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Reportage

Un an après le massacre de Paoua, des familles centrafricaines encore sans réponse

À Koundjili, une tombe d'une des victimes des massacres dans la région de Paoua, le 28 mai 2019.
À Koundjili, une tombe d'une des victimes des massacres dans la région de Paoua, le 28 mai 2019. RFI/Gaël Grilhot
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Il y a un an, le premier gros massacre commis depuis la signature de l’accord de paix était commis dans la région de Paoua en Centrafrique. Les villages de Lemouna et Koundjili font l’objet d’une descente d’un groupe armé, les 3R, qui va exécuter plus de 30 civils. La plupart regroupés, ligotés et exécutés sous les manguiers des villages. Un an après, les familles peinent à s’en remettre.

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Rosaline était présente sur les lieux ce jour-là… Elle a assisté impuissante à l’exécution de son fils : « Je suis allée vers eux pour qu’ils me tuent avec ma fille, je ne pouvais pas m’enfuir. »

Les éléments du groupe armé lui laissent la vie sauve. Depuis elle vit à Paoua, elle ne veut pas rentrer au village : « À cause de la mort de mon enfant, je ne peux pas supporter de vivre là-bas. Je ne peux pas rester là-bas, je fais juste des aller-retour. Je ne peux pas oublier ça. À tout moment quand je vois un manguier c’est comme si je revivais ce qu’il s’est passé. Ça me fait trop mal. »

« C’est quoi la raison de ces tueries ? »

Son mari triture une pochette transparente. À l’intérieur des photos de leur fils et son acte de décès. Des souvenirs soigneusement conservés. La colère de Jean-Denis ne s’estompe pas : « Je suis très en colère. Je suis très en colère parce qu’ils ont tué le directeur de l’école. Ils ont aussi tué le président de la jeunesse. Le chef de Lemouna et de Koundjili ont aussi été tués. Beaucoup de gens ont été tués même mon frère cadet. Pourquoi ils les ont tués ? C’est quoi la raison de ces tueries ? »

Depuis les 3R ont livré 3 personnes qui ont participé à ces massacres. La cour pénale spéciale s’est saisie du dossier. La procédure judiciaire est en cours.

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