Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie lundi 4 mai

Au Rwanda, le déconfinement a commencé ce lundi 4 mai. Les transports en commun ont repris, notamment les bus à Kigali, où s'est très vite formée une longue file d'attente.
Au Rwanda, le déconfinement a commencé ce lundi 4 mai. Les transports en commun ont repris, notamment les bus à Kigali, où s'est très vite formée une longue file d'attente. Simon Wohlfahrt / AFP

L’Afrique comptait, ce lundi 4 mai, 44 873 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 1 807 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. L’Afrique du Sud et l’Égypte sont les deux pays les plus touchés, avec respectivement 6 783 et 6 465 cas recensés. Le Maroc dépasse aujourd’hui la barre des 5 000 cas. Suivent l’Algérie, le Nigeria, le Ghana et le Cameroun.

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• Le déconfinement partiel et progressif commence au Nigeria et au Rwanda

Le déconfinement commence ce lundi à Lagos, Abuja et dans l’État d’Ogun au Nigeria. Afin de limiter les risques de nouvelle vague, le port du masque dans les lieux publics est désormais obligatoire et un couvre-feu est en vigueur entre 20h et 6h du matin. Le déconfinement ne concerne pas, en revanche, l’État de Kano dans le nord du pays. Les autorités ont annoncé que le coronavirus avait entraîné la majorité des dizaines de morts inexpliquées observées sur le territoire. « Bien que les décès aient été attribués initialement à d'autres maladies, nous pouvons dire désormais que la cause principale de l'explosion de morts à Kano est due au coronavirus », a indiqué Nasiru Sani Gwarzo, à la tête de l’équipe médicale spécialisée Covid-19 pour Kano, sans toutefois donner de chiffres exacts.

► À lire aussi : Coronavirus au Nigeria: déconfinement progressif et partiel à Lagos et Abuja

Au Rwanda aussi, le déconfinement rentre en vigueur ce lundi. Les entreprises ont pu reprendre leurs activités, même si le télétravail reste recommandé quand il est possible. Hôtels et restaurants peuvent rouvrir, en journée seulement, et les bus reprennent du service. Les lieux de culte, les écoles et les frontières restent fermés.

Thierry Ndashimiye a remis sa combinaison de travail après plus de quarante jours de confinement. Un soulagement pour ce cordonnier qui fait vivre sa famille avec son salaire journalier: «Nous sommes heureux de revoir des gens dans la rue, de travailler de nouveau et de savoir que nos familles vont survivre. Pendant le confinement nos repas étaient irréguliers et parfois, on se couchait le ventre vide.»

[Reportage] Au Rwanda, les petits commerçants soulagés par la levée partielle du confinement

• En Afrique du Sud, un essai clinique va tester les effets du vaccin BCG sur le coronavirus

Dans la ville du Cap, un essai clinique a débuté ce lundi matin pour tester les éventuels effets bénéfiques contre le Covid-19 du vaccin BCG, prescrit pour se protéger contre la tuberculose. « Certaines observations suggèrent que le BCG a des effets sur le système immunitaire que nous ne comprenons pas encore totalement, notamment qu'il le renforce contre les infections respiratoires », explique à l’AFP le professeur Andreas Diacon, à la tête de l’organisation de recherche médicale TASK qui mène l’expérience. L’essai clinique sera mené sur 500 soignants. Une première moitié recevra le vaccin BCG, et l’autre un placebo.

• Revirement en Tunisie sur l’interdiction de sortir pour les mères d’enfants de moins de 15 ans

Alors que le confinement est assoupli en Tunisie à partir de ce lundi, le gouvernement est revenu sur une mesure qui avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Dans un premier décret annonçant les règles du déconfinement, l’exécutif exhortait les mères d’enfants de moins de 15 ans à rester confinées chez elles. Une décision sexiste pour beaucoup, qui avait été dénoncée par de nombreux activistes tunisiens. Ce dimanche, les autorités ont finalement publié un communiqué évoquant « une erreur dans la rédaction finale du texte ». Une nouvelle version du décret doit être publiée au Journal officiel sans cette indication.

