Dialogue avec les jihadistes au Mali: réaction de Jean-Yves le Drian

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Bertrand GUAY / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réagi au sujet du dialogue envisagé au Mali entre les autorités et des chefs de groupes jihadistes. Les autorités de Bamako assument désormais ouvrir la voie à des discussions avec Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa.

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Ce mardi 25 février, lors d’une conférence de presse en marge du sixième sommet du G5 Sahel et de l’assemblée générale de l’Alliance Sahel à Nouakchott en Mauritanie, Jean-Yves Le Drian, s’est exprimé sur ces négociations pour la première fois : « Il ne m’appartient pas de rentrer dans un débat propre au Mali. C’est de la responsabilité des Maliens de faire en sorte qu’un débat inclusif ait lieu. Je crois qu’il a eu lieu et les responsables maliens doivent prendre les initiatives qui conviennent pour que les réconciliations puissent se faire. Le seul point sur lequel je me permets de m’exprimer à cet égard, c’est la question de l’impunité. Et d’ailleurs la question de l’impunité, elle est même dans la loi malienne. Dans la loi du mois de juillet 2019, le Parlement malien, la législation malienne indique qu’il ne peut y avoir d’impunité pour les terroristes. Je m’en tiens à la loi malienne », a déclaré le chef de la diplomatie française.

De son côté, l'ambassadeur du Mali en France qui était auditionné ce mercredi 26 devant les sénateurs français est, lui aussi, revenu sur les négociations envisagées par Ibrahim Boubacar Keïta avec certains groupes jihadistes. Il a expliqué qu'il y aurait « des lignes rouges » et évoqué notamment la question de la charia, de l'intégrité territoriale, et de la situation faite aux femmes. Sur la question de l'impunité, il a ajouté  « même si on trouvait une solution d'entente, ceux qui ont du sang sur les mains devront en rendre compte ». 

Le 10 février dernier le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a en effet reconnu l'existence de contacts avec les groupes jihadistes, en expliquant vouloir  explorer toutes les voies d'une sortie de crise après huit années de guerre.


■ Polémique entre Paris et Bamako

Par ailleurs, ce mercredi, Toumani Djimé Diallo devant le Sénat français a aussi évoqué des « problèmes » posés par la Légion étrangère sur le sol malien, en évoquant des « débordements » dans les quartiers interlopes de Bamako de la part de soldats exhibant notamment des tatouages. Pour Paris, cette mise en cause est « fausse, inacceptable et indécente ». « Il n'y a jamais eu d'unité de la Légion étrangère déployée ou stationnée à Bamako et elles n'ont pas vocation à l'être », a souligné le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry.

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