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Coronavirus: les Malgaches peinent à respecter le port du masque obligatoire

Les autorités malgaches ont décidé de rendre obligatoire le port du masque pour les habitants de la capitale Antananarivo et des villes en confinement partiel touchées par le Covid-19.
Les autorités malgaches ont décidé de rendre obligatoire le port du masque pour les habitants de la capitale Antananarivo et des villes en confinement partiel touchées par le Covid-19. RFI/Laetitia BEZAIN

À Madagascar, le port du masque est obligatoire dans les villes touchées par le coronavirus. Une mesure annoncée déjà dimanche dernier par le président de la République, Andry Rajoelina. Vendredi, c’est la préfecture de la capitale Antananarivo qui a sorti un arrêté pour rendre le port de masque obligatoire sous peine de sanctions. La ville est en confinement partiel.

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De notre correspondante à Antananarivo,

Dans le centre de la capitale, ils sont nombreux à marcher sans masque. A ceux qui tentent de s’en procurer dans les pharmacies des alentours, la réponse est la même. Christophe est agent de comptoir dans l’une d’elles. « Les masques ne sont plus disponibles dans les pharmacies. Cela fait un mois qu’il n’y plus d’arrivage chez nous. Il y a des masques chez certains grossistes mais le prix a augmenté. »

« Rien à manger… »

C’est donc le système D pour certains avec des masques en tissu dont l’efficacité interroge. Saholy 60 ans en porte un rouge et blanc en coton très fin.  « J’en ai plusieurs comme ça mais je ne sais pas s’ils suivent les normes parce que ce sont mes enfants qui les ont cousus. Je pense que ça protège quand même des postillons. Vous voyez, ça cache mon nez et ma bouche donc ça doit fonctionner. »

Pour Sabrina 17 ans, au chômage, comme de nombreux Malgaches en ce moment, la question ne se pose même pas. « J’ai bien entendu que c’est obligatoire de porter un masque, mais je n’ai déjà rien à manger donc je ne vais pas acheter ou fabriquer ça. »

A quelques mètres Cédric lui aussi n’en porte pas. « Il n’y a plus de masque nulle part. Ceux que l’on trouve en tissu ne suivent pas les normes et donc ne sont pas efficaces. Si on m’arrête, c’est ça que j’expliquerais mais même la police n’en porte pas. »

5 millions de masques commandés

En face, certains policiers censés faire respecter cette mesure ont en effet le visage découvert et laissent d’ailleurs les habitants sans masque poursuivre leur chemin. Contacté, le préfet d’Antananarivo le général Angelo Ravelonarivo indique que « ces trois premiers jours sont plutôt dédiés à de la prévention envers la population. Ensuite les personnes sans masque seront interpellées et retenues sur place pendant 30 minutes à titre de sanction. Ceux qui n’en ont pas peuvent mettre une écharpe ou un tissu sur leur visage. C’est mieux que de ne rien avoir du tout », précise t-il.

La semaine dernière, la présidence a annoncé qu’elle a commandé cinq millions de masques en tissu auprès d'entreprises basées sur la Grande Ile. Des masques qui suivent le protocole du CHU de Grenoble a-t-elle précisé. Ils seront distribués gratuitement à la population mais en priorité à ceux qui exercent des métiers à risque, comme les forces de l'ordre, les commerçants ou encore les agents communautaires.

 

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