Parmi les mesures d’allègement du confinement, le retour au travail pour de nombreux citoyens. La fonction publique, l’industrie, le secteur des services peuvent reprendre leur activité à 50% de leurs capacités. Les personnes de plus de 65 ans et personnes atteintes d’une maladie chronique sont cependant invitées à rester encore chez elles. Le port du masque devient obligatoire, et l’autorisation de circulation reste nécessaire jusqu’au 24 mai. Les enfants ne reprendront en revanche pas le chemin de l’école : le gouvernement a acté la fin de l’année scolaire, sauf pour les bacheliers, qui doivent retourner en cours à la fin du mois.

 Au Tchad, l’Ordre national des médecins est vent debout contre la gestion de la pandémie du Covid-19

Dans un communiqué diffusé ce lundi, l’organe appelle à la protection du personnel soignant alors que le ministre de la Santé insiste pour expliquer que tout va bien. Avec plus de trente membres contaminés dont des cas de décès, il se demande pourquoi l’équipement de protection dont doit bénéficier le personnel soignant n’est toujours pas mis à disposition. « Nous ne pouvons plus continuer à nous contenter de promesses et voir nos confrères, consœurs et collaborateurs tomber un à un », écrit le président du conseil de l’Ordre, le Dr Mbaiguinam Djionadji.

Depuis quelques jours, le malaise par rapport à la gestion de la riposte contre le Covid-19 était perceptible. Sur les réseaux sociaux, la critique est vive, pointant les insuffisances dans la gestion de l’hôpital d’accueil situé dans le premier arrondissement de la capitale ou encore l’immobilisme du comité scientifique qui n’a rien produit un mois après sa création.

Des critiques auxquelles le ministre de la Santé publique, le Pr Mahmoud Khayal a tenté de répondre ce lundi devant le Parlement appelant la population à ne pas se fier aux réseaux sociaux, sans toutefois convaincre face à l’explosion des cas de contaminations et de décès.

• Après une grève express, les soignants reprennent le travail à Yaoundé

Au Cameroun, le personnel du Centre des opérations d’urgence de santé publique, l’établissement qui accueille les patients atteints du coronavirus à Yaoundé, était en grève ce dimanche pour réclamer de meilleures conditions de travail. Les grévistes protestaient notamment contre le non-paiement de leurs salaires, et contre un projet de décongestion des effectifs décidé par la direction. Après 24 heures de négociations, les deux parties ont trouvé un accord basé sur des primes versées en fonction des jours travaillés, et les salariés ont repris leur activité ce lundi matin.

► À lire aussi : Cameroun: grève express dans l'établissement de santé des malades du coronavirus

• Recrudescence des cas de coronavirus en Algérie

En Algérie, de nombreux commerces, rouverts la semaine dernière, ont dû fermer à nouveau leurs portes ce week-end dans plusieurs régions du pays dont celle de la capitale. Une quinzaine de préfets ont demandé la fermeture notamment des magasins d’habillement, de chaussures et des pâtisseries. Un retour des restrictions dû au non-respect des règles d’hygiène et de distanciation sociale observé par les autorités depuis le début du ramadan. Plus de 460 décès liés au coronavirus ont été recensés dans le pays, sur un total de 4 474 cas officiellement déclarés. Et ce bilan est en nette augmentation avec 56 décès et 1 467 nouveaux cas depuis le 24 avril et le début du mois sacré.

Le gouvernement algérien a également décidé ce dimanche de réduire de moitié le budget de fonctionnement de l’État face à la grave crise financière qui menace le pays en raison de la chute des prix du pétrole. Les autorités se sont par ailleurs engagées à augmenter le revenu minimum à partir du 1er juin de plus de 11%.

• L’opposition mauritanienne demande la réouverture des frontières

En Mauritanie, le parti islamiste Tawassoul, principale force d’opposition, dénonce le refus du gouvernement de rouvrir les frontières pour permettre le retour de centaines de citoyens bloqués dans les pays voisins. Les autorités avaient décidé de cette fermeture le 25 mars, afin d’endiguer la propagation du Covid-19. Et le ministre des Affaires étrangères et des Mauritaniens de l’étranger, Ismail Ould Cheikh Ahmed, prévient : les frontières resteront fermées. Mais une aide sera tout de même apportée aux ressortissants atteints du coronavirus. « Nous avons pris la décision de venir en aide aux malades. Mais attention : pas d’argent cash, je le précise. Nous allons prendre en charge les frais de logement et de restauration notamment en ce mois de ramadan », indique-t-il.

