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Guinée: il y a 60 ans, un complot fondateur

Le président guinéen Ahmed Sékou Touré, ici en novembre 1959 à Londres.
Le président guinéen Ahmed Sékou Touré, ici en novembre 1959 à Londres. PLANET NEWS LTD / AFP

Il y a 60 ans éclataient au grand jour, en Guinée, les premiers détails d’un complot visant le régime du président Sékou Touré. Ce « complot des armes » a été un moment fondateur pour la gouvernance de Sékou Touré. Un moment d’histoire à redécouvrir, à l’occasion du confinement, dans une grande enquête historique à (re)lire sur RFI Savoirs.

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Ce 19 avril 1960, Sékou Touré s’exprime devant les cadres du PDG, le Parti démocratique de Guinée. Il dénonce des activités de subversion « encouragées par l’étranger ». Dans une conférence de presse organisée les jours suivants, il décrit l’installation de camps et de dépôts de munitions aux frontières du Sénégal, du Soudan (l’actuel Mali) et de la Côte d’Ivoire.

Au fil des jours, les éléments deviennent plus précis : des caisses d’armes et de munitions ont été trouvées dans le Fouta Djalon, dans les localités de Mali et de Youkounkoun. Des personnes sont arrêtées à Conakry et condamnées sans que leur lien avec ce complot soit démontré au public.

L’affaire rebondit au Sénégal, où les autorités découvrent des caches d’armes destinées à l’opposition guinéenne. En remontant le fil de cette affaire, elles retrouvent la trace d’officiers français du 11e Choc, le bras armé des services français, qui ont encadré toute l’opération avant de disparaître.

Ces découvertes sont pour le moins embarrassantes au moment où les liens de Paris avec l’Afrique francophone sont en train de se reconfigurer dans le cadre de la « Communauté française ». Dans une lettre confidentielle envoyée le 13 mai à Charles de Gaulle, le président du conseil sénégalais Mamadou Dia interpelle le dirigeant français sur une affaire qui met en jeu « certains des fondements moraux sur lesquels nous avons voulu bâtir notre Communauté rénovée » et appelle à « une épuration de certains éléments militaires anciens stationnés à Dakar ».

« Les Gouvernements sénégalais, soudanais et malien (La fédération du Mali, qui regroupe à l’époque Sénégal et Soudan français, ndlr), précise-t-il, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que les entreprises de ces irresponsables n’altèrent en rien le succès de notre construction nouvelle ».

L’opération, qui a porté le nom de code de « Persil », impliquait en fait des personnalités aux plus hauts niveaux des autorités françaises. Notamment Jacques Foccart. Le puissant conseiller Afrique de De Gaulle a reconnu être lié à ce complot dans le livre d’entretiens qui rassemble ses mémoires. 

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