Accéder au contenu principal

Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie lundi 13 avril

Au Sénégal, des sacs de riz chargés sur des camions dans le port de Dakar sont prêts à être distribués aux populations les plus vulnérables du pays, en pleine crise du Covid-19. Dakar, le 11 avril 2020.
Au Sénégal, des sacs de riz chargés sur des camions dans le port de Dakar sont prêts à être distribués aux populations les plus vulnérables du pays, en pleine crise du Covid-19. Dakar, le 11 avril 2020. REUTERS/Christophe Van Der Perre
Texte par : RFI Suivre
20 mn

L’Afrique comptait, ce lundi 13 avril, 14 525 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 788 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. Quatre pays ont dépassé la barre des 1 000 cas : l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte et le Maroc.

Publicité

• Guérisons

L’Afrique a dépassé les 14 500 cas officiellement recensés de coronavirus ce lundi et les 780 morts du Covid-19. Cependant, un chiffre compte aussi, celui du nombre de personnes guéries. À ce jour, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine, 2 570 personnes ont été déclarées guéries de la maladie sur le continent.

• Le Congo ouvre un centre pour les patients asymptomatiques

Le ministère de la Santé du Congo annonce que dès ce lundi, l’hôtel de la Concorde de Kintélé, qui était un site de mise en quarantaine, accueille désormais les malades du Covid-19 qui sont asymptomatiques ou peu symptomatiques. L’hôtel dispose d’une capacité de 200 lits. L’objectif est d’isoler les porteurs sains, c’est-à-dire les personnes qui sont porteuses du virus sans manifestation de symptômes, pour éviter qu’ils ne contaminent leur entourage, mais aussi de mieux surveiller les malades qui sont faiblement atteints en cas d’aggravation de leur condition.

Par ailleurs, l’épidémie au Congo-Brazzaville ne touche pas encore le milieu autochtone. Mais les défenseurs des droits de cette minorité souhaitent qu’une campagne spécifique soit menée à son endroit et qu’elle soit associée dans la recherche des solutions, car la forêt qu’elle habite est pleine d’essences médicinales.

Je pense que nous devons les associer, tout comme d’autres sachants dans cette lutte que nous sommes en train de mener contre le Covid-19. Les Akas ont une pharmacopée riche. N’hésitons pas d’aller les solliciter

Sorel Eta, chercheur ethnologue côtoyant depuis un quart de siècle les autochtones Akas de la Likouala (Nord-Congo), se dit inquiet pour cette minorité

• Afrique du Sud : un ralentissement de l'épidémie

Le coronavirus touche lourdement l'Afrique du Sud, qui reste le pays le plus atteint du continent. Les chiffres officiels font état à ce jour de 2 173 cas et 25 décès. Mais après deux semaines et demie de confinement, la progression du virus ralentit, à en croire le ministère de la Santé. Il faut dire que les mesures sont drastiques : interdiction de faire du sport en extérieur, ou de sortir son chien par exemple. Et une autre interdiction pose plus de problème, en revanche : l'interdiction d'acheter des cigarettes et de l'alcool.

► À lire ici : Coronavirus: les mesures strictes adoptées par l'Afrique du Sud

• Kenya: des barrages filtrants

Afin de limiter la propagation de l’épidémie, depuis une semaine la zone métropolitaine de Nairobi, qui enregistre le plus grand nombre de cas, subit un confinement partiel. Des barrages ont été installés tout autour de la capitale. Seuls les marchandises et services essentiels peuvent traverser. Sauf que le dispositif n’est pas efficace à 100%. Reportage.

