Coronavirus: la Cnuced propose un plan de soutien de 2500 milliards de dollars pour le Sud

Une file d'attente de voitures au poste frontière de Maseru Bridge entre le Lesotho et l'Afrique du Sud, le 24 mars 2020, alors que les résidents cherchent à s'approvisionner en produits essentiels avant la fermeture des frontières.
Une file d'attente de voitures au poste frontière de Maseru Bridge entre le Lesotho et l'Afrique du Sud, le 24 mars 2020, alors que les résidents cherchent à s'approvisionner en produits essentiels avant la fermeture des frontières. Molise Molise / AFP

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres estimait, la semaine dernière, à environ 3 000 milliards de dollars, les besoins des pays du Sud pour affronter la pandémie. Les économistes de l'ONU et plus particulièrement de la Conférence pour le commerce et le développement (Cnuced) ont peaufiné les calculs.

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« Quoi qu'il coûte », c'est le titre en forme de clin d'oeil au président français du programme concocté par la Cnuced.

Les économistes de l'ONU estiment à 2 500 milliards de dollars, l'aide à verser aux pays en développement : 500 millards, sous forme de « plan Marshall » pour la santé, 1 000 milliards pour aider les États à surmonter les conséquences des confinements et de la chute des échanges mondiaux et 1 000 autres milliards pour qu'ils paient leurs dettes.

La Cnuced souhaite un moratoire sur le remboursement des dettes, voire un nouveau mécanisme d'annulation. C'est le point central de cette étude car la dette des pays pauvres les empêche de répondre à la pandémie.

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La Cnuced souligne que les efforts du FMI et de la Banque mondiale ne suffiront pas et que les pays riches doivent ouvrir le robinet du crédit, comme ils le font pour leurs économies.

Pour l'instant, l'idée d'un moratoire sur les dettes n'a pas encore entrainé de décision de la part des pays riches, mais la Cnuced se veut optimiste. Il y va de la croissance globale. Mieux vaut payer tout de suite que de devoir, dans un an, remettre sur pied des économies ruinées, ce qui serait plus coûteux encore, explique un économiste onusien.

Le plan, qui comporte trois volets, est détaillé par Nicolas Maystre, économiste à la Cnuced 

Ecoutez les explications de Nicolas Maystre de la Cnuced, au micro d'Olivier Rogez

« Il y a un premier volet qui porte à peu près à mille milliards de dollars pour la provision de liquidités pour permettre aux Etats de faire face aux importantes dépenses qu’ils vont devoir réaliser dans les semaines et les mois à venir.

Le deuxième volet porte, lui, sur peu près mille milliards de dollars. Cela représente en fait les dettes qui vont arriver à échéance pour un grand nombre de pays en développement. Et bien entendu un nombre important de pays, notamment le pays les moins avancés, ne seront pas en mesure de rembourser ces dettes-là.

 

Donc on demande dans un premier temps un moratoire sur ces dettes, mais qui par la suite, aussi, devrait être accompagné d’une annulation, en tout cas partielle, de ces dernières.

 

Et puis, finalement, le dernier volet de ce package, c’est à peu près 500 milliards de dollars. Cela fait référence à ce qu’on a appelé un plan Marshall pour la santé. Cela comprend, bien entendu, la provision de matériel médical, mais aussi il faut s’assurer que les salaires soient payés, notamment pour le personnel soignant, et la mise en place d’infrastructures pour faire face aux besoins importants dans les semaines et les mois à venir ».

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