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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie le samedi 16 mai

La population se masque pour sortir dans les rues à Antananarivo à Madagascar, le 16 mai 2020 (Image d'illustration).
La population se masque pour sortir dans les rues à Antananarivo à Madagascar, le 16 mai 2020 (Image d'illustration). AFP/Rijasolo
Texte par : RFI Suivre
13 mn

Selon les chiffres du Centre de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC), le continent africain comptait ce samedi 16 mai 78 613 cas confirmés de Covid-19 et 2 642 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché, devant l’Égypte et le Maroc.

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  • Le Niger se déconfine...

Le déconfinement a débuté dans certains pays du continent. Au Niger, après la réouverture des lieux de culte mardi, le gouvernement a décidé de lever la mesure d’isolement. « Compte tenu de l’amélioration de la situation de la pandémie du Covid-19, le Conseil des ministres a décidé de la levée d’isolement de Niamey et conséquemment la libération des activités de transport interurbain de passagers », selon le texte.

« En cas de détérioration de la situation, le gouvernement se réserve le droit de reconsidérer ces décisions », prévient le gouvernement. Les compagnies de transport sont chargées de veiller au respect strict des consignes edictées par le gouvernement, à savoir se couvrir le nez et la bouche, se laver les mains, la distanciation sociale, etc. Les écoles rouvriront elles, le 1er juin a indiqué le gouvernement. Le Niger a connu 51 décès depuis le début de l’épidémie pour 885 cas.

Pour nous c'est une nouvelle importante vu qu'on était en chômage technique depuis près de deux mois et les activités étaient suspendues. Notre flotte de bus a été arrêtée...

Les compagnies de transport se préparent pour la reprise du trafic

  • ...le Congo-Brazzaville aussi

Au Congo-Brazzaville, le Premier ministre Clément Mouamba a dévoilé ce samedi 16 mai le plan gouvernemental du déconfinement par paliers. Le Congo a ainsi été divisé en deux zones. À Brazzaville et Pointe-Noire, les deux principales villes du pays et qui représentent la première zone en raison de leur forte prévalence, la libre-circulation va intervenir à partir du lundi 18 mai. Ces deux cités restent coupées du reste du pays ; le couvre-feu demeure en vigueur et l’école pour les élèves des classes dites d’examens reprendra à partir du 1er juin.

Le Premier ministre congolais précise les mesures dorénavant appliquées à Brazzaville et Pointe-Noire : « Premièrement, la rupture du travail aux heures aménagées par les employeurs, sans enfreindre le couvre-feu pour les activités non indispensables. Deuxièmement, la suppression des autorisations et des attestations de déplacement dérogatoires, ainsi que des laissez-passers pour les véhicules personnels. Troisièmement, la libre circulation des véhicules personnels ne transportant pas plus de quatre personnes. Quatrièmement, la reprise des transports en commun intra-urbains, la reprise des transports aériens des passagers entre Brazzaville et Pointe-Noire, est différée à une date ultérieure. »

►À écouter aussi : Congo : le secteur informel s'organise pour le déconfinement

Pour la réussite du déconfinement, Clément Mouamba appelle à la vigilance. « Vigilance d’abord, parce que le déconfinement progressif et par paliers ne doit pas être l’occasion d’un relâchement dans nos efforts collectifs de respect des gestes barrières et des règles de distanciation sociale ».

Les mesures restrictives sont levées dans les autres Départements du pays, excepté le couvrefeu, selon Clément Mouamba qui sollicite davantage l’implication de la société civile dans la sensibilisation, provoquant ainsi la réaction de Mermans Babounga de l’Observatoire des droits des consommateurs. « Il faut réfléchir comment nous allons valoriser cette collaboration à partir e maintenant ».

Seuls ceux qui préparent les examens d’Etat reprendront l’école début juin. Les frontières, lieux de cultes, restaurants et bars demeurent fermés. Le port du masque reste obligatoire dans tous les milieux. Les marchés domaniaux seront désormais à ouvrir cinq jours sue sept. Le pays compte désormais 412 cas positifs dont 110 guéris et 15 décès. 

  • Le Gabon annonce une seconde phase de rapatriement 

Après une première série de rapatriements qui a concerné les Gabonais coincés dans les pays de l’Afrique centrale et la Côte d’Ivoire (108 ont pu regagner le pays), le gouvernement gabonais a annoncé une seconde phase qui devrait démarrer dès mardi prochain, le 19 mai. Elle concerne la France, plusieurs pays africains, Dubaï et Istanbul.

Cadre au ministère gabonais de l’Education nationale, Yanick Jean Bosco Mba  est coincé au Bénin où il s’était rendu pour des soins médicaux. « Nous avons souffert de ce manque d'assistance de notre Etat. C'est pourquoi nous appelons vivement que ce rapatriement du mardi 19 mai soit effectif. Reporter cette date ou l'annuler serait quasiment m'enfoncer dans la maladie. » A leur arrivée, tous les rapatriés subissent un test de dépistage au Covid-19. Tous sont placés en quarantaine en attendant les résultats du test. 

  • Le Kenya ferme ses frontières avec la Tanzanie et la Somalie

Le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé ce samedi la fermeture des frontières terrestres avec la Tanzanie et la Somalie et prolongé les principales mesures mises en place dans le pays pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, dans une adresse télévisée à la Nation.

« Si nous ne prenons pas de mesures supplémentaires et si nous ne respectons pas plus sérieusement celles déjà en vigueur, le nombre de personnes qui tomberont malades et qui mourront augmentera fortement », a-t-il averti.

L'interruption de tous les mouvements de personnes ou de véhicules, hormis de marchandises, « entrera en vigueur ce jour à minuit » aux frontières avec la Somalie et la Tanzanie, a déclaré le président kényan.

