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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie jeudi 23 avril

Des résidents confinés à Soweto, en Afrique du Sud, le 23 avril 2020.
Des résidents confinés à Soweto, en Afrique du Sud, le 23 avril 2020. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
27 mn

L’Afrique comptait, ce jeudi 23 avril, 26 144 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 1 247 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. Sept mille trente-trois malades sont guéris. L’Afrique du Nord est la région la plus touchée. L’Égypte et l’Afrique du Sud sont les deux pays qui comptent le plus de cas recensés.

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• Ramadan en confinement : les musulmans s’apprêtent à vivre un mois de jeûne difficile

Le ramadan devrait commencer ce vendredi ou samedi, en fonction du croissant lunaire. Mais cette année, ce mois de jeûne et de ferveur s’annonce plus compliqué que d’habitude pour des millions de musulmans à travers le continent, à cause du coronavirus. Au Mali, les dispositifs mis en place pour endiguer la propagation de la maladie entraînent une forte hausse des prix, surtout dans le nord du pays. Ainsi, à Kidal ou à Gao, les échanges ont ralenti en raison de la fermeture des frontières, et les prix ont bondi.

Par ailleurs, depuis l’annonce de l’état d’urgence sanitaire fin mars, les tarifs de certains produits ont plus que doublé, ce que déplore l’association malienne des consommateurs. Le ramadan s’annonce d’autant plus difficile que les autorités maliennes ont demandé d’éviter les rassemblements. Mais les mosquées resteront ouvertes. Le Mali dénombre ce jeudi 293 cas déclarés et 17 morts depuis le début de la pandémie.

► À écouter ici : Comment les agriculteurs du nord et du sud du Mali abordent le ramadan en temps de Covid-19

Au Sénégal, en revanche, les lieux de culte seront fermés, dans un pays qui compte 95% de musulmans. Un ramadan là-aussi difficile économiquement pour la population, alors que ce mois sacré correspond d’ordinaire à une très forte hausse de la consommation des ménages. Les prix des denrées alimentaires et des transports ont augmenté, la crainte de pénuries se fait sentir… Pas de place non plus pour la fête et la convivialité, puisque un couvre-feu est de mise de 20h à 6h du matin, et que les déplacements et rassemblements familiaux sont proscrits. Le Sénégal ne décompte cependant aucun nouveau décès de Covid-19 ce jeudi (479 cas, 6 morts).

► À écouter et lire ici : Sénégal: un mois de ramadan sous le signe du coronavirus

La ville de Ouagadougou placée en quarantaine, mosquées, marchés fermés, le jeûne du ramadan qui commence ce vendredi va se dérouler dans un contexte très particulier au Burkina Faso. Cette année, les musulmans devront développer plusieurs initiatives pour accomplir ce quatrième pilier de l’islam. Dans les familles, l’on se contentera du minimum nécessaire. Les tables ne seront plus garnies de plats comme les années précédentes. Dans certaines mosquées, déjà des chaînes de solidarité se mettent en place pour venir en aide aux familles qui rencontreront des difficultés suite aux mesures liées à la lutte contre la maladie du coronavirus.

Mahamady Ouédraogo, l’assure : sa table ne sera pas garnie de nourriture cette année. Les restrictions et les difficultés économiques imposent une limitation des dépenses: «Et dans le contexte au Burkina, les vivres ne circulent plus comme avant. Les beignets qu’on avait au bord de la route, cette année, ce n’est pas évident qu’on en aura. C’est l’Arabie saoudite qui nous a envoyé beaucoup de dattes. Nos commerçants n’ont pas pu faire les allées et venues.»

Reportage, le Burkina Faso se prépare à un ramadan pas comme les autre

Un ramadan sous confinement également à la Une de la revue de presse Afriquede RFI.Si l’Organisation mondiale de la santé en appelle au sens des responsabilités des fidèles musulmans, la défiance règne par endroits. Notamment au Mali, où les mosquées bravent la pandémie en continuant à accueillir des fidèles.

