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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie le vendredi 15 mai

Des membres de l'International Medical Corps à Juba, au Soudan du Sud, le 24 avril 2020. Le pays vient d'enregistrer son premier décès dû au coronavirus.
Des membres de l'International Medical Corps à Juba, au Soudan du Sud, le 24 avril 2020. Le pays vient d'enregistrer son premier décès dû au coronavirus. Alex McBride / AFP

Selon les chiffres du Centre de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC), le continent africain comptait ce vendredi 15 mai 75 866 cas confirmés de Covid-19 et 2 570 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché, devant l’Égypte et le Maroc.

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  • Fin d’une campagne électorale virtuelle au Bénin

Malgré la pandémie et la demande de la Cour africaine des droits de l'homme de reporter ces élections jugées « non inclusives », les autorités béninoises ont choisi de maintenir les élections locales de dimanche dans les 77 communes du pays. Quatre partis de la mouvance présidentielle seront en lice, ainsi qu'une formation d’opposition, les FCBE, qui accuse le parti de servilité envers le pouvoir. Les autres partis d’opposition, dont l’USL de Sébastien Adjavon, sont à nouveau exclus de la course, et appellent à boycotter le scrutin.

La campagne électorale prend fin ce vendredi soir, et s’est déroulée exclusivement en ligne et via les médias, contexte sanitaire oblige. Chaque parti avait droit à 40 minutes par jour à la radio et à la télévision pour sa propagande, et les candidats qui ont contrevenu à l’interdiction d’une campagne « physique » ont été rudement tancés. « Il y aura dans le cadre des mesures de protection sanitaire contre le Covid-19, du gel hydroalcoolique pour se désinfecter les mains et des masques pour nous protéger contre la pandémie », a assuré le président de la commission électorale. Le Bénin a enregistré 339 cas de coronavirus et 2 décès.

  • Alpha Condé annonce de nouvelles mesures en Guinée

Lors d'une allocution télévisée, le président guinée a reconduit l'état d'urgence, en vigueur depuis le 26 mars, pour une durée d'un mois. Le couvre-feu est reculé d'une heure à Conakry, épicentre de la maladie, y passant désormais de 22h TU à 05h TU. Il est levé entièrement pour l'intérieur du pays beaucoup moins touché par le virus, a indiqué le président guinéen. Les mesures sur l'interdiction de la circulation entre Conakry et la province, la fermeture des lieux de culte dans ce pays musulman à plus de 80%, des écoles, des universités et des bars, et le port obligatoire du masque, sont maintenues.

« A la date d'aujourd'hui, nous avons 11 000 personnes testées, nous dénombrons 2 531 cas positifs,1 094 personnes guéries et déplorons le décès de 15 patients, a détaillé le président guinéen. Nous constatons ainsi que l'épidémie est toujours en progression dans notre pays, avec comme épicentre la ville de Conakry. A cet effet, les dispositions ont été renforcées pour rompre la chaîne de contamination et garantir une meilleure prise en charge des patients. Nous attendons incessamment l'arrivée d'une assistance médicale cubaine. La capacité de test des laboratoires aujourd'hui de 350 par jour sera sensiblement améliorée avec des moyens garantissant mille tests par jour grâce à de nouveaux appareils attendus cette semaine. »

Alpha Condé a insisté sur l'importance du respect de ces mesures : « Chacun doit comprendre que les restrictions d'aujourd'hui sont dictées par les exigences de santé publique. Tout le monde doit accepter ces mesures, qui sont dures, mais qui sont le seul moyen de nous en sortir, de faire progresser notre économie et à diminuer la misère de notre population. »

  • La Mauritanie impose le port du masque obligatoire

L'accélération des contaminations préoccupe les autorités qui vont désormais imposer le port des masques à la population, notamment dans les lieux publics comme les marchés et les mosquées. Les prières collectives du vendredi ont aussi été suspendues jusqu’à nouvel ordre. La décision a été prise au lendemain de la réunion hebdomadaire du gouvernement, jeudi dernier. Une réunion dominée par l’aggravation subite de la situation sanitaire avec les 16 cas enregistrés dont un décès  entre mardi et vendredi.

Le gouvernement mauritanien va agir avec fermeté pour faire appliquer les mesures préventives contre le Covid-19 promet son porte-parole. « La situation implique une riposte collective à ce fléau mondial dont la menace est aujourd’hui encore plus dangereuse parce qu’il donne désormais des signes de contaminations internes, a expliqué Sidi Ould Salem. La situation que nous vivons appelle à plus de détermination et de persévérance dans la conduite des actions du gouvernement contre la pandémie. Les pouvoirs publics vont imposer le port des masques de protection particulièrement dans les lieux publics comme les marchés et les mosquées. Cela nous permettra de limiter la propagation du virus ».

