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RDC: le général Kahimbi, patron des renseignements militaires, suspendu

Un soldat FARDC.
Un soldat FARDC. KUDRA MALIRO / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des FARDC et à la tête des renseignements militaires du pays, fait l'objet d'une enquête interne pour laquelle les raisons officielles demeurent encore inconnues.

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Le général Delphin Kahimbi a été suspendu de ses fonctions, affirment plusieurs sources à Kinshasa, de la présidence aux chancelleries occidentales. L’armée n’a rien annoncé officiellement. Delphin Kahimbi, c’est l’un des proches de Joseph Kabila, et il est resté chef des renseignements militaires malgré l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, comme la plupart des responsables des services de sécurité. Il n’est le seul général à avoir été convoqué. Mais cette suspension fait déjà beaucoup de bruits sur les réseaux sociaux.

Ce sont sans doute les États-Unis qui ont été les plus prompts à réagir, avant même l’annonce officielle. L’information est allée très vite, de l’ambassadeur à Kinshasa au secrétaire d’État en charge de l’Afrique qui sur Twitter s’est dit ravi de « voir le gouvernement de la RDC prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité ».

Même ton de l’envoyé spécial américain dans les Grands Lacs Peter Pham qui était dernièrement en visite à Kinshasa et rappelle avoir réaffirmé à cette occasion que personne ne devrait être  au-dessus de la loi.

C’est en citant George Washington que la sénatrice Francine Muyamba a répliqué sur les réseaux sociaux à ce qu’elle a qualifié d’ingérence étrangère. À RFI, cette proche de Joseph Kabila a affirmé que les officiels américains devraient observer un devoir de réserve et comprendre qu’il existe une présomption d’innocence, ajoute Francine Muyumba.

Le général Kahimbi a été convoqué à deux reprises et entendu sur plusieurs dossiers, reconnait-on dans les rangs de la coalition de l’ancien président. Mais à ce stade, le chef titulaire des renseignements militaires n’est pas poursuivi, assure-t-on.

Mais de quoi l'officier est-il au juste accusé ? Nous ne le saurons pas : « On ne peut parler d'accusation que quand il y a des faits probants. Mais ici, il est question de mener une enquête qui déterminera s'il y a quoi que ce soit et à ce moment-là on pourra parler d'accusations », explique Léon Richard Kasonga, le porte-parole de l'armée.

En cas d'allégations ou d'attaques entamant la crédibilité de notre armée, il est automatiquement organisé une enquête de manière à assoir notre autorité, réaffirmer notre posture solide d'armée disciplinée. Donc une enquête interne est diligentée pour pouvoir voir ce qu'il se passe.

Léon Richard Kasonga, porte-parole de l'armée

Un homme sous sanctions depuis trois ans

Le motif de ses convocations reste encore confus. Certaines sources parlent d’un voyage non autorisé en Afrique du Sud pour acheter des moyens d’écoute. D’autres de violations des droits ou de malversations financières.

C’est le deuxième pilier du régime Kabila à devoir répondre de ses actes en quelques jours après l’ancien chef de l’agence nationale des renseignements Kalev Mutond. Le général Delphin Kahimbi est resté injoignable hier pour répondre aux questions de RFI.

Le général Kahimbi est sous sanctions européennes et américaines depuis 2016, il est soupçonné de violations des droits humains.

L’intérim au poste de responsable des renseignements militaires est confié au général Mandiangu, selon une source à la présidence.

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