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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie le dimanche 19 avril

Des hommes portant un équipement de protection portent le cercueil du chef de cabinet du président nigérian, Abba Kyari, décédé vendredi après avoir contracté la maladie à coronavirus (Covid-19). Nigeria, le 18 avril 2020.
Des hommes portant un équipement de protection portent le cercueil du chef de cabinet du président nigérian, Abba Kyari, décédé vendredi après avoir contracté la maladie à coronavirus (Covid-19). Nigeria, le 18 avril 2020. Nigeria Presidency/Handout via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
12 mn

L’Afrique comptait officiellement, ce dimanche 19 avril, 21 096 cas confirmés de Covid-19 et 1 055 décès, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. L’Afrique du Sud est désormais le pays le plus touché avec 3 034 cas déclarés, contre 3 032 pour l’Égypte. Viennent ensuite le Maroc (2 685) et l’Algérie (2 534).

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► Le second tour des législatives maintenu au Mali

Après le premier tour des élections législatives, tenu le 20 mars et durant lequel 22 députés ont déjà été élus, les autorités maliennes ont maintenu ce dimanche le second tour. Cent vingt-cinq sièges restent ainsi à pourvoir et le président Ibrahim Boubacar Keïta avait pris l'engagement que « toutes les mesures sanitaires et sécuritaires requises seront rigoureusement appliquées » pour ce scrutin.

La Synergie – plate-forme d’organisations ayant déployé des observateurs – affirme que des kits sanitaires ont été placés dans « 96,2% des centres et bureaux de vote » qu’elle a visités à travers le pays, sans en préciser le nombre. Elle indique également que « le personnel électoral portait des masques dans 87,2% des bureaux visités ». Dans la matinée pourtant, dans un centre de Badalabougou, un quartier de Bamako, un président de bureau de vote a affirmé à notre correspondante : « Nous aurions dû reporter ces élections ». Masque sur le nez, il s’est dit inquiet de voir se propager le Covid-19, car il n’avait pas reçu des autorités les gels hydroalcooliques attendus pour son bureau. À ce jour, le Mali enregistre officiellement 216 cas et 13 décès, la majorité se trouvant dans la capitale.

Madagascar: le président annonce un déconfinement progressif dans trois villes

Lors d'une allocution à la télévision nationale, le chef de l'État a annoncé un déconfinement progressif à Antananarivo, Tamatave (est) et Fianarantsoa (centre) à partir de ce lundi 20. Un déconfinement progressif qui permet aux habitants de vaquer à leurs occupations et de travailler de 6h du matin à 13h. À l’arrêt depuis un mois, les bus et les taxis pourront à nouveau circuler mais en suivant quelques règles : pas plus de trois clients par taxi et 18 personnes maximum dans les bus. Le port de masque à l’extérieur reste obligatoire. Ceux qui enfreignent cette mesure risquent une peine de travaux d’intérêt général, rapporte notre correspondante Leatitia Bezain.

Andry Rajoelina a aussi annoncé la production d’un médicament préventif et curatif du coronavirus mis au point par l’Institut malgache de recherches appliquées. Un remède à base d’une plante cultivée à Madagascar, l’artemisia. « Cette plante renforce l’immunité, protège de nombreux virus et de la fièvre et surtout des maladies pulmonaires, a expliqué le président. Aujourd’hui, chers compatriotes, j’annonce officiellement que les tests que nous avons faits avec ce médicament sont concluants pour lutter contre cette épidémie.  Nous avons de bons résultats sur des malades du Covid-19 à Madagascar. Ce médicament peut limiter la progression du virus dans le corps. "Covid Organics", c’est le nom de ce médicament qui est déjà en phase de production dans le pays. »

Une mixture qui sera donnée aux élèves des classes de terminale et de 3e qui reprennent les cours après-demain et aux élèves de 7e qui retrouveront les bancs de l'école lundi prochain, a annoncé le président de la République. Les cours restent suspendus pour les autres niveaux. 

► Décès du secrétaire général du gouvernement de Guinée

Ancien haut-commissaire à la réforme et de l'État et ex-ministre de la Fonction publique, le ministre secrétaire général du gouvernement guinéen Sékou Kourouma, un membre fondateur du RPG, le parti présidentiel, et proche d’Alpha Condé, est décédé à 64 ans ce samedi des suites du coronavirus. Une annonce réalisée ce dimanche par des communiqués du gouvernement et de la présidence qui précisent que le Covid-19 a ainsi tué « plusieurs hauts cadres de l'État ».

Avant Sékou Kourouma, au moins deux autres responsables sont décédés : le gouvernement cite ici le président de la Commission électorale Salif Kébé et le commissaire Victor Traoré, un ancien directeur d'Interpol en Guinée. Ce samedi 18 avril, le port du masque est par ailleurs devenu obligatoire dans le pays, qui recense officiellement 518 cas et 5 décès, selon l'Agence nationale de la sécurité sanitaire, l'organe officiel de gestion de l'épidémie. Cette mesure s'ajoute au couvre-feu nocturne, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte.