Le ministre de l’Intérieur a effectué une visite vendredi après-midi dans les marchés de Nouakchott  pour porter le message. Ahmed Salem Ould Merzoug a annoncé que les enfants de 12 ans et moins, ne sont plus autorisés à fréquenter les marchés.

  • Togo : des opposants en quarantaine forcée

Seize militants de la « dynamique Kpodzro », le rassemblement qui avait soutenu la candidature de Gabriel Agbéyomé Kodjo à la présidentielle de février, ont été placés en quarantaine contrainte. Ils devaient être conduits au tribunal mercredi et être jugés pour rébellion, mais ont finalement été enfermés à la gendarmerie de Lomé après avoir partagé une cellule de prison centrale avec un malade positif au coronavirus.

L’opposition demande leur libération et que les malades soient soignés dans un centre approprié, dénonçant une mise en danger volontaire de la part des autorités. Mardi, des détenus de la prison de Lomé ont exigé leur libération ou leur transfèrement vers d'autres centres pénitentiaires. Le Togo compte 238 cas d'infection et 11 décès.

  • L’OMS défend son équipe expulsée du Burundi

Les quatre employés de l’OMS devaient avoir quitté le Burundi avant ce soir, selon l’injonction du gouvernement. Après l’ONU qui a fait part de son inquiétude dès hier, l’OMS a pris la défense de son personnel. La docteure Matshidiso Moeti, directrice du bureau africain de l’OMS, a répondu à RFI : « Ce que je voudrais dire, c’est que le docteur Walter Kazadi Mulombo est un employé de longue date de l’OMS et quelqu’un de très respecté. C’est une personne très compétente, qui est également un bon leader et un bon manager. Nous sommes en communication avec le gouvernement du Burundi pour clarifier et comprendre le raisonnement qui a conduit à cette décision. Je voudrais également souligner que nous restons engagés à collaborer avec le Burundi, qui est membre de l’OMS. Et surtout nous sommes prêts à soutenir leur réponse à cette pandémie de Covid-19, et à continuer de travailler avec eux sur tous les programmes de santé sur lesquels nous collaborons habituellement avec le gouvernement burundais. »

  • Plus de 230 millions de personnes infectées en un an ?

Selon les dernières prévisions de l’OMS, jusqu’à 236 millions d’Africains pourraient être infectés par le nouveau coronavirus au cours de la première année, la plupart avec peu ou pas de symptômes, et jusqu'à 190 000 en mourir. Cette « modélisation » s’appuie sur les données de 47 pays du continent, représentant un milliard d’habitants. La semaine dernière, l’Organisation avait évoqué de 29 à 44 millions de malades potentiels, mais cette étude ne comptait pas les malades présentant peu ou pas de symptômes. Or, près de 9 porteurs sur 10 ne savent pas qu’ils sont infectés par le Covid-19, et seuls 4% déclenchent une forme grave.
L’OMS tient par ailleurs à partir de dimanche son assemblée générale. L’organisation l’aborde dans une position très affaiblie.

  • Certaines mosquées rouvrent au Sénégal

Certaines mosquées ont rouvert ce 15 mai pour la grande prière du vendredi pour les musulmans. Le président Macky Sall a autorisé la réouverture des lieux de culte, mais les autorités ont posé des conditions : port du masque obligatoire, limitation du nombre de fidèles, dispositif de lavage des mains à l’entrée… Les responsables religieux ont fait leur choix : ils sont nombreux à avoir préféré maintenir la suspension des prières collectives, par mesure de précaution. Et les fidèles aussi sont divisés sur la question. 

Ce n'est pas sûr d'aller à la mosquée, vu que la maladie n'est pas encore maîtrisée. Il est prudent de prier chez toi et d'éviter tout contact. L'Etat devrait être plus ferme.

Les fidèles sénégalais divisés sur la réouverture des mosquées

Le ministère de la Santé a annoncé vendredi deux nouveaux décès. A ce jour, le Sénégal enregistre 25 décès liés au coronavirus, 2310 cas positifs, dont 1394 sous traitement. Face au risque de saturation du système de santé, les hôtels qui avaient été réquisitionnés pour les cas « contacts » accueilleront désormais les cas confirmés. Les cas « contacts » seront confinés chez eux. 

  • Le Congo-Brazzaville se prépare à la sortie du confinement

Le Congo a bouclé vendredi 15 mai le deuxième épisode de son confinement total qui a duré au total quarante-cinq jours. Le plan du déconfinement progressif ou par paliers sera annoncé ce samedi 16 mai par le Premier ministre Clément Mouamba. En attendant médecins et populations restent divisés sur le bilan de ce confinement au regard des cas positifs qui ne cessent de croître, souligne notre correspondant à Brazzaville, Loïcia Martial.

