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RDC: un nouveau cas d'Ebola à Beni fait craindre une reprise de l'épidémie

Du personnel soignant attend pour faire désinfecter son matériel de lutte contre le virus Ebola à Beni en octobre 2019 (image d'illustration).
Du personnel soignant attend pour faire désinfecter son matériel de lutte contre le virus Ebola à Beni en octobre 2019 (image d'illustration). REUTERS/Zohra Bensemra
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La fin de l’épidémie d'Ebola ne sera pas déclarée ce lundi 13 avril. Après 52 jours sans nouveau cas, le pays a annoncé ce vendredi qu’une personne est décédée à Beni des suites d’Ebola. Peu d’informations ont été données sur ce nouveau cas à ce stade.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

La nouvelle a fait l'effet d’une bombe. C’est au cours de la réunion du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international sur le virus Ebola que l’information a été donnée par docteur Eteni Longondo, ministre congolais de la Santé.

La réunion avait pour but d’évaluer l’ampleur de la situation et de déterminer si l'épidémie constituait toujours une urgence de santé publique de portée internationale.

Certains parmi les participants à cette réunion, dont les équipes du ministère de la Santé, de l’OMS et d’autres agences de l’ONU, préparaient déjà leur communication de fin d’épidémie. Certaines structures avaient même publié des communiqués bilan ce vendredi sans parler de ce nouveau cas.

Un homme de 26 ans retrouvé mort chez lui

La communication à ce stade du secrétariat technique de la riposte contre Ebola est très sommaire. Le communiqué lapidaire publié en milieu d’après-midi parle d’un homme de 26 ans habitant le territoire de Beni, sans plus de précision. Selon les informations recueillies par RFI, l’un des points considérés inquiétants en terme de suivi, c’est qu’on a découvert qu’il était atteint d’Ebola après sa mort. 

« C’est un coup dur pour tout le monde parce qu’on était resté 52 jours sans cas, souligne Abdou Dieng, chef de bureau des Nations unies pour la réponse d'urgence à l'épidémie d'Ebola (Uneero). Et ce cas nous tombe dessus. La première chose est d’essayer de comprendre pourquoi un tel cas nous arrive en ce moment alors que pour nous, toutes les chaînes de transmission étaient coupées. Cela va demander un travail d’investigation assez profond. Et nous pensons que d’ici lundi ou mardi, on va comprendre ce qui se passe. »

D’après plusieurs sources, l’homme vivait à Butanuka, un quartier situé à peu près deux kilomètres du centre-ville de Beni. Son cas est particulier parce qu’il n’était pas listé comme un contact connu ou encore comme un survivant d’Ebola. D’après les sources de la division provinciale de la santé, cet électricien ambulant avait présenté des symptômes depuis le 27 mars. 

Après une semaine d’automédication, il s’était rendu dans un dispensaire qu’il aurait fréquenté pendant au moins trois jours. D’autres sources renseignent qu’il a également consulté un tradi-praticien. Suite à l’aggravation de son état, il a même reçu une perfusion à domicile avant d’être transféré dans une autre structure médicale où il est décédé le 9 avril vers 4 heures du matin.

Retracer la chaîne

Eu égard à l’historique de ce cas, la chaîne de contamination pourrait être importante, redoutent les professionnels de santé. À la suite de la réunion de crise ce vendredi, des dispositions ont été prises pour lister toutes les personnes qui étaient en contact avec ce cas. Des séances de vaccinations devraient commencer dès ce samedi. Une mesure de confinement est même envisagée. 

Mais à ce stade, beaucoup de questions sont sans encore sans réponse. S’agit-il d’un cas importé ? Existe t-il une relation épidémiologique avec un ancien patient ? Est-on face à une nouvelle épidémie ? Le ministre de la Santé annonce que les équipes qui étaient déjà désengagées de cette zone vont rapidement revenir pour éviter un nouveau drame.

La société civile appelle à la plus grande prudence

La société civile de Beni s'alarme après l'annonce, vendredi, de ce nouveau cas d'Ebola, à deux jours de l'expiration du délai à l'issue duquel la fin de l'épidémie aurait pu être déclarée en République démocratique du Congo (RDC). Face aux doutes que certains expriment mais aussi pour couper court aux rumeurs, elle appelle à une nouvelle expertise. En attendant, elle demande à chacun la plus grande prudence pour éviter une nouvelle vague de contaminations.

Pour éviter la contamination en masse des cas d’Ebola dans la ville de Beni, la société civile exhorte à toute personne contact de ce décès, de se faire identifier le plus tôt possible à l’équipe de la riposte pour un suivi médical, en attendant les résultats de l’expertise.

Kizito Bin Hangi

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