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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie le vendredi 10 avril

Un barrage policier restreint l'accès au quartier de La Gombe à Kinshasa qui a été mis sous confinement par le gouvernement.
Un barrage policier restreint l'accès au quartier de La Gombe à Kinshasa qui a été mis sous confinement par le gouvernement. Bienvenu-Marie Bakumanya / AFP
Texte par : RFI Suivre
19 mn

L’Afrique comptait ce vendredi 10 avril 12 492 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 649 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. Les trois pays les plus touchés restent l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Egypte.

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  • Au Mali, IBK annonce des mesures sociales et le maintien du second tour des législatives

Lors d'une intervention radiotélévisée vendredi,  le président Ibrahim Boubacar Kéita  a annoncé d'importantes mesures sociales pour permettre aux populations de faire face à la situation. Ces mesures vont coûter 500 milliards de francs CFA au budget national. 100 milliards de francs CFA seront mobilisés pour les familles les plus vulnérables. Il y aura également gratuité de l'électricité et de l'eau pour une catégorie de la population. 

Lui-même et les membres du gouvernement renonceront à leur salaire pendant 1 à 3 mois selon les cas. Il a par ailleurs invité au port du masque de protection. 20 millions de masques ont été commandés par l'Etat a t-il précisé. Mais dans son allocution, le président malien a aussi indiqué que le 19 avril, le second tour des législatives se tiendra comme prévu.

  • Le Gabon place Libreville en confinement total

Le Premier ministre Julien Nkoghé Békalé a annoncé vendredi à la mi-journée le confinement total de Libreville et ses environs durant 15 jours renouvelables à partir de ce dimanche minuit. « Restez-chez vous », a lancé le Premier ministre à la population de la capitale gabonaise. Pris de panique, les Librevillois se sont rendus massivement dans les supermarchés et les marchés pour faire le plein des provisions. 

Des policiers ont été dépêchés pour faire respecter la distanciation, ce qui a occasionné de très longues files d’attente. Tourmentés, les Gabonais donnaient l’impression de dépenser sans compter. Les caddies étaient surchargés de charcuterie, de viande et volaille surgelées, de lait et de conserves, raconte notre correspondant Yves-Laurent Goma.

Le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, a précisé que, durant le confinement, personne ne pourra aller d’un arrondissement à un autre. Les marchés ouvriront 3 fois par semaine pour vendre uniquement des produits alimentaires. Chacun devra justifier son déplacement aux policiers, gendarmes et mêmes militaires qui seront autorisés à ériger des barrages nuit et jour.

  • Le port du masque obligatoire en RDC

Dès lundi 13 avril, le port du masque sera obligatoire en République démocratique du Congo à Bukavu et dans tout le Sud-Kivu, annonce Denis Mukwege qui coordonne la réponse au coronavirus dans la région.

La RDC va devoir continuer à combattre une autre maladie sur son territoire puisqu'un nouveau cas d'Ebola a été déclaré à Béni. Il s’agit d’un homme de 26 ans, d’après l’équipe de riposte contre la maladie. C’est un cas de décès communautaire, c’est-à-dire que le patient est mort dans la communauté. La fin de l'épidémie devant pourtant être officiellement déclarée trois jours plus tard.

A lire aussi : L’état du monde face à la pandémie de coronavirus le vendredi 10 avril

  • Mesures sociales au Congo-Brazzaville

La Coordination nationale de gestion de la pandémie du Covid-19 s’est réunie vendredi pour la première fois sous la houlette du président Denis Sassou Nguesso. Elle a décidé de la gratuité de l’eau et de l’électricité pour tous les ménages durant toute la période du confinement et d’allouer 4 milliards de francs CFA aux ménages pauvres.

Le Congo-Brazzaville a déjà enregistré 60 cas positifs du COVID-19 dont cinq décès. Par ailleurs, une plateforme d’organisations non gouvernementales appelle les autorités a libéré des prisonniers. Ces organisations estiment qu’un tel geste éviterait au pays une hécatombe dans les établissements carcéraux.

Nous demandons aux autorités congolaises de libérer tous les détenus en situation de détention préventive abusive dont les peines encourues sont égales ou inférieures à deux ans...

Des organisations demandent la libération des prisonniers congolais en raison du Covid-19

  • Sous le feu des bombes, un hôpital ferme en Libye

Un des principaux hôpitaux de la capitale Tripoli a dû fermer, selon le gouvernement de transition soutenu par les Nations unies. Les autorités sanitaires expliquent que l’hôpital El Khadra a été à nouveau la cible de bombardements jeudi 9 avril. C’est la troisième attaque de ce type en quelques jours.