► Le port du masque désormais obligatoire à Kinshasa

Au terme d’une réunion samedi 18 avril entre le Premier ministre Sylvestre Ilunga et le gouverneur de Kinshasa Gentiny Ngobila, les services de la primature ont annoncé dans un communiqué que « le port de masques, même de fabrication artisanale, est désormais obligatoire sur toute l'étendue de la capitale ». Alors que Kinshasa concentre une large majorité des 327 cas de Covid-19 et la totalité des 25 décès officiellement déclarés en RDC, la mesure devrait entrer en vigueur en début de semaine et la police sera chargée de veiller à son respect.

Une décision prise quand la commune de la Gombe – cœur économique et administratif de la capitale considéré comme l’épicentre de l’épidémie – sortira progressivement à partir de mardi du confinement imposé depuis le 4 avril. Cela «  va s'effectuer de manière progressive, d'abord par la réouverture des supermarchés et épiceries pour permettre aux habitants de cette commune de s'approvisionner, ainsi que des guichets des banques. L'accès à Gombe sera toujours réglementé et les badges d'accès exigés », détaillent les services du Premier ministre. Le gouverneur a précisé que le confinement ne sera pas étendu à deux autres communes voisines qui enregistrent plusieurs cas.

►Le masque également obligatoire au Rwanda

Après avoir une nouvelle fois rallongé, jusqu'au 30 avril, le confinement imposé dès le 21 mars, les autorités rwandaises annoncent qu'à partir de ce lundi 20 avril, le port du masque est obligatoire en public. Les autorités invitent même d’ailleurs les Rwandais à le porter chez eux. Pour l’heure, il n’y a pas de précisions quant à la mise en place de la mesure, hormis que le gouvernement a publié une liste d'entreprises autorisées à produire les masques.

Au Sénégal, un décret précise les secteurs où le masque est obligatoire

Au Sénégal, dans un arrêté daté de vendredi et rendu public ce dimanche soir, le port du « masque de protection » est rendu obligatoire dans les administrations, les lieux de commerce, « les services du secteur privé », c'est-à-dire les entreprises, ainsi que les moyens de transports. Signé par le ministre de l'Intérieur, l'arrêté sera effectif dès ce lundi 20 avril, explique un de ses conseillers joint par RFI. 

Un décès lors d’une interpellation au Congo-Brazzaville

Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme de 42 ans a trouvé la mort à Djambala dans les Plateaux, dans le centre du Congo-Brazzaville. Une mort survenue à l’heure du couvre-feu imposé par les autorités en raison du coronavirus. La famille du défunt affirme qu'il est décédé à la suite d’une « bastonnade » de la police après son interpellation. De leur côté, la police et la municipalité de Djambala indiquent que l’homme a sauté du véhicule de patrouille le conduisant au commissariat, et qu’il est mort sur le coup.

► Le président gabonais annonce la création d’un fonds personnel

Face à la crise sanitaire – le Gabon totalisant officiellement à ce jour 109 cas de Covid-19 et un décès – le président Ali Bongo a annoncé vendredi la création d’un fonds personnel d’un montant de 2,1 milliards de francs CFA. Le chef de l’État s’est exprimé dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, expliquant que ce fonds servirait à « permettre aux Gabonais les plus vulnérables d’accéder aux soins médicaux, sans qu’ils aient à se préoccuper de l’aspect financier ».

Au Gabon, le fichier des personnes reconnues économiquement faibles est géré par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Environ 300 000 Gabonais détiennent une assurance maladie sur ce registre créé en 2009. Chaque fois qu’ils vont à l’hôpital, ils payent un ticket modérateur équivalent 20% des frais de consultation, d’hospitalisation et de médicaments. Dès que le fonds sera opérationnel, ces personnes ne paieront plus rien durant les six prochains mois.

Concrètement, « ce fonds financera, pendant six mois, l’intégralité des tickets modérateurs des Gabonais économiquement faibles enregistrés à la CNAMGS », a indiqué Ali Bongo en évoquant son « devoir de solidarité ». Sur le site Infos Gabon, Séverin Anguillet, le directeur général de la CNAMGS, affirme que cette mesure sera effective « courant de la semaine prochaine ». Ce dernier précise également que ce sont « 350 millions de francs CFA que le président de la République sortira personnellement de sa poche » et qu’il fournira très prochainement des détails sur le fonctionnement du fonds présidentiel. Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a fait réagir. Beaucoup de Gabonais se demandent notamment où Ali Bongo a pu trouver autant d’argent.

