Bénin: ouverture du procès en appel du journaliste Ignace Soussou

Le procès en appel du journaliste Ignace Soussou doit s'ouvrir ce mardi 28 avril 2020.
Le procès en appel du journaliste Ignace Soussou doit s'ouvrir ce mardi 28 avril 2020. Getty Images/ Spaces Images
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Reporter sans frontières, et plusieurs organisations de la société civile appellent à la libération immédiate du journaliste béninois Ignace Soussou. Son procès en appel doit s'ouvrir ce mardi 28 avril 2020.

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Détenu depuis quatre mois, ce journaliste d'investigation, collaborateur entre autres du site Benin web Tv, a été condamné, en décembre dernier, à 18 mois de prison pour cyber harcèlement. Mais pour RSF, « il n'aurait jamais du se retrouver en prison ». Non seulement, car « il n'a rien fait » estime l'ONG, si ce n'est « relayer sur les réseaux sociaux les propos d'un procureur tenus au cours d'un atelier » en sa qualité de journaliste, mais aussi, car il aurait dû être jugé en vertu du Code de la presse qui ne prévoit pas de peine de prison, et non pas selon le Code du numérique, moins protecteur.

« Aujourd’hui, ce journaliste n’a absolument rien à se reprocher, il a repris scrupuleusement les expressions utilisées par un procureur, au cours d’un atelier, qu’il a twittées quasi mot pour mot. Cela fait déjà quatre mois que ce journaliste est en prison pour rien, estime Arnaud Froger, le responsable du bureau Afrique de RSF.

Par ailleurs, au Bénin il n’y a pas de peine privative de liberté pour des faits commis dans l’exercice de la fonction de journaliste. Or là, ce sont bien des faits commis dans l’exercice de cette mission. Il a twitté des propos d’intérêt public d’un procureur, au cours d’un atelier. Il est invité au cours de cet atelier en sa qualité de journaliste. Or, il a été jugé en vertu du Code du numérique, poursuivi pour harcèlement comme un cybercriminel et condamné pour harcèlement. Mais trois tweets reprenant des expressions tenues au cours d’un atelier ne peuvent pas constituer du harcèlement. Même si on nuit à sa qualité de journaliste, ce qui semble invraisemblable, mais c’est ce qui a été fait, même si on en est à ce niveau-là du débat, il n’aurait pas dû être condamné à une peine privative de liberté, ce qu’autorise en revanche le Code du numérique qui l’a jugé comme un cybercriminel harceleur. »

RSF espère donc sa libération à l'issue de son procès en appel et craint, dans le cas contraire, que cette condamnation crée un précédent et que le Code du numérique, destiné à lutter contre la désinformation en ligne, ne soit de plus en plus souvent « instrumentalisé » pour faire condamner des journalistes qui n'ont fait que leur travail d'information.

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