► Revue de presse Afrique à écouter et lire ici : À la Une: ramadan et coronavirus

Le mot de la fin sur ce ramadan en confinement revient comme souvent à Mamane qui, dans sa chronique du jour, a préféré ironiser sur la hausse des prix avant le mois de jeûne : « Le mois saint du ramadan, tout augmente, surtout le trou dans ton portefeuille. Tu as l’impression que c’est lui qui fait ramadan et pas toi. Comme il y a la saison des mangues, des oranges, la saison des virus, ben… Il y a la saison des prix qui montent ».

En cette fin de journée de jeudi, aux abords du grand marché de Ndjamena de nombreux clients procèdent aux derniers achats grâce au salaire du mois d’avril versé la veille. Comme d’habitude, l’inflation est au rendez-vous: «Tout est cher. Il faut que l’État intervienne pour nous donner le prix des denrées alimentaires sur le marché. Si non on frôle la catastrophe. Ça va être difficile.»

Reportage, les préparatifs du ramadan au Tchad

• Couvre-feu assoupli au Niger

La population nigérienne gagne trois heures de sorties autorisées. Depuis l’instauration du couvre-feu et l’interdiction des prières collectives, le pays est secoué par des émeutes. Pour répondre au mécontentement, le gouvernement nigérien a décidé d’assouplir le couvre-feu : depuis deux semaines, il était de mise de 19h à 6h. Désormais, il débutera plus tard le soir et s’arrêtera plus tôt le matin, de 21h à 5h (20h TU à 4h TU).

L'interdiction des rassemblements pour les prières collectives est, elle, maintenue, malgré le début du ramadan. Logique pour le docteur Boubacar Seydou Touré, secrétaire général de l'Association islamique du Niger : « Sans la santé, pas de prières. C’est vrai que c’est dur. Nous aimerions nous retrouver en communion pour prier, mais les pratiquants doivent comprendre la situation », a-t-il raisonnablement rappelé à RFI.

• Cédéao : 15 chefs d’États en visioconférence pour lutter contre la pandémie

À Abuja, siège de l’organisation, les bureaux sont vides. Pourtant, la réunion des 15 chefs d’États de la Cédéao s’est bien tenue. Les dirigeants de la communauté ouest-africaine s’étaient réunis ce jeudi en session extraordinaire, mais par visioconférence. Chacun devant son ordinateur, pour réfléchir à une réponse commune face à la pandémie. Une première. Au coeur des débats de cette réunion virtuelle de deux heures : l’urgence de freiner la propagation du coronavirus. Ce qui pourrait passer par des achats groupés de matériels ou d’équipements de protection.

• Denis Sassou-Nguesso et Faustin-Archange Touadéra se rencontrent, eux, physiquement

Visite éclair, mais visite quand même. Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra était de passage mercredi à Brazzaville pour rencontrer son homologue congolais. Au cœur des discussions : le renforcement des mesures sous-régionales pour faire face à la pandémie de Covid-19. L’Afrique centrale reste la région du continent la moins touchée par l’épidémie. Le Congo compte à ce jour 186 cas positifs contre 17 pour la Centrafrique.

• Côte d’Ivoire : l’aide financière à la population débute

Prévue depuis plusieurs semaines, l’assistance financière aux ménages les plus pauvres a démarré ce jeudi en Côte d’Ivoire. Un peu plus de 13 milliards de francs CFA sur trois mois pour le Grand Abidjan. Ainsi, 177 000 ménages de la capitale économique et de ses alentours vont recevoir 25 000 francs par mois pour les trois prochains mois. Les premiers bénéficiaires sont ceux confinés ayant été en contact avec les malades du Covid-19, ainsi que les structures de protection de l’enfance (orphelinats, pouponnières). L’assistance continuera courant mai dans le reste du pays, nous explique notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto.

La Côte d'Ivoire passe la barre symbolique des 1 000 cas de Covid-19. Cinquante-deux nouveaux cas ont été enregistrés ce jeudi, portant le total à 1 004, dont 359 guéris et 14 décès, selon le ministère de la Santé.

