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Le procès d'un journaliste de VOA s'ouvre en Somalie

La Somalie est placée 163e sur 180 pays dans le dernier classement de la liberté de la presse de RSF. Ici, la capitale Mogadiscio (illustration)
La Somalie est placée 163e sur 180 pays dans le dernier classement de la liberté de la presse de RSF. Ici, la capitale Mogadiscio (illustration) STUART PRICE / AU-UN IST PHOTO / AFP
Texte par : Sébastien Duhamel
4 mn

Le procès de Mukhtar Mohamed Atosh doit débuter ce lundi 27 avril. Ce journaliste de la VOA Somali a été arrêté le 20 avril à Baidoa, dans l'Etat du Sud-Ouest, alors qu'il couvrait une affaire de viol sur une jeune fille de 14 ans et qu'il dénonçait des intimidations des autorités.

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Mukhtar Mohamed Atosh a bien été relâché sous caution le 22 avril, soit deux jours après son arrestation à Baidoa. Mais ce journaliste de la VOA Somali fait tout de même l'objet d'un procès qui s'ouvre donc ce lundi 27 avril. Il est poursuivi pour quatre chefs d'accusations, à savoir « offense contre les autorités au moyen d'informations préjudiciables », « intimidation du public », « fausse alerte auprès des autorités » et « publication d'informations fausses, exagérées ou tendancieuses perturbant l'ordre public ».

L'Union nationale des journalistes Somali (Nusoj) dénonce ces poursuites. « Cette affaire est devenue un gros problème parce qu'elle implique un journaliste, auquel on a demandé de ne pas parler du viol, aussi bien que l'hôpital auquel on a ordonné de ne divulguer aucune information. Les charges qui pèsent contre Mukhtar sont très sérieuses. Et si elles sont retenues, il pourrait être condamné jusqu'à trois ans et demi de prison », regrette Omar Faruk Osman, secrétaire général du syndicat.

L'Union des journalistes estime que Mukthar Mohamed Atosh a été arrêté pour son travail journalistique. Elle réclame donc l'arrêt des poursuites et des intimidations de la part de l'autorité judciaire. D'autres organisations ont également joint leurs voix, comme le Syndicat des journalistes Somali (SJS) et l'Institut international de la presse (IPI basé à Vienne). Ce dernier dénonce notamment « une arrestation arbitraire ». Plus largement, ce cas serait symptomatique d'une situation inquiétante à l'échelle nationale.

Une liberté de la presse opprimée

« Il y a un problème de liberté de la presse en Somalie, les attaques contre les journalistes augmentent jour après jour. C'est un fait, même si nous avons fait des progrès sur l'année écoulée en termes de coopération avec les autorités », déplore Omar Faruk Osman. Récemment encore, au moins quatre journalistes auraient été brièvement détenus alors qu'ils couvraient l'actualité liée au coronavirus.

Le secrétaire général du Nusoj cite les exemples de plusieurs confrères poursuivis à Mogadiscio ou ailleurs dans le pays, et tous inquiétés pour des charges relevant du Code pénal. Il estime que ce traitement est inacceptable : « Nous croyons que toutes les accusations d'erreur ou de diffamation, la liberté d'expression et les plaintes pour offenses devraient être traitées en matière civile et non pas comme des affaire pénales. »

De son côté, l'IPI affirme que « l'approche autoritaire du gouvernement somalien pour étouffer les médias indépendants et attaquer les journalistes critiques est un affront à la liberté de la presse ». Dans son classement mondial sur la liberté de la presse 2020, l'ONG Reporter sans Frontières classe la Somalie 163e sur 180 pays.

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