Pour le parti Tawassoul, ce geste n’est pas assez important, et peut même être contre-productif pour toute la population. « L’attitude du gouvernement doit être l’ouverture des frontières et la facilité d’un retour organisé. Arrivés au pays, ces concitoyens doivent être mis dans des centres de confinement. Le contraire, c’est les obliger à rentrer par des voies clandestines et constituer ainsi un danger pour la population », regrette Saleck Sidi Mahmoud, vice-président de Tawassoul.

• Nouvelles restrictions sur les marchés de Dakar

De nouvelles restrictions pour les marchés de la capitale sénégalaise, décidées par le préfet de Dakar, sont entrées en vigueur ce lundi. Désormais, les commerces alimentaires ne pourront ouvrir que trois jours par semaine. Les autres points de vente ne pourront, quant à eux, accueillir des clients que le mardi et le jeudi. Le week-end, aucun commerce des différents marchés de la ville ne sera ouvert.

Le Sénégal enregistre ce lundi son dixième mort du Covid-19. Il s’agit d’un homme de 58 ans décédé à l’Hôpital principal de Dakar. Mille deux cent soixante et onze cas positifs sont enregistrés dans le pays à ce jour par le ministère de la Santé. Selon la directrice de la Santé publique, le pic de l’épidémie est attendu « dans les dix jours ».

► À lire aussi : Sénégal: les marchés de la capitale tourneront au ralenti dès ce lundi

• Le ministre de l’Emploi du Niger est décédé du coronavirus

Âgé de 55 ans, le ministre nigérien de l’Emploi et du Travail, Mohamed Ben Omar, est décédé hier à Niamey du coronavirus. Il avait été admis à l’hôpital il y a plusieurs jours. Mohamed Ben Omar a occupé plusieurs postes ministériels : à la Communication, à l’Enseignement supérieur, et finalement à l’Emploi. Il était le père fondateur du Parti social-démocrate, le PSD.

• Un membre du gouvernement soudanais testé positif

Au Soudan, l’exécutif a annoncé dans un communiqué que le ministre d’État au Transport et à l’Infrastructure était atteint du coronavirus. Le gouvernement déclare qu’il était en quarantaine depuis une semaine déjà. « Le ministre se porte bien. Il a même participé à des réunions du Haut Comité de lutte contre le Covid-19 en visioconférence », indique le communiqué.

• Le directeur du National Health Laboratory limogé en Tanzanie

En Tanzanie, le directeur du National Health Laboratory (centre de recherche en laboratoire national) et son responsable qualité ont été suspendus ce lundi, dans l'attente des résultats d’une enquête menée sur les tests de dépistage du Covid-19 effectués dans le pays. Ces suspensions surviennent un jour après les déclarations du président John Magufuli questionnant la crédibilité des tests. Le chef d’État affirme que des échantillons issus d’une chèvre et d’une papaye ont été testés positifs, remettant en cause la fiabilité des kits « importés de l’étranger ».

• Le secteur minier à la peine en République démocratique du Congo

En RDC, les entreprises minières subissent de plein fouet le ralentissement de l’économie à cause du coronavirus : certaines d’entre elles ont vu leur production réduite, d’autres ont suspendu leurs activités et mis en chômage technique leurs salariés. Selon le vice-président de la Chambre des mines de Lubumbashi, cette baisse d’activité est notamment due aux difficultés que connaît actuellement la Chine. « Le ralentissement de l’économie en Chine a eu un impact sur notre secteur. Et malheureusement, nous avons connu ces derniers mois une chute drastique des prix des matières premières, nous avons aussi connu un ralentissement en termes d’investissement potentiels », explique-il à notre correspondante Denise Maheho.