Barrages autour de Nairobi

Pour limiter la propagation de l'épidémie, des barrages filtrants ont été installés autour de Nairobi.
Pour limiter la propagation de l'épidémie, des barrages filtrants ont été installés autour de Nairobi. RFI/Sébastien Németh

• Des ambassadeurs de l’UA au chevet de l’Afrique

Trois hommes et une femme, déjà surnommés les « quatre fantastiques », ont été désignés envoyés spéciaux chargés de mobiliser la communauté internationale pour aider l’Afrique à surmonter les effets de la pandémie. Quatre spécialistes des questions financières et d'aide publique, rompus aux arcanes des institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, nommés par Cyril Ramaphosa, le président sud-africain également président en exercice de l’Union africaine. Qui sont ces envoyés spéciaux et quels seront leur rôle ? Toutes les précisions à lire ici.

À lire ici : L’UA nomme 4 envoyés spéciaux pour mobiliser des fonds contre le Covid-19

• Mesures de circulation allégées au Mozambique

Les autorités ont annoncé que le port du masque était désormais obligatoire dans le pays et suite aux protestations du secteur des transports, le gouvernement a également décidé en fin de semaine dernière la levée de l’interdiction de circulations des vélos et motos-taxis à condition que le port du masque de protection couvrant le nez et la bouche soit respecté. Le FMI et la Banque mondiale devraient fournir près de 288 millions de dollars pour soutenir le pays dans sa lutte contre la maladie. À ce jour, le Mozambique compte 21 cas confirmés de coronavirus.

• 250 médecins cubains en Angola

Plus de 250 médecins cubains sont arrivés vendredi à Luanda pour aider les autorités angolaises à combattre l'épidémie de nouveau coronavirus. À leur descente d'un avion affrété par la compagnie nationale TAAG Angolan Airlines, les médecins cubains ont été accueillis par les autorités angolaises et l'ambassadrice de Cuba en Angola. Les médecins cubains seront répartis sur l'ensemble du territoire angolais. À ce jour, l'Angola, pays aux services publics de santé en piteux état, a enregistré 19 cas confirmés de Covid-19, dont deux décès. Pour lutter contre le virus, le président angolais João Lourenço a décrété l'état d'urgence jusqu'au 25 avril, qui limite considérablement les déplacements, les réunions et les activités publiques.

• Le Nigeria prolonge le confinement

Le président Muhammad Buhari prolonge le confinement de deux semaines dans les États de Lagos et d'Ogun, ainsi que dans la capitale Abuja. Le chef d'État nigérian s'est adressé ce lundi soir à la nation dans une allocution à la télévision et à la radio. Il s'est dit conscient de l'impact de sa décision sur les populations les plus pauvres. Mais il a insisté sur la nécessité de cette mesure pour limiter la propagation du Covid-19 dans le pays.

• Le port du masque est obligatoire à Abidjan

La capitale économique de Côte d’Ivoire est le principal foyer d’infection au Covid-19 dans le pays et reste confinée avec un couvre-feu entre 21h et 5h. Désormais, le port du masque y est également obligatoire. Selon un dernier bilan, 574 personnes ont été diagnostiquées positives au virus, 85 en sont guéries et cinq personnes sont mortes.

• Le nombre de malades explose à Djibouti

Avec 83 nouveaux cas en 24 heures, le pays compte désormais 298 personnes atteintes du coronavirus. Un chiffre plus élevé que les autres pays de la région. Néanmoins, les autorités affirment pratiquer plus de tests que dans les pays voisins. Le gouvernement explique que Djibouti est dans une phase active de l’épidémie, et recherche les personnes ayant été en contact avec des malades de l’hôpital Al Rahma, nouveau foyer d’infection découvert il y a quelques jours.

Nouvelles restrictions au Soudan

Fayçal Saleh, le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, annonce dans un communiqué « un couvre-feu total dans l'État de Khartoum qui débutera samedi 18 avril pour trois semaines ».

Il ajoute que les commerces alimentaires et les pharmacies pourraient en revanche ouvrir quelques heures par jour. Les Soudanais pourront toujours circuler à des heures précises pour l'achat de produits alimentaires.