• Le gouvernement ivoirien à la rescousse de sa filière cacao

Toujours en Côte d’Ivoire, le gouvernement a également décidé d’aider sa filière cacao. Une semaine après avoir débloqué une enveloppe de 250 milliards de francs CFA pour soutenir les grandes cultures agricoles d’exploitation (dont le cacao), les dirigeants ivoiriens ont prévu un petit coup de pouce supplémentaire : une subvention de 35 francs CFA par kilogramme de fèves. Une aide limitée à 1,7 million francs CFA par négociant, et qui concerne les campagnes cacaoyères jusqu’en 2022. De quoi permettre aux 15 sociétés nationales d’exportations de rester compétitives.

• Madagascar : remède présidentiel obligatoire en entrant en classe

Deux jours après la présentation du remède contre le Covid-19 du président malgache, les écoliers de la Grande Île ont repris le chemin de l’école. Une reprise partielle qui ne concerne que les élèves de 3e et de terminale dans un premier temps, obligés d’ingérer ce nouveau breuvage. Quarante-cinq mille bouteilles ont été distribuées dans les trois villes les plus touchées du pays. Certains professeurs se montraient réticents et l’Académie malgache de médecine reste très sceptique, mais les élèves semblaient, eux, conquis. Une boisson par ailleurs distribuée gratuitement dans les quartiers populaires de la capitale malgache. L’opération sera répétée lors des huit prochains jours.

► À lire ici : Coronavirus à Madagascar: prise collective du remède présidentiel dans les écoles

Une tisane dont la distribution n’a pas été approuvée par l’OMS, mais dont l’invention est saluée par certains chefs d’État africains, comme le président congolais Félix Tshisekedi.

• RDC : l’archevêque de Kinshasa chargé de gérer la solidarité contre le Covid-19

En République démocratique du Congo, l'archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a été désigné par le président Félix Tshisekedi pour gérer le Fonds national de solidarité contre le Covid-19.

Par ailleurs, voilà un sacré coup de pouce reçu par la République démocratique du Congo. Le Fonds monétaire international a annoncé le versement d'une aide d'urgence de 363 millions de dollars. « La RDC connaît un choc sévère. Les autorités ont réagi rapidement, augmentant les dépenses liées à la santé et déployant une série de mesures de confinement » notamment, explique l’institution dans un communiqué. Mais ces mêmes mesures ont freiné brutalement l'activité économique du pays.

Nous n'avons plus peur du coronavirus ! Cette catastrophe que nous venons de connaître remplace déjà cette maladie.

A Uvira, au Sud-Kivu, les mesures de distanciation ne sont pas respectées, un reportage de William Basimike

La RDC compte à ce jour 377 cas pour 25 morts de l’épidémie. Le professeur Jean-Marie Kayembe, doyen de la faculté de médecine de Kinshasa, était, lui, invité sur les antennes de RFI. Au menu des discussions : les maladies tropicales face au coronavirus.

► À écouter aussi : Certaines maladies tropicales peuvent-elles rendre plus fragiles face au coronavirus ? 

• Afrique du Sud : l’armée en renfort

Avec 3 635 cas confirmés sur son territoire, l’Afrique du Sud est l’un des pays du continent les plus touchés par le coronavirus. Pour faire face, le gouvernement avait mobilisé jusqu’ici 2 800 soldats. Mais le président Cyril Ramaphosa a fait appel à 73 000 hommes supplémentaires. Un renfort conséquent, qui représente la quasi-totalité de l’armée sud-africaine, et qui sera mobilisable jusqu’à la fin du mois de juin. Une mesure qui coûtera un peu plus de 2 millions d’euros.

Cyril Ramaphosa a par ailleurs annoncé ce jeudi que le confinement, jusque-là très strict du pays, sera peu à peu assoupli, par étapes, à partir du 1er mai. Si le confinement ne peut pas être prolongé pour toujours, comme l’a reconnu le président, le gouvernement veut à tout prix éviter une augmentation rapide de la courbe des infections lors des prochaines semaines.

