Accéder au contenu principal

Le «plus grand batteur du monde», Tony Allen, est décédé

Tony Allen à Jazz à La Villette en 2019.
Tony Allen à Jazz à La Villette en 2019. RFI/Edmond Sadaka
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Certains disaient qu'il était le plus grand batteur au monde. Tony Allen est mort à Paris, en France, ce 30 avril. Le musicien nigérian avait créé l'afrobeat aux côtés de Fela Kuti.

Publicité

Tony Allen était le batteur de génie, une légende, un pionnier de l’afrobeat avec son maître et ami Fela Kuti. Les deux jeunes musiciens nigérians avaient découvert le combat et les revendications des Afro-Américains comme Martin Luther King, Malcom X et le Black Panther Party au cours d’une tournée dans les années 1960 aux États-Unis.

De cet apprentissage politique naîtra un courant musical, l’afrobeat, avec des textes engagés et un rythme à la croisée du jazz et de l’Afrique. Le Nigeria en deviendra le berceau. Le chemin des deux hommes se sépare à la fin des années 1970. Tony Allen préférera toujours le camp de la musique, pure, expérimentale, flirtant parfois avec l’électro.

Au début des années 1980, il s'installe à Paris et enregistre la batterie sur plusieurs albums de chanteurs et musiciens français comme Jean-Michel Jarre, Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier. En 2005, il revient aux sources avec l’album « Lagos No Shaking » (« Lagos, ne tremble pas »), enregistré au Nigeria. L’année suivante, il est d’une nouvelle aventure, membre du supergroupe The Good, The Bad and the Queen, formé par Damon Albarn, le leader du groupe Blur. Les deux hommes, que 40 ans séparent, s’admirent et multiplieront les projets.

Tony Allen à «La Batterie» à Guyancourt en 2015.
Tony Allen à «La Batterie» à Guyancourt en 2015. RFI/Edmond Sadaka

► Une disparition vivement ressentie à Lagos

Avec notre correspondant à Abuja,  Moïse Gomis

Vive émotion au Nigeria où se prépare pour le début de semaine prochaine un concert live sur Instagram. Le batteur nigérian Wale Adeyemi, contacté par RFI, est en train de mobiliser des artistes pour un hommage musical à Tony Oladipo Allen. Un concert virtuel en visioconférence prévu lundi ou mardi prochain, pour témoigner de l'héritage que laisse derrière lui le cofondateur de l'Afrobeat.

La disparition de Tony Allen est ressentie vivement à Lagos. L'ex-batteur de Fela y avait passé les fêtes de fin d'année en décembre dernier. Lors de ce séjour, il avait joué dans un concert organisé en son honneur. Il avait livré aussi un cours magistral, une master classe à des batteurs nigérians. Et Tony Allen avait juré de revenir célébrer son anniversaire à Lagos en août prochain pour ses quatre-vingts ans.

Il ne reviendra donc pas physiquement dans sa ville de naissance, au grand regret notamment d'un des fils de Fela, le chanteur et musicien Seun Kuti, qui a posté un message sobre et pudique sur un réseau social : « Bon repos et bon voyage Tony ».


► À lire aussi : Aux sources de Tony Allen

Éric Trosset, son manager depuis vingt ans, revient sur la « magie musicale » de son ami.

C'est comme un samouraï, c'est-à-dire que sa magie musicale à Tony Allen, c'est d'écouter, écouter ce qui se passe autour, analyser et d'après construire la structure, le groove en s'adaptant d'une façon remarquable à son environnement.

Éric Trosset, fondateur du label Comet, manager, producteur et ami

Tony Allen à «La Batterie» à Guyancourt en 2015.
Tony Allen à «La Batterie» à Guyancourt en 2015. RFI/Edmond Sadaka

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.