Cette semaine, le coordonateur humanitaire de l’ONU, Yacoub El Hillo, a qualifié ces bombardements de « violation manifeste du droit international humanitaire ». Il a appelé les belligérants à cesser les combats et à se concentrer sur la lutte contre le virus.

  • Le FMI approuve un prêt d'urgence à la Tunisie

Le Fonds monétaire international a donné son feu vert vendredi à un prêt d'urgence de 745 millions de dollars à la Tunisie, qui risque de connaître la pire récession depuis son indépendance à cause de la pandémie de coronavirus. « L'économie de la Tunisie devrait se contracter de 4,3 % en 2020 à cause du Covid-19, ce qui serait la pire récession depuis l'indépendance du pays en 1956 », souligne l'institution dans son communiqué.

  • Confinement prolongé en Afrique du Sud

Ce jeudi soir, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé la prolongation de deux semaines, jusqu’à fin avril, des mesures de confinement dans le pays.

Pendant les deux semaines précédant le confinement, l'augmentation quotidienne du nombre de nouveaux cas de Covid-19 était d'environ 42 %, a souligné le président lors d’une intervention télévisée. Mais depuis le début du confinement, le 27 mars, elle est d'environ 4 % par jour, a-t-il ajouté. « Si nous mettons fin au confinement trop tôt (...), nous risquons une résurgence massive et incontrôlable de la maladie » a-t-il mis en garde. L’Afrique du Sud a dépassé les 2 000 personnes officiellement infectées par le coronavirus (2 003 malades exactement).

De nouvelles mesures pour soutenir l’économie seront prises, promet Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain a annoncé que lui et tous les membres du gouvernement allaient participer à l’effort national en réduisant d’un tiers leur salaire.

Par ailleurs depuis le début du confinement, le nombre de violences faites aux femmes est en forte augmentation dans le pays, comme dans beaucoup d’autres en Afrique. Le gouvernement a adopté une série de mesures, comme la mise en place d’une permanence téléphonique. Mais les associations de défense des droits des femmes s’inquiètent de la situation dans les foyers, où de nombreuses victimes sont enfermées avec leurs bourreaux.

  • Le Ghana prolonge également le confinement

Le président Nana Akufo-Addo a déclaré jeudi soir lors d’une allocution télévisée que le confinement à Accra et dans la région de Kumasi est prolongé d’une semaine à partir de lundi. « Il est important que nous maintenions le cap et que nous supportions les difficultés qui en découlent », a déclaré le chef de l'Etat. Le Ghana a déclaré à ce jour 313 cas de coronavirus.

  • Le week-end pascal perturbé par le coronavirus

Placé en état d’urgence sanitaire depuis trois mois, les lieux de cultes sont fermés au public au Togo. Les programmes des festivités pascales sont donc bouleversés et Lomé, la capitale, et Sokodé sont astreintes à un couvre-feu de 20h à 6h et pendant période de festivités pascales.

Mais cela n’empêche pas les chrétiens de célébrer Pâques, dans la sobriété et à travers les médias et les réseaux sociaux. L’archevêque de Lomé, Mgr. Nicodème Yves Barrigah, a également proposé aux prêtres : « Le jour de Pâques, si vous le voulez, vous pouvez recueillir le nom de quelques uns de vos fidèles, ceux qui le voudront, et collez ces noms sur les bancs de vos églises pour matérialiser ainsi leur présence ».

  • L’UA condamne à son tour les propos de deux chercheurs français

Dans une déclaration, le directeur du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine, le Dr. John Nkengasong, « condamne fermement les propos dégoûtants des professeurs Jean-Paul Mira et Camille Lotch à la télévision française sur l'utilisation des Africains comme cobayes pour tester un vaccin contre la tuberculose dans des essais cliniques pour voir s'il protège contre le Covid-19. Ces propos racistes et condescendants doivent être condamnés par tous les êtres humains décents. En effet, Covid-19 est une crise humanitaire mondiale qui nécessite des actions mondiales et une solidarité mondiale ».

  • Polémique autour d’un éventuel prolongement du mandat de Touadera en raison du coronavirus

Plusieurs députés estiment qu’il faut se préparer à un possible report de l’élection présidentielle prévue le 27 décembre en République centrafricaine. Mathurin Dimbélé, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, explique qu’une proposition de loi est en préparation pour prolonger de six mois le mandat présidentiel, ainsi que ceux des députés et de toutes les autres institutions. L’opposition s’inquiète d’une possible instabilité dans le pays.