►L’armée du Lesotho de retour dans les casernes

Au Lesotho, les blindés et les soldats en armes qui patrouillaient dans les rues de la capitale Maseru, placée sous confinement, avaient regagné leurs casernes ce dimanche. La veille, samedi, le déploiement de l’armée avait pourtant été ordonné par le Premier ministre Thomas Thabane, mis en cause dans l’assassinat de son épouse en 2017 et qui s’est engagé à démissionner d’ici la fin juillet. Le chef du gouvernement avait expliqué le recours aux militaires par le besoin de « restaurer la paix et l’ordre », et celui d’ « essayer d'endiguer l'épidémie de Covid-19 ».

Une situation face à laquelle la communauté internationale a fait part de sa préoccupation. Une délégation ministérielle sud-africaine s'est ainsi rendue ce dimanche dans la capitale du Lesotho pour prendre le pouls de la situation. « Ils sont arrivés », a déclaré le secrétaire de Thomas Thabane, Thabo Thakalekoala. Dans un communiqué signé avec ses homologues américain, britannique et de l'Union européenne, l'ambassadeur de Pretoria à Maseru a rappelé « l'importance de maintenir la stabilité et l'État de droit ». Le texte exhorte par ailleurs les autorités locales « à favoriser une approche unitaire qui privilégie la protection des citoyens et le maintien des services essentiels ». En raison de la pandémie de coronavirus, ajoutent les diplomates, « des actions déstabilisatrices seraient catastrophiques ». Pour sa part, le commandant en chef de la police de Maseru, Holomo Molibeli, a démenti avoir été arrêté, contrairement à ce qu'avait rapporté une source gouvernementale, mais a annoncé avoir été écarté de ses fonctions.

► Prolongation du confinement au Zimbabwe

Le président du Zimbabwe a annoncé dimanche la prolongation pour deux semaines, jusqu'au 3 mai inclus, du confinement national. « C'est une décision très difficile que mon gouvernement n'a adoptée qu'à contrecoeur », a ajouté Emmerson Mnangagwa, mais « le pays n'a pas encore rempli les conditions posées par l'Organisation mondiale de la santé pour lever le confinement ».

Selon le dernier bilan des autorités, vingt-cinq cas de contamination par le Covid-19, dont trois mortels, ont été officiellement enregistrés dans le pays. Une crise sanitaire qui intervient alors que le Zimbabwe est toujours plongé dans une crise économique profonde, la moitié des 15 millions d’habitants étant menacés par la famine, selon l’ONU. Face à cette situation, le chef de l’État a ainsi précisé que les entreprises minières avaient été autorisées à reprendre une partie de leurs activités. « Ça va soulager notre secteur industriel et les petites entreprises », a-t-il espéré.

Au Nigeria, inquiétude autour de la surpopulation dans les camps de déplacés

Au Nigeria, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) s’inquiète de la surpopulation dans la moitié des camps de déplacés de l’État de Borno, dans le nord du pays. L’Ocha appelle ainsi tous les acteurs à intensifier les efforts pour lutter contre ce phénomène, particulièrement en cette période de pandémie de coronavirus.

La surpopulation des camps de déplacés rend également le risque d’incendie très élevé. Deux camps de l’État de Borno en ont été le théâtre cette semaine. À Ngala, le feu a fait au moins 14 morts, 15 blessés et plus de 8 000 sinistrés. Dans un camp de Monguno également, l’incendie a réduit en cendres une centaine d’abris. Le coordinateur d’Ocha au Nigeria, Edward Kallon, estime dans les circonstances actuelles que décongestionner les camps de déplacés doit être une priorité.

180 migrants en quarantaine sur un ferry face à Palerme

Quelque 180 migrants secourus en mer Méditerranée ont été placés en quarantaine sur un ferry amarré face au port de Palerme, principale ville de l'île italienne de Sicile, ont annoncé dimanche les garde-côtes italiens. Dimanche, 34 personnes secourues par l'ONG espagnole Aita Mari ont en effet été transférées sur le ferry Rubattino, où elles ont rejoint 146 migrants installés vendredi après avoir été sauvées par l'Alan Kurdi, bateau de l’organisation humanitaire allemande Sea Eye.

Alors qu’une vingtaine de volontaires de la Croix-Rouge se trouvent à bord du ferry, les 180 migrants du Rubattino doivent être testés, avant une quarantaine de quatorze jours. Selon les médias italiens, ils doivent être ensuite répartis dans divers pays de l'Union européenne. Deuxième pays le plus touché au monde par l'épidémie de nouveau coronavirus, l'Italie a annoncé la fermeture de ses ports aux migrants. Tout comme la Libye et Malte, les autorités italiennes ont déclaré leurs propres ports non sûrs pour le débarquement des personnes sauvées en mer, dont la prise en charge est actuellement compliquée par la crise sanitaire.

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