Le 31 mars quand le Congo entrait en confinement, le pays comptait à peine une vingtaine de cas positifs, contre 391 actuellement dont 90 guéris et une quinzaine de décès. Pour le professeur Alexis Elira Dokekias, premier responsable de la prise en charge des malades ce tableau s’explique par le fait qu’il y a beaucoup de tests qui sont réalisés en ce moment. S’agissant du confinement, il a reconnu que sa préparation n’a été à 100% parce qu’il s’agit d’un exercice nouveau et les mesures d’accompagnement ont été partielles.

Les Brazzavillois qui ont théoriquement respecté le confinement apprécient diversement ses résultats. « De ma part le confinement a été plus ou moins un échec parce que l’on a noté une augmentation des cas de contamination. On peut se permettre de dire que le confinement n’a pas apporté ses fruits », affirme un Brazzavillois sous couvert d’anonymat. « Je pense que les autorités ont fait leur travail ; mais de notre côté nous avons tout ignoré. On a même rendu la tâche difficile aux autorités. Quarante-cinq jours de confinement, ça été un peu difficile, mais comme il y a la pandémie on était obligé de supporter », racontent deux demoiselles qui ont également préféré garder l’anonymat.

Le professeur Alexis Elira Dokekias conseille au gouvernement de bien déconfiner par paliers et d’isoler Brazzaville et Pointe-Noire, les deux grandes villes du pays, pour couper la chaîne de contamination. Durement touchés par les restrictions en vigueur, les travailleurs du secteur informel - comme les coiffeurs, chauffeurs de taxis, tenanciers de restaurants - espèrent en tout cas pouvoir reprendre leurs activités avec les assouplissements du confinement.

  • MSF alarme sur la situation à Bissau

Médecins sans frontières demande l’intensification des actions de prévention et de riposte en Guinée-Bissau. En effet, le nombre de cas a augmenté de manière alarmante ces derniers temps, passant de 54 à 913 en deux semaines, ce qui fait du pays l’un des plus infectés du continent en nombre de cas par habitant. « Le virus continue de se propager dans les communautés et il va plus vite que nous », explique Monica Negrete, cheffe de mission MSF dans le pays. 

En outre, le niveau élevé de stigmatisation et le manque de connaissances des populations sur la maladie sont des facteurs qui aggravent la situation et freinent le possible arrêt de la propagation du virus, estime l’ONG dans un communiqué.

  • La gestion de la pandémie critiquée au Tchad

La gestion de la riposte à la pandémie du Coronavirus est au centre d’une polémique, au Tchad. En raison de l’inflation des cas de contaminations depuis une semaine, l’opinion publique a vivement critiqué le comité de veille sécuritaire et sanitaire en charge de la lutte contre le coronavirus obligeant les politiques à sortir du bois, explique notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

Face à l’explosion de nouvelles contaminations au Covid-19 et surtout la pression de l’opinion publique, le parti au pouvoir a admis ce vendredi que la structure mise en place depuis le mois de mars n’est pas efficace. « La manière dont le comité de veille travaillait n'était pas la bonne, a estimé Mahamat Zène Bada, secrétaire général du parti au pouvoir. Il n'y a que d'interminables réunions. Nous voulons que le premier responsable du pays rassure la population. » Le chef de la majorité a été entendu puisque dans la foulée, le comité de veille a été remplacé par une structure allégée dirigée par le chef de l’Etat lui-même. 

En attendant que la nouvelle structure ne fasse ses preuves, l’ancien ministre de la Santé publique, le professeur Avocksouma Djona  qui est aussi ancien haut fonctionnaire à l’OMS propose comment circonscrire la pandémie. « Avec un seul moyen de dépistage qui n'excède pas plus de 100 à 200 par jour, on risque d'être complètement à côté de la plaque. Et d'autant plus que nous avons de plus en plus de gens qui viennent de l'extérieur. Donc si nous voulons prendre les mesures les plus efficaces, nous aurions raison de procéder à un test de dépistage massif sur l'ensemble du territoire national. » Pendant ce temps, le pays enregistre de plus en plus de cas avec un taux de mortalité qui dépasse les 10%. Le coronavirus a contaminé jusqu'à présent 372 personnes, faisant 42 morts. 

