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Démission de Ghassan Salamé, l'envoyé spécial de l'ONU en Libye

Ghassan Salamé, le 18 décembre 2018, à Tunis.
Ghassan Salamé, le 18 décembre 2018, à Tunis. FETHI BELAID / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

C'est sur son compte Twitter que l'émissaire spécial de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a annoncé, ce lundi 2 mars, sa démission. Il a évoqué des « raisons de santé » pour ce retrait, après plus de deux ans et demi à son poste.

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« Je dois reconnaître que ma santé ne me permet plus de subir autant de stress, j'ai donc demandé au secrétaire général (de l'ONU) de me libérer de mes fonctions », a écrit le diplomate franco-libanais.

Cette démission intervient après la conférence de presse qu'il avait donnée, samedi 29 février, à Genève, après l'échec du dialogue politique.

Dans cette conférence de presse, Ghassan Salamé est apparu plus que jamais en colère contre les Libyens qui, a-t-il dit, ne respectent pas leurs engagements de Berlin. Il a accusé les deux parties en conflit de répandre des mensonges concernant les pourparlers de Genève portant sur le choix des représentants censés prendre part à ce dialogue.

« Durant presque trois ans, j'ai tenté de rassembler les Libyens, de restreindre les interventions étrangères et de sauvegarder l'unité du pays », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Aujourd'hui, Ghassan Salamé, estimant avoir accompli une partie de la mission   - en l'occurrence le sommet de Berlin, la résolution 2 510 des Nations unies et le lancement des trois volets des pourparlers de paix de Genève - a déclaré vouloir exercer son droit de retrait, car « ma santé est éprouvée par le stress permanent », a-t-il expliqué.

Relations compliquées

Le tweet du désormais ex-envoyé spécial de l'ONU en Libye a pris l'ONU un peu de court à New York. Ghassan Salamé a en effet informé le secrétaire général de sa démission par e-mail, et Antonio Guterres a pris connaissance de la nouvelle quasiment en même temps que les « followers » de son envoyé spécial. Un petit détail qui veut dire beaucoup sur les circonstances du départ de Salamé, pointe notre correspodnante à New York, Carrie Nooten.

Missionné en 2017, le diplomate libanais a été très déçu de trois années d’efforts sans effets d’abord, avec l’annulation de la conférence annoncée en avril 2019, puis de l’après conférence de Berlin dès janvier dernier. Et en particulier du « cynisme » de la Russie notamment, membre du Conseil de sécurité qui, malgré avoir signé pour un cessez-le-feu, continue à livrer des armes au maréchal Haftar.

Même si l’ONU réaffirmait régulièrement sa pleine confiance en son envoyé spécial, le degré d’implication de l’Union africaine a pu aussi être une source de discorde croissante entre Antonio Guterres qui lui aurait demandé de se rapprocher de l’UA, alors qu’il restait méfiant.

Si on ne sait pas encore la date précise de la fin de ses fonctions, Ghassan Salamé devrait tout de même briefer le Conseil de sécurité sur la situation en Libye la semaine prochaine. Ghassan Salamé était le sixième envoyé spécial. Son départ risque de compliquer davantage le dossier libyen.

Ces deux derniers jours, Ghassan Salamé a essuyé de violentes critiques de plusieurs responsables libyens, chacun l'accusant de se ranger aux côtés des adversaires.


■ L’Afrique mobilisée sur le dossier libyen

Malgré cette démission, les autorités du Congo-Brazzaville sont en en plein préparatifs de la prochaine réunion diplomatique sur la Libye. Le président Denis Sassou-Nguesso est à la tête du comité de haut niveau de l’Union africaine sur ce dossier. Pour le préparer, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso était ce matin en Égypte pour rencontrer le président égyptien et le secrétaire général de la Ligue arabe.

Depuis la dernière conférence de Berlin, l’Afrique est mise devant ses responsabilités.

Jean-Claude Gakosso ministre congolais des Affaires étrangères

► À lire aussi: "Libye: l'émissaire de l'ONU dénonce des violations des accords de Berlin"

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