►À écouter aussi : Coronavirus au Kenya: campagne de tests dans le quartier de Kawangware, à Nairobi

« Parmi les cas positifs enregistrés cette semaine dans le pays, 43 avaient récemment traversé la frontière avec la Somalie ou la Tanzanie », soit près d'un quart des 166 cas enregistrés sur la même période, a justifié le président kényan.

Le président Kenyatta a également annoncé la prolongation jusqu'au 6 juin du couvre-feu nocturne national (19 h à 05 h) et de l'interdiction de rentrer ou de sortir de la métropole de Nairobi et des comtés de Mombasa, Kilifi, Kwale et Mandera. À ce jour, le Kenya a recensé 830 cas positifs, dont 50 décès et 301 guérisons.

  • Au Burundi, les médecins de l’OMS ont quitté le pays

Les quatre fonctionnaires de l’OMS, déclarés persona non grata par le gouvernement et sommés de quitter le pays avant vendredi, ont finalement quitté Bujumbura ce samedi en début d’après-midi, selon des sources aéroportuaires.

Ils ont pris place à bord d’un avion affrété spécialement par la Monusco, et dont la destination finale est Entebbe en Ouganda, selon une source de la Mission de l’ONU en RDC.

Gitega a décidé d’expulser les quatre fonctionnaires de l’OMS au Burundi dont le représentant et toute l’équipe de la riposte contre le Covid-19, alors que le pays est accusé de cacher ces cas positifs à quelques jours du triple scrutin de mercredi, dont une élection présidentielle.

  • Idriss Déby reprend la main sur la gestion de la crise

Vivement critiqué pour sa gestion de la crise, le Comité de veille sécuritaire et sanitaire en charge de la lutte contre le coronavirus a été dissous vendredi au Parlement tchadien.

Une nouvelle structure, plus légère et directement sous l’autorité du président de la République, Idriss Déby, a été mise en place. Le Comité gestion de crise sanitaire (CGCS) a notamment pour mission de définir et mettre en œuvre la stratégie de gestion nationale de la pandémie de Covid-19. Sur 488 cas déclarés officiellement, 48 personnes sont décédées.

  • Un jeune tué en Angola par un soldat

Un adolescent a été tué à Luanda par un soldat qui faisait appliquer les mesures restrictives prises pour tenter d'enrayer l'épidémie de coronavirus en Angola, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

Le garçon de 17 ans a été « la victime d'un coup de feu » tiré par un soldat alors qu'il manifestait « prétendument » contre l'armée chargée de faire appliquer le port du masque et le couvre-feu imposés dans la capitale angolaise, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le ministère considère ce tir mortel du soldat comme « un homicide » et a ouvert une enquête. L'Angola a à ce jour officiellement recensé 48 cas de coronavirus, dont deux mortels.

  • Une application pour lutter contre le virus au Burkina Faso

Le ministère de la Santé vient de lancer un outil numérique dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Il s’agit d’une plateforme de renseignement sur la gestion, la prévention, le diagnostic et un suivi en temps réel de la propagation de la maladie à coronavirus à travers WhatsApp et Facebook. Cette collecte de données servira à alimenter un tableau de bord et une cartographie de la pandémie au Burkina Faso. Selon la ministre de la Santé, cette plateforme, qui regroupe quatre solutions numériques, servira à rompre la chaine de transmission du coronavirus.

Il est désormais possible pour les populations de faire  une téléconsultation par messagerie instantanée grâce à cette plateforme. Si les symptômes décris correspondent à ceux de la maladie à coronavirus, l’application transmettra automatiquement une alerte  l’équipe de prise en charge.  Un Chat Bot  offert par les plateformes Facebook et WhatsApp est mis à la disposition des populations pour lutter contre les fausses informations sur la Covid-19. Les utilisateurs pourront poser leurs questions et recevoir automatiquement des réponses sur leur téléphone.

Enfin, cette nouvelle plateforme unifiée permettra de recueillir toutes les informations sur la situation sanitaire en vue de les analyser. Ces données sont mises à la disposition des utilisateurs. Ils sauront les régions, les villes les plus touchées, le nombre de cas et le comportement à adopter face à la situation. Selon Mathieu Ciowela,  le représentant résident du programme des nations pour le développement, ces solutions  permettront d’améliorer la lutte contre la pandémie du coronavirus au Burkina Faso.

  • La Tunisie rouvre ses grandes surfaces et craint pour son économie

Les autorités tunisiennes ont décidé la réouverture des grandes surfaces commerciales dans tout le pays, après un nouvel allègement du couvre-feu. Aucun nouveau malade du Covid-19 n'a été enregistré de dimanche à jeudi. Le bilan total des contaminations en Tunisie était ainsi jeudi soir de 1 032 malades dont 45 morts depuis début mars. Mais même si le pays est relativement peu touché du point de vue sanitaire, la Tunisie est économiquement très affectée par la pandémie. Les conséquences du Covid-19 ont aggravé une situation déjà délicate.

« Cette situation créé des difficultés pour les commerçants, les industriels, les investisseurs, pour les artisans, pour le tourisme, souligne Mounir Mouakhar, président de la chambre de commerce et d’industrie de Tunis. La situation était déjà délicate sur le plan financier, mais cette crise complique davantage les choses. Le gouvernement actuel est confronté à une problématique qui existait bien avant, sur le plan du budget, du déficit de la balance commercial, du chômage et sur le plan de la sécurité. On essaie de passer du confinement total vers un déconfinement progressif. Il y a une petite reprise concernant l'activité économique... C'est une situation compliquée. Nous attendons après cette crise, si les choses se passent correctement, une reprise des investissements, des exportations... »

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