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RDC: dans l'affaire Vital Kamerhe, pour l'accusation les indices de culpabilité sont là

(illustration) Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président de la RD Congo, Félix Tshisekedi.
(illustration) Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président de la RD Congo, Félix Tshisekedi. RFI/Sonia Rolley
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En République démocratique du Congo, Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, restera en prison, c’est le tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Matete qui en a décidé ainsi en réponse à l’appel de la défense de Vital Kamerhe protestant contre la mise en détention préventive de leur client. L’accusation cherche à obtenir la documentation officielle pour étayer ses charges. Retour sur les derniers éléments dans ce dossier.

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avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Le chef de cabinet soupçonné de détournements des fonds alloués au programme d’urgence du président Félix Tshisekedi restera encore pendant au moins 10 jours entre quatre murs pendant que l’accusation cherche à obtenir la documentation officielle pour étayer ses charges.

Que ce soit pour l’accusation ou pour les deux tribunaux qui ont refusé d’accorder la liberté provisoire à Vital Kamerhe : les indices de culpabilité persistent. L’une des causes de ce refus, selon des sources judiciaires, serait la fuite du neveu de Vital Kamerhe, Daniel Shangalume alias « Masaro »,  ce que l’avocat du directeur de cabinet dément, assurant que cela n’a jamais été mentionné.

Ce neveu, connu comme un simple conseiller au ministère du Budget piloté par un haut cadre du parti de Kamerhe, est, selon l’accusation, la personne intermédiaire par qui certaines transactions et opérations de rétro-commissions ont été opérées dans l’affaire de livraison des maisons préfabriquées.

Vital Kamerhe n’a été jusque-là confronté qu’aux membres de la coordination du programme dit des « 100 jours ». Selon des sources judiciaires, tous, excepté Nicolas Kazadi, l’ancien coordonnateur du programme ont soutenu, lundi dernier, que le directeur de cabinet n’avait effectivement pris aucune part dans l’attribution des marchés et qu’aucun document en ce sens ne porte sa signature.

À écouter aussi : Affaire du «programme des 100 jours» en RDC: «Il n'y a pas de chasse aux sorcières»

Mardi, le parquet général près la cour de Kinshasa - Matete, a entendu Justin Bitakwira, ancien ministre du développement rural [ Sous Joseph Kabila]. L'audition a tourné autour du contrat avec la société Samibo Congo Sarl, qui avait conclu, en avril 2018 avec le gouvernement congolais pour la livraison des maisons préfabriquées.

Les confrontations sans doute les plus déterminantes n’ont toujours pas eu lieu, que ce soit avec l’homme d’affaires Jammal Samih impliqué dans l’affaire des maisons préfabriquées ou avec l’ancien directeur de la RawBank, Thierry Taeymans. Cette banque, selon l’accusation, est la plaque tournante de toutes les transactions avec les entreprises mises en cause, même si du côté de l’établissement bancaire, on assure n’avoir fait que respecter les instructions des titulaires de comptes.

Après la décision de son maintien en détention, depuis sa cellule, Vital Kamerhe a appelé ses partisans à rester calmes et a assuré que la Justice travaillait en toute indépendance. Avant de conclure : « mon innocence sera prouvée ».

On ne voit pas quelles sont les motivations pour que monsieur Vital Kamerhe garde sa cellule jusqu’à ce jour. D’autant plus qu’il pouvait bénéficier au moins d’une liberté provisoire, afin de coopérer et de continuer à coopérer et collaborer avec la justice. Parce que le souci de monsieur Kamerhe est que la vérité soit éclatée. Et comme vous le savez, c’est un pionnier qui a toujours prôné pour un État de droit. Et toutes les conditions qui pouvaient motiver le juge, de lui accorder une liberté provisoire, sont réunies. Mais nous ne comprenons pas pourquoi cet acharnement de le garder toujours en détention

Me John Kaboto, avocat de Vital Kamerhe


■ Réaction de Martin Fayulu

Première réaction d’un leader de la principale coalition de l’opposition Lamuka à l’affaire Kamerhe, dans un message vidéo enregistré, l’ancien candidat à la présidentielle, Martin Fayulu, prend fait et cause pour la société civile qui dit n’avoir cessé de dénoncer les risques de détournements sur le « programme des 100 jours », comme sur beaucoup d’autres dossiers toujours en souffrance. Il en profite aussi pour mettre en cause le président Tshisekedi.

Les millions détournés représentent des routes sur lesquelles vous ne roulerez jamais.

Martin Fayulu, opposant congolais

Martin Fayulu a aussi appelé un audit sur la gestion de la Commission électorale sur les dernières élections.

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