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Niger: en colère, les magistrats organisent une journée «Justice morte»

Le siège de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique à Niamey.
Le siège de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique à Niamey. ML/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Syndicat autonome des magistrats a appelé à une journée « Justice morte » au Niger, ce lundi 9 mars, pour protester contre l'immixtion du pouvoir exécutif dans les attributions du pouvoir judiciaire.

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Cette colère des magistrats nigériens fait suite au communiqué du gouvernement, diffusé fin février, après l'audit des dépenses militaires qui a révélé d'importants détournements. Le communiqué assure que seuls seront traduits en justice ceux qui ne rembourseraient pas ce qu'ils doivent.

Cette position du gouvernement est inacceptable pour le Syndicat autonome des magistrats du Niger (Saman), soutenu aujourd'hui par plusieurs autres syndicats. Une véritable fronde judiciaire s'organise dans le pays. Les magistrats ont déjà rallié à leur cause l'Association des jeunes avocats, le Syndicat des agents de justice et le barreau du Niger.

Dans une déclaration commune, rendue publique ce lundi 9 mars, les signataires demandent au gouvernement de transmettre, sans délai, aux autorités judiciaires, le rapport définitif de l'audit du ministère de la Défense nationale. « Ce n'est pas au gouvernement de faire le tri entre ceux qui doivent être envoyés devant la justice et les autres », explique le bâtonnier de l'ordre des avocats, Boubacar Oumarou, qui dénonce « l'immixtion du pouvoir exécutif dans les attributions du pouvoir judiciaire ». La déclaration « demande au gouvernement de transmettre sans délai aux autorités judiciaires compétentes le rapport définitif de l'audit du ministère de la Défense nationale. »

Grogne qui monte

Pour défendre les valeurs de la justice nigérienne, les signataires ont aussi décidé de créer un cadre de concertation des acteurs de la justice. À ce stade, il s'agit d'une union pour faire bloc et prendre une position de principe. « Si nous ne sommes pas entendus, si le gouvernement n'entend pas raison, nous continuerons le combat », assure le bâtonnier Boubacar Oumarou.

Cette famille judiciaire doit être unie et forte pour préserver la défense de la justice, premier socle de tout état de droit.

Boubacar Oumarou

Cette grogne monte depuis plusieurs jours. Elle a reçu, dans la journée de ce lundi 9 mars, le soutien « indéfectible » du Syndicat national des agents des douanes (SNAD) qui appelle les autres syndicats à soutenir les actions des magistrats « sans réserve » et « jusqu'à la victoire finale ».

Le sujet fait toujours débat dans l'opinion publique. Ceux qui sont venus soutenir leurs parents détenus sont rentrés sans pouvoir le faire, comme Assoumana Adamou : « C'est dommage parce que je suis venu ici, il y a un parent qui doit passer [en audience] aujourd'hui, mais tout est vide à cause de la grève, c'est dommage, ça va pas. »

Le chef du gouvernement a tout fait pour désamorcer cette journée mais les magistrats ne l'ont pas entendu de cette oreille.

Lire aussi : Niger: l'opposition dénonce la dilapidation des fonds de l'armée

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