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Entretien

Présidentielle au Burundi: pour Dieudonné Nahimana, «le passé nous divise au lieu de nous unir»

Dieudonné Nahimana.
Dieudonné Nahimana. Dieudonné Nahimana
7 mn

Sept candidats sont en lice pour la présidentielle de mercredi prochain, le 20 mai, au Burundi. La campagne se termine ce dimanche 17 mai. RFI donne la parole à l’ensemble des candidats. Dieudonné Nahimana, pasteur et fondateur de l’association New Generation, nous présente son programme.

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RFI : Vous vous présentez comme le candidat de la jeunesse. Que proposez-vous aux jeunes du Burundi ?

Dieudonné Nahimana : Le grand message, c’est d’abord qu’ils comprennent qu’on ne peut pas se développer si on n’est pas unis. Donc on veut vraiment renforcer l’esprit de l’unité, mais aussi l’amour du travail pour qu’on ne soit pas des consommateurs, mais beaucoup plus des producteurs. C’est le souhait aussi qu’on puisse développer des activités beaucoup plus basées sur le renforcement de la cohésion sociale.

Est-ce vraiment un atout d’être candidat indépendant ?

Aujourd’hui, le Burundi a besoin d’un leader qui n’a pas d’abord de responsabilités dans ce qui s’est passé dans l’histoire du Burundi. Vous savez que l’histoire du Burundi a été marquée par des violences et par des divisions ethniques, régionales et autres. Il faut que ce soit quelqu’un qui n’a pas eu de responsabilité dans ce qui s’est passé dans l’histoire. Les partis politiques au Burundi n’ont pas vraiment bien servi la population, parce que les partis politiques ont été utilisés dans les divisons, les injustices sociales que nous avons vues dans notre pays depuis des décennies. Donc la jeunesse, aujourd’hui, quand vous regardez les jeunes de moins de 35 ans, ils ne sont pas dans les partis politiques. Ils ne sont pas actifs dans les partis politiques, parce qu’ils n’ont pas de bons modèles. Les partis politiques sont beaucoup plus basés sur le passé que sur l’avenir. Et ce passé nous divise, au lieu de nous unir.

Vous jouez la carte de la nouveauté, mais vos détracteurs vous reprochent votre inexpérience en politique. N’est-ce pas un gros handicap, tout de même ?

Non, non, pas du tout… Parce que les Burundais me connaissent comme quelqu’un qui a toujours été un leader. Ce n’est pas une expérience en politique, parce que même si j’ai été acteur de la société civile pendant plus de vingt-cinq ans - j’ai commencé quand j’étais très jeune -, j’ai suivi de près les activés politiques du pays en représentant la société civile burundaise. Donc j’ai une expérience qui n’est pas de faire de la politique politicienne, mais qui est d’amener au renouveau dans le système de gouvernance du Burundi.

Vous mettez en valeur le fait d’être un leader dans le monde associatif, moins celui d’être un pasteur.

Je n’exploite pas cela. C’est ma vie - d’abord -, privée, c’est ma vie personnelle… Je refuse d’être évalué selon ma foi, donc je veux être évalué selon les activités, les responsabilités que j’ai occupées dans le passé pour le bien du pays en général.

Certains estiment que vous n’êtes candidat que pour servir de caution à ce scrutin et rallier ensuite le général Évariste Ndayishimiye. Que répondez-vous ?

Premièrement, les gens qui disent cela sont des gens qui ne me connaissent pas. Parce que les personnes qui me connaissent savent que j’ai des valeurs que je défends. Moi, je ne change pas mes valeurs humanitaires pour aller en politique, mais je veux amener mes valeurs humanitaires en politique.

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