  • Premier décès au Soudan du Sud

Le Soudan du Sud a officiellement enregistré son premier mort du coronavirus, « une personnalité de haut rang », selon le ministère de la Santé, qui n’en a pas dit davantage. 231 cas ont été recensés, le premier le 5 avril. Le gouvernement a indiqué qu’il envisageait d’imposer un confinement si le nombre de cas grimpait. Pour l’instant seules les frontières sont fermées. Juba, la capitale, reste l'épicentre dans le pays. Mais au moins deux cas ont été détectés dans des sites d’hébergement pour déplacés internes au sein de la capitale. Une situation qui inquiète fortement les acteurs humanitaires, car le pays compte plus 1,5 million de déplacés, ce qui pose de nombreux défis pour lutter contre la propagation de ce virus.

« Dans un de ces camps où vivent environ 120 mille personnes, nous avons identifié 1 cas de coronavirus, explique Claudio Miglietta chef de mission de Médecin sans Frontières dans le pays. Mais si le virus venait à se propager dans un de ces camps, ce serait un désastre. Toutes les directives que le gouvernement et nous même tentons de mettre en place, comme de garder ses distances, se laver les mains, sont très difficiles à faire respecter dans un camps de déplacés. Parfois il n’y a pas d’eau, pas de savon, et des familles entières vivent ensemble sous une tente, donc la situation est très difficile. De plus, il y a constamment des mouvement de populations. Avec l’accord de paix signés récemment, les déplacés veulent voir s’ils peuvent rentrer chez, donc il y a constamment des gens qui se déplacent dans le pays, qui rentrent également du Soudan, de l’Ouganda, de l’Ethiopie, ce qui complique la tache. C’est pour cela que le gouvernement a fermé les frontières. »

  • Maquis et restaurants de nouveau ouverts en Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, le déconfinement s'accélère. Le couvre-feu d'Abidjan, la capitale économique, est levé depuis vendredi. Les salles de spectacles, les cinémas et les bars et boîtes de nuit sont toujours fermés. En revanche, les maquis et les restaurants sont de nouveau ouverts. Un soulagement pour les gérants après plus d'un mois sans travail. Même si l'activité a encore du mal à repartir.

Je me dis que les clients sont un peu méfiants, ils ont un peu peur, ce qui est logique. Cette maladie fait quand même peur.

Les maquis rouvrent au ralenti

  • L'ouverture de la polyclinique financée par le Maroc se fait attendre au Mali

A Bamako, la polyclinique maroco-malienne de Sébénikoro n'est toujours pas ouverte. Un communiqué du gouvernement malien précisait le 11 avril que le roi Mohammed VI mettait ce bâtiment à la disposition du pays. Mais un mois plus tard, les portes de la clinique sont toujours closes et ses équipements de pointe inutilisés en pleine pandémie de Covid-19. Comment expliquer ce retard alors que les travaux sont finis depuis 2017 ? « L’ouverture est imminente » précise-t-on au ministère de la Santé malien depuis déjà un mois. « Il ne reste que des formalités administratives », assure un haut fonctionnaire.

Même si la clinique financée par le Maroc a été conçue pour la périnatalité, l’accès à ces lits neufs est attendu par les Maliens alors que la pandémie de coronavirus continue de se propager dans le pays. D’autant que cette clinique aurait du s’ouvrir en 2017 après son inauguration lors de la visite du roi du Maroc. Une visite d’État annulée à la dernière minute sans raison officielle. Mais officieusement, ce sont entre autre les désaccords autour du Sahara occidental qui expliquent cette annulation s’accordent deux sources diplomatiques l’une malienne l’autre marocaine. La coopération entre les deux pays, le Maroc et le Mali, a souvent été en dent de scie ces dernières années, notamment depuis la signature de l’accord de paix malien en 2015 en Algérie. Un pays avec qui le royaume chérifien entretient des relations complexes.

  • Pas de nouvelles voitures pour les ministres namibiens

Le président namibien Hage Geingob a annoncé à ses ministres et hauts fonctionnaires qu'ils devraient rouler cinq ans de plus dans leurs berlines de fonction de luxe, au nom du financement de la lutte contre le coronavirus. « Aucun nouveau véhicule ne sera commandé pour les membres du gouvernement namibien et ses fonctionnaires », a indiqué son porte-parole, Alfredo Hengari, dans un communiqué. La flotte de berlines allemandes de l'exécutif « ne sera pas renouvelée pendant la période 2020-2025 », a-t-il ajouté. Ce gel symbolique intervient dans le cadre d'un plan de réduction des dépenses publiques de 10 millions d'euros environ, qui doivent permettre de « réaffecter les ressources publiques aux priorités urgentes », dont la lutte contre les conséquences sanitaires mais surtout économiques du Covid-19. La Namibie est épargnée jusque-là avec 16 cas recensés et aucun décès.

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