► À lire aussi : Coronavirus: le secteur minier quasi à l'arrêt en RDC

•  Pour le maire de Mogadiscio, le nombre de cas est sous-estimé en Somalie

Le maire de la capitale somalienne, Omar Filish, s’alarme sur le nombre de morts anormalement élevé à Mogadiscio. Durant une conférence de presse ce week-end, l’édile a indiqué que plus de 500 morts avaient été enregistrées dans sa ville ces deux dernières semaines, un nombre bien plus important que la normale. Selon lui, cette surmortalité est liée au coronavirus, et le nombre de cas serait largement sous-évalué dans le pays. En Somalie, les cas confirmés ont triplé en deux semaines, avec aujourd’hui 756 personnes testées positives et 35 décès.

• Au Kenya, les personnels soignants menacent de faire grève

Au Kenya, les syndicats de personnels soignants donnent deux semaines au gouvernement pour répondre à leurs revendications. Ils demandent notamment un emploi permanent et la mise en place de primes pour les soignants en première ligne de l’épidémie. « C’est très décevant de voir qu’à ce jour le gouvernement est resté inflexible et a choisi d’ignorer complètement nos réclamations, ne nous donnant pas d’autre choix que de se mettre à agir », a déclaré George Gibore, secrétaire général du Kuco, le syndicat kényan des praticiens en clinique.

• Des injections d’artemisia vont être testées sur les malades à Madagascar

Dans un discours télévisé diffusé ce dimanche soir, le président malgache Andry Rajoelina s’est une nouvelle fois félicité des bienfaits du Covid-Organics, décoction à base d’artemisia, remède, selon lui, contre le coronavirus. « Des essais cliniques d'injections à base d'artemisia sur les nouveaux malades du Covid-19 seront effectués à partir de la semaine prochaine », a-t-il indiqué. Le chef d’État a également annoncé qu’une usine de transformation de l’artemisia sera créée d’ici un mois. « Cette plante peut guérir beaucoup de maladies. Si nous n'agissons pas vite, d'autres chercheurs vont nous dépasser », a-t-il précisé.

► À lire aussi : Madagascar: Rajoelina annonce des essais d’injections à base d’artemisia

• En Côte d’Ivoire, la crise affecte aussi l'activité des travailleuses du sexe

En Côte d’Ivoire, la riposte sanitaire, la distanciation sociale et le couvre-feu empêchent les travailleuses du sexe d’exercer leur activité. Elles se sont retrouvées sans revenu dès le début de l’état d’urgence décrété dans le pays, il y a un mois. « Avec le peu qu’on a pu épargner, on a aujourd’hui épuisé nos réserves. C’est encore très difficile, car nous ne partons pas sur le terrain. Parce que si nous enfreignons les règles, il y aura forcément des mesures répressives », explique l’une d’entre elles à notre correspondant à Abidjan, Sidy Yansané.

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire a mis en place, dans le cadre de la réponse sanitaire, un centre d’appels dédié au coronavirus. Deux numéros gratuits : le 143 et le 125. 

En Côte d'Ivoire, lorsque vous tapez sur votre téléphone les numéros 143 ou 125 vous tombez ici: le centre d’appel du ministère de la Santé existe depuis 2011, mais depuis quelques semaines il est quasiment entièrement dédié aux appels liés au Covid-19.

Reportage dans le call center d'Abdijan

La Côte d'Ivoire enregistre ce lundi 34 nouveaux cas de Covid-19 et aucun nouveau décès, ce qui porte le nombre total de cas à 1 432 et toujours 17 morts, selon le ministère de la Santé.

► À écouter aussi : Côte d’Ivoire: l’état d’urgence sanitaire impacte les travailleuses du sexe

• En Tunisie, le championnat de foot pourrait reprendre à huis clos

La Fédération de football tunisienne souhaite éviter une saison blanche et envisage de faire jouer les dix journées restantes du championnat, en prenant un certain nombre de précautions. Tous les matchs pourraient être organisés dans la capitale afin de permettre un contrôle sanitaire resserré. Selon le porte-parole de la fédération, il faudrait alors regrouper les équipes et les arbitres dans des hôtels du Grand Tunis. Les matchs seraient organisés à huis clos, les joueurs et les staffs régulièrement testés. Selon les plans, les entraînements collectifs pourraient reprendre d’ici deux semaines. Le championnat, lui, recommencerait mi-juin, si le ministère de la Jeunesse et des Sports donne son accord.

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