration pour des raisons pratiques parce que le Sud-Soudan ne dispose pas d'administration, c'est un État failli depuis son indépendance en 2011.

Marc Lavergne, chercheur au CNRS, explique pourquoi le refus de Riek Machar était prévisible

La formation du gouvernement d'union nationale - prévu par l'accord de paix - semble donc, plus que jamais, compromise d'autant que la date butoir est fixée à samedi prochain, le 22 février.

Soudan du Sud: Salva Kiir accepte une demande clé pour un retour à la paix

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