• Les fêtes du travail et de l’unité sont annulées au Cameroun

Prévues le 1er et le 20 mai, les célébrations de la fête du travail et de la fête nationale sont annulées au Cameroun. Une décision en lien avec le coronavirus et la nécessité de respecter les mesures de distanciation sociale édictées par le gouvernement, explique dans ce communiqué le secrétaire général à la présidence de la République.

• Guinée : le ministre de la Jeunesse contaminé, le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire aussi

C’est un signal peu rassurant en Guinée : deux personnalités de premier plan engagées dans la lutte contre le coronavirus l’ont contracté. D’abord le ministre de la Jeunesse, Mouctar Diallo, qui l’annonçait sur son compte Twitter mercredi. Ce jeudi, c’est au tour du directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire d’être contaminé. Le gouvernement guinéen compte désormais 4 ministres atteints de la maladie. Le pays compte 761 cas positifs au Covid-19.

• Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara positif au coronavirus

« Je ne présente aucun symptôme de la maladie. Tout va très bien et je suis en pleine forme. » Malgré l’annonce de sa contamination, Moussa Mara a tenu à rassurer sur son état de santé. L’homme d’État de 45 ans devrait prendre quelques jours de repos. Moussa Mara est par ailleurs dans l’attente des résultats du second tour des élections législatives, pour lesquelles il était candidat.

• L'aide de l'AFD pour lutter contre le Covid-19

La France (via l’Agence française de développement – AFD) débloque 2,2 millions d’euros pour accompagner les autorités du Bénin, du Cameroun, du Ghana, de RDC et du Sénégal face à l’épidémie. Cela passe notamment par des enquêtes sérologiques. Des tests seront très rapidement effectués, les résultats sont attendus fin mai. Un élément clé pour connaître la diffusion du virus au sein de la population.

L'épidémie en Afrique est relativement récente, mais elle a quand même près de deux mois. On voit que le nombre de cas n'est pas négligeable, mais il n'est pas explosif comme certains pouvaient s'y attendre.

Éric Delaporte, professeur de maladies infectieuses et coordinateur du projet au sein de l’IRD, l’Institut de recherche et développement

• Angélique Kidjo reprend « Pata Pata » contre le coronavirus

« Pata Pata », ou « Touche Touche ». Le tube planétaire, chanté en 1967 par la Sud-Africaine Miriam Makeba, prônait un message peu en phase avec la situation actuelle. Et méritait d’être un brin modifié en cette période de crise sanitaire. C’est en tout cas ce qu’a décidé l’Unicef. L’organisation onusienne a fait appel à la chanteuse béninoise Angélique Kidjo pour l’occasion.

Angélique Kidjo adapte «Pata Pata» au confinement

Les paroles ont été revisitées pour encourager la distanciation sociale et les règles d'hygiène, comme se laver régulièrement les mains. « En cette époque de coronavirus, ce n'est pas le temps du toucher… Tout le monde peut aider à combattre le Covid-19. Restez à la maison et attendez… Ce n'est pas du pata-pata… Nous devons garder nos mains propres », peut-on entendre. On vous laisse juger le résultat.

• Emmanuel Adebayor, un épervier pas concerné

« Je ne ferai pas de don. Je ne suis ni Drogba ni Eto’o, je suis Emmanuel Adebayor et je ferai ce que j’ai envie de faire ». L’ancien capitaine des Éperviers, pourtant généreux par le passé avec la population togolaise, refuse cette fois de mettre la main au porte-monnaie. Contrairement aux icônes continentales du ballon rond, l’Ivoirien Didier Drogba et le Camerounais Samuel Eto’o, Emmanuel Adebayor refuse de s’impliquer dans la lutte contre le coronavirus au Togo, et ne fera pas de don. Une décision de l’ancien buteur d’Arsenal, Manchester City ou encore du Real Madrid, qui n’a pas du tout plu à ses fans au pays. « Le mieux serait qu’il aide la population ! », s’exclame un supporter des Éperviers à Lomé, au micro de notre correspondant Komla Eklu. « On a pas des stars tout le temps. Dans les moments difficiles, il doit, lui aussi, nous aider. » Le message est passé.

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