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Mali: mouvement de colère social et politique dans le pays

Des agents électoraux procèdent au dépouillement des urnes dans un bureau de vote de Bamako le 29 mars 2020. (image d'illustration)
Des agents électoraux procèdent au dépouillement des urnes dans un bureau de vote de Bamako le 29 mars 2020. (image d'illustration) MICHELE CATTANI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Mali, dans la capitale et dans l’intérieur du pays, les manifestations continuent. Mercredi soir, dans plusieurs villes, des pneus ont brûlés. Il y a eu également des affrontements entre groupes de jeunes et forces de l’ordre. Les revendications sont diverses allant de la contestation des résultats des législatives au ras le bol social.

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Avec nos correspondants à Bamako, Serge Daniel et Coralie Pierret

À Bamako, on entendait encore mercredi soir les sirènes de la police sonnées peu après l’heure du couvre-feu. « Nous recoupons les faits », indiquait ce jeudi matin le directeur de la communication de la police. Aucun bilan n’est disponible donc ni pour hier soir ni pour les précédentes soirées.

Car depuis quatre nuits, des jeunes manifestent dans la capitale. C’était le cas hier soir encore dans plusieurs quartiers, notamment à Sébénikoro, Banconi, Quizimbougou, Badialan et Magnambougou ou Lafiabougou. Certains jeunes érigeaient des barricades ou brûlaient des pneus et d’autres affrontaient les forces de l’ordre.

Un agent de sécurité privé qui garde une banque témoigne : « C'est les jeunes, ils sont venus mettre des pneus sur le goudron et ils ont mis le feu. J'ai peur. » Quelques instants après, le chef de la brigade spéciale d’intervention a débarqué sur les lieux en civil.

Même scénario hier soir à Kati, une commune située à 15 km de la capitale. Plus généralement, à Bamako et dans l’intérieur du pays, il y a eu ces derniers jours la nuit et la journée une série de manifestations spontanées. Notamment dans le sud du pays à Sikasso ou des manifestants ont été jusqu’à bloquer la route qui mène à Bamako. « Je me trouve au corridor du sud de Sikasso, la route qui mène à Bamako, raconte Foussény Mariko, leader des manifestants. Nous on a carrément coupé la route ici. Des pneus brûlés partout. Il y a plus de 2 000 véhicules stationnés ici. » Il ajoute ce qu’on entend ailleurs : « il faut revoir les résultats des législatives. »

Des revendications multiples

Il y a plusieurs raisons qui expliquent cette colère. Il y a d’abord la contestation des résultats des élections législatives, près d’une semaine après leur publication. En fait, certains manifestants dénoncent la différence entre les résultats provisoires et définitifs. Des résultats qu’ils jugent favorable au pouvoir en place. Par exemple, à Bamako, on est passé de un siège pour la majorité, selon les résultats du ministère de l’Administration territoriale à quatre, selon les résultats de la Cour constitutionnelle, donc les résultats définitifs.

Et il y a ensuite le ras le bol du couvre-feu, imposés depuis plus d’un mois de 21h à 5h du matin. C’était d’ailleurs la seule raison des manifestations à Ségou hier nuit. « Pas de contestation électorale ici », expliquait ce matin un habitant. À Kayes, les jeunes ont stoppé leur manifestation depuis deux jours et attendent la levée de cette mesure pour la fin du ramadan.

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