Accéder au contenu principal

Coronavirus: les mesures strictes adoptées par l'Afrique du Sud

Une vue de Pretoria en Afrique du Sud (image d'illustration).
Une vue de Pretoria en Afrique du Sud (image d'illustration). Getty Images/ Richard I'Anson
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’Afrique du Sud est toujours le pays le plus touché de la région par le coronavirus, avec 2 173 personnes infectées et 25 morts pour l’heure. Après deux semaines et demie de confinement, les mesures adoptées sont strictes. 

Publicité

Le rythme de progression du virus a diminué, assure le ministre de la Santé, Zweli Mhkize. La quarantaine imposée dans le pays est, en effet, très stricte : interdiction de sortir son chien, de pratiquer une activité sportive, interdiction également d’acheter de l’alcool et des cigarettes. Cette dernière mesure crée beaucoup de frustrations chez les Sud-Africains et les commerçants. Cependant, les autorités persistent en expliquant que la prohibition est nécessaire au bon déroulement du confinement.

Certains Sud-Africains avaient fait le plein de réserves d’alcool, avant le confinement. D’autres en manquent déjà et s’impatientent. Mais pour Bheki Cele, ministre de la Police, en faveur de la prohibition, c’est la politique de la tolérance zéro.

« Grâce au fait que les individus n’ont plus le droit d’aller boire dans les tavernes de façon incontrôlable, les chiffres de la criminalité ont diminué. Nous devons donc chérir cette époque. Les habitants pillent plus les magasins d’alcool que les épiceries qui vendent de la nourriture », souligne-t-il.

Dans la province du Cap, déjà 16 magasins vendant de l’alcool ont été dévalisés, un argument dont se saisissent les industriels du secteur pour qui, il est en fait plus irresponsable d’interdire l’alcool.

Des policiers impliqués

« Les Sud-Africains sont frustrés. Il y a des pillages à cause de la prohibition. Maintenant, le marché noir prend le relai. Certains brassent leurs propres boissons chez eux, d’autres font du trafic illégal d’alcool. C’est très dangereux », souligne pour sa part Patricia Pillay, conseillère légale de l’Association des vendeurs de bières sud-africaine. C’est aussi ce qu’indiquent les recherches Google en Afrique du Sud : celles pour connaître les techniques de distilleries ont augmenté de 500% depuis une semaine.

Sur les réseaux sociaux, les petites annonces se succèdent depuis quelques jours, où les trafiquants d’alcool vendent des bouteilles parfois trois ou quatre fois le prix initial et en assurant la livraison. Pareil pour les cigarettes. 

Deux policiers ont été arrêtés alors qu’ils allaient revendre des bouteilles sous le manteau. Deux autres alors qu’ils escortaient secrètement une livraison d’alcool à usage personnel. Des officiers pris en flagrant délit donc, c’est une ombre sur le tableau de Bheki Cele, l’intransigeant ministre de la Police, en croisade pour une prohibition complète de l’alcool dans le pays. Selon lui, sa politique de tolérance zéro a permis de diminuer par quatre la criminalité dans le pays.

Les industriels menacent le gouvernement de poursuites judiciaires si la vente d’alcool n’est pas réintroduite. En réalité, ils ont peur des discours du ministre de la Police qui font comprendre qu’une prohibition serait considérée, même après la sortie du confinement.

À lire aussi : Coronavirus: l'Afrique du Sud met en place des vans mobiles pour étendre le dépistage

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.