Le ministère de la Santé a annoncé, lundi, dix nouveau cas de maladie Covid-19, soit la plus importante progression à ce jour, ce qui porte le total des personnes infectées à 29.  La dernière hausse représente « le début d'un glissement vers une propagation plus importante de la maladie », selon le ministère.

4 300 interpellations au Maroc en deux jours

Sur ces 4 300 personnes arrêtées ces deux derniers jours, plus de la moitié ont été placées en garde à vue pour non-respect des mesures imposées contre la propagation du coronavirus.

Depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire mi-mars, les autorités ont interpellé 28 701 personnes dans le royaume dont près de 15 500 ont été déférées en justice, selon un communiqué de la Sûreté nationale (DGSN).
Les contrevenants risquent jusqu’à trois mois de prison et des amendes allant jusqu’à 1 300 dirhams (environ 124 €). Le respect du confinement est particulièrement difficile dans les quartiers pauvres des grandes villes où la population manque de ressources.

À lire aussi : Au Maroc, en pleine pandémie, la solidarité envers les plus démunis s’organise

• Le président du Sénégal salue l’appel du pape à annuler la dette des pays pauvres

Lors de sa bénédiction pascale, le pape François a appelé à réduire ou annuler la dette des pays les plus pauvres alors que le monde traverse une crise économique due à la pandémie de coronavirus. Ce lundi, le président sénégalais Macky Sall salue la position du souverain pontife.

L’État sénégalais cherche à soutenir le secteur privé et maintenir les emplois. Il est notamment prévu l’interdiction des licenciements durant la pandémie (sauf en cas de faute lourde). En outre, si le chômage technique ne peut être évité, l’employeur est tenu de verser au salarié au moins 70% de son salaire net. Des mesures qui rassurent les syndicats. Mais du côté des employeurs, leur application pose question.

Pour les employeurs, des « mesures d’accompagnement » sont annoncées, notamment des remises et suspensions d’impôts. Mais pour Charles Faye, président de la commission sociale du Conseil national du patronat, les entreprises ne pourront pas faire face au paiement de 70% du salaire en cas de chômage technique.

70%, ce n'est pas à la portée de toutes les entreprises. Si cette somme était confinée à hauteur de 50%, cela aurait pu être beaucoup plus supportable par les entreprises. En réalité, il s'agit d'arrêt tout simple des activités. Ca veut dire qu'il n'y a pas de rentrée d'argent, qu'il n'y a pas de revenu. Or, ce sont ces recettes qui aident à payer les salaires. on vous dit qu'on vous accompagne, mais comment ? Les mesures fiscales ne sont pas des annulations mais des reports.

Interdiction de licenciement et chômage technique à 70% du salaire

• Burkina Faso : du gel à prix social

La ruée vers les solutions hydroalcooliques a entraîné une pénurie et une flambée des prix sur les marchés. Les coûts sont passés du simple au triple. Plusieurs initiatives se sont alors créées pour empêcher la propagation du Covid-19. Au nombre de ces initiatives, celle de l’institut Horlina de cosmétique et de soins de beauté. La responsable a dû tout laisser pour se consacrer à la production et à la distribution de solutions hydroalcooliques. Après avoir obtenu le quitus du laboratoire national de santé publique, les produits ont été acheminés dans les centres de santé et mis à la disposition des populations.

Du gel pour tous

  • Masques obligatoires au Tchad

Le gouvernement tchadien annonce un renforcement des mesures pour lutter contre le Covid-19, alors que le pays vient d’enregistrer cinq nouveaux cas supplémentaires. Ce lundi, Ndjamena a notamment annoncé que le port de masque, ou d’alternatif tel que le turban ou le voile, sera désormais obligatoire, sous peine de sanction. Seront également sanctionnées toutes les personnes qui ne respecteront pas les mesures en place, comme l’interdiction de rassemblement, notamment pour des mariages ou des enterrements, a mis en garde le ministre secrétaire général de la présidence, Kalzeubé Pahimi dans un communiqué. Le pays a pour l’instant enregistré 23 cas de coronavirus.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.