  • Négociations encore reportées au Soudan

Les négociateurs des groupes armés soudanais et du gouvernement de transition de Khartoum réunis à Juba, au Soudan du Sud, se donnent plus de temps pour aboutir à un accord. Démarrés en octobre et initialement prévus pour se conclure au mois de décembre, les pourparlers de paix doivent désormais être conclus le 9 mai. La date-butoir de ces pourparlers a plusieurs fois été allongée. Désormais, ce sont les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 qui retardent les discussions.

  • En pleine pandémie, l’invasion de criquets continue en Afrique de l’Est

Les pays de la Corne de l’Afrique font face à la plus importante invasion de criquets pèlerins depuis des décennies et la situation est préoccupante, selon la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation. Dans les 6 pays les plus touchés, près de 20 millions de personnes font déjà face à une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Et dans les mois qui viennent, estime l’organisation onusienne, de nouveaux essaims devraient se déplacer du Kenya vers le Soudan du Sud et l’Ouganda. 

Malgré les restrictions sur les mouvements de personnel dues à l’épidémie de Covid-19, la FAO assure intensifier ses efforts de surveillance et ses opérations aériennes et terrestres de pulvérisation pour tenter de contenir leur recrudescence. 240 000 hectares à travers la région ont ainsi été traités et 740 personnes ont été formées pour mener ces opérations de lutte contre la propagation mais la baisse drastique du fret aérien impacte fortement la fourniture de pesticides.

« Notre priorité absolue est d'empêcher une rupture des stocks de pesticides dans chaque pays », explique Cyril Ferrand, responsable de l’unité résilience en Afrique de l’Est de la FAO. « Ce serait dramatique pour les populations rurales dont les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire dépendent du succès de notre campagne de lutte ». En effet, un essaim de 1 km² est capable d’engloutir la ration journalière de 35 000 personnes. 

  • En Afrique subsaharienne, la pandémie complique l'aide humanitaire

En Afrique subsaharienne où, selon l'ONU, 76 millions de personnes ont besoin de l'aide des organisations humanitaires pour vivre, la pandémie de nouveau coronavirus complique encore le travail des ONG qui soutiennent des populations déjà très vulnérables.

Au Cameroun, c'est une campagne de vaccination contre la polio qui est « suspendue ». Au Tchad, celle contre la rougeole qui est « reportée ». Au Niger et au Burkina Faso, en proie aux attaques de groupes jihadistes, les vols transportant les humanitaires sont suspendus. En Centrafrique, le chlore, nécessaire pour fournir de l'eau potable aux déplacés, vient à manquer. La fermeture des frontières et les restrictions de déplacement à l'intérieur des pays sont un obstacle supplémentaire au travail des humanitaires.

Partout, les ONG tentent de négocier avec les autorités des « corridors humanitaires » et des exemptions pour leur personnel, mais l'une des craintes des gouvernements africains comme des ONG, dont une partie des travailleurs voyage jusque dans les zones les plus reculées, c'est que les humanitaires ne propagent le virus. Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, estime pourtant que les besoins humanitaires sont immenses : « une crise alimentaire pourrait s’ajouter à la récession en Afrique », a-t-il déclaré dans un entretien à RFI.

  • La réponse s’organise à Djibouti, au Bénin et au Nigeria

Touché par le Covid-19 depuis 3 semaines, Djibouti a fermé ses frontières, la population est confinée, le chef de l’Etat et plusieurs hauts fonctionnaires ont donné une partie de leurs salaires. Les centres hospitaliers d’Arta, Bouffard et Al Rahma prennent en charge les cas positifs et les gens sous surveillance. En trois semaines, Djibouti a enregistré plus de 140 cas. Un chiffre élevé par rapport aux autres pays de la région, pourtant plus peuplés. Mais le président de l'Assemblée Nationale, Mohamed Ali Houmed reste pourtant serein.

Nous avons pris des mesures, d'abord en fermant des vols. Nous avons mis en place un système de dépistage, l'Etat a mis tous ses moyens, avec un fonds de solidarité...

Mohamed Ali Houmed, président de l’Assemblée Nationale

L’Etat de Lagos au Nigeria lance une campagne de tests diagnostiques de porte à porte. « Les travailleurs de santé poseront des questions sur d’éventuels symptômes de toux, rhume et fièvre », a expliqué le professeur Akin Abayomi dans un tweet du gouvernement de l’